27.12.2008

POUR LES ÉTRENNES OFFREZ LES LIVRES DU PAYS D'AZUR

25 VOYAGEURS TRAVERSANT LES ALPES AU XVIIIé SIECLE page 25.jpg

POUR VOS ÉTRENNES FAITES PREUVE D’ORIGINALITÉ EN OFFRANT UN LIVRE DU « PAYS D’AZUR », CHOISISSEZ EN CLIQUANT SUR LE TITRE DE LA COLONNE DE GAUCHE PUIS COMMANDEZ L'OUVRAGE DÉDICACÉ AU : 04 93 24 86 55

 

25.12.2008

CONTE DE NOËL

127 TROUBADOUR page 127.jpg

QUAND LES GENETS FLEURISSAIENT A NOEL...

Pour resituer la menace des Sarrasins dans les Alpes Maritimes, rappelons qu’après avoir été battus par Charles Martel, les Maures se replient en Provence où ils brûlent Cimiez et Lérins en 734.

Les raids se poursuivent ensuite, avec une attaque sur Nice en 813.

A la suite de sa prise de pouvoir en 822, le comte Hugues d’Arles détruit l’armée sarrasine, avant de céder ses droits au duc de Bourgogne Rodolphe II. Les Sarrasins se regroupent alors dans la Basse Provence.

Commence à ce moment-là, une période sombre pour la Provence orientale qui durera presque un siècle de, 883 à 972.

Installés au Fraxinet (La Garde-Freinet) au- dessus  du Golfe de Saint Tropez, au Cap Ferrat et à Eze,  les Sarrasins opèrent dans toute la région, ravageant  successivement Grassse, Nice, Cimiez, La Turbie et Vence.

Le comte d’Arles Guillaumes et son frère le marquis  de  Turin Arduin fédèrent  les seigneurs locaux dans  une sorte de croisade qui aboutit en 972-974, à l’expulsion définitive  des Maures de leur repaire du Fraxinet.

Après cette glorieuse épopée, Guillaume dit «le libérateur » assoit son autorité sur une Provence indépendante en prenant le titre de marquis.

Mais la menace  insidieuse des corsaires musulmans catalans ou andalous, va se poursuivre par des raids surprises  sur les côtes des Alpes Maritimes. En 1047, l’île de Lérins est de nouveau dévastée et  les jeunes moines sont emmenés en Espagne musulmane.

L’incendie criminel de la cathédrale épiscopale d’Antibes en 1125, par les princes opposés à l’évêque, sera mis ensuite au compte des Sarrasins qui, donc, sévissaient encore dans la région.   

Qui étaient ces  pirates enturbannés venus  de  la mer ? Selon les historiens, des  muwallads espagnols convertis à l’Islam ou des mozarabes chrétiens sous domination musulmane du calife de Cordoue.

S’y ajoutaient parfois des apports du  Maghreb, comme en  934, quand  une  flotte arabe, venue d’Afrique et de Sicile, saccage la ville de Gênes.

En Espagne, le  roi d’Aragon Jacques le conquérant (1213-1276 ) atténuera le péril par la conquête de Valence et des Baléares. Il en sera de même lors de la reconquête de Murcie en 1243. 

Mais il faudra attendre 1492, pour voir les musulmans, chassés de leur royaume de Grenade, quitter définitivement l’Espagne.

Durant tout le Moyen-Age, les inquiétantes felouques des flottilles sarrasines viendront depuis leurs  bases espagnoles razzier  sans vergogne  le littoral des Alpes Maritimes.

L’apport odieux d’esclaves, femmes et enfants, enlevés sur la côte de Nice à Cannes, va constituer tout au long  de ces siècles, un commerce florissant, propre à encourager la  répétition d’attaques audacieuses dont il faudra se protéger.

Du haut des murs dressés au sommet du «Baou des Blancs», dominant collines et vallons, la vue s'étend jusqu'à la mer. De son repère aérien, Victor Roubaudy, attentif, surveille les allées et venues des Infidèles campant dans les ruines de l'ancienne cité de Vence. Les campagnes d'alentour, abandonnées et sans culture depuis trois ans, n'offrent plus que le spectacle de la désolation. Ce nouveau raid des Maures a débuté la veille par l'arrivée de voiles noires cinglant au Ponant. Débarqués sur la côte déserte, les nouveaux venus sont d'abord allés renforcer leurs frères d'arme regroupés dans l'ancienne forteresse de Cagnes.

Réfugié depuis peu à Saint Laurent la Bastide, le moine Aymard, rescapé de l'abbaye de Lérins, a témoigné dans son premier sermon des crimes et dévastations: «Les Sarrasins ont tout saccagé, détruit l'église et le monastère, des lieux les plus agréables ils en ont fait la plus affreuse solitude. Sur la côte, ils se promènent dans tout le pays portant le fer et la flamme, emmenant en esclavage une multitude de captifs. Des hommes et des femmes sont écorchés vifs, comme les Sarrasins ont coutume de le faire à l'égard des nôtres et comme nous l'avons vu de nos yeux. »

La poignée de Vençois retirés dans le nouveau village de Saint Laurent la Bastide, à l'abri des hauteurs du Baou, s'est placée sous la protection du nouveau seigneur Laugier Ruffi. Laugier a conquis ses titres de noblesse au combat, il a su organiser la défense et la vie de la petite communauté évitant les attaques et la famine. Les murs ont été renforcés autour de l'antique castelet à tour carrée. Placé au sommet de cet observatoire, Victor Roubaudy guette les mouvements de l'adversaire depuis le lever du jour.

Soudain un cri: «Les Maures! Les Maures ! . » Secouant la cloche tout en hurlant, Victor donne l'alerte. En effet, prenant la direction du vallon de Malvan, après s'être regroupés, quelques centaines d 'hommes s'avancent d'un pas décidé. Devinant la manœuvre d'encerclement, Laugier Ruffi prépare une sortie avant que l'ennemi n'atteigne le pied des murailles en contournant par le plateau. Dévalant du rocher vers le vallon, la petite troupe part courageusement à la rencontre de l'adversaire. Surpris par l'attaque, les Maures désemparés reculent puis se ressaisissent et très vite submergent les Provençaux qui succombent sous le nombre. Laugier Ruffi, après un combat héroïque où tombent à ses côtés les meilleurs de ses hommes, est fait prisonnier, entravé et traîné au pied du farouche caïd Haround el Rachid. Nous étions le jour de Noël de l'an 953. La veille, la femme du seigneur de Saint Laurent la Bastide, dame Phanette à la chevelure d'or, belle comme une madone, avait donné le jour à une fillette jolie comme un ange. L'enfant avait été baptisée Nouvette en souvenir de la nuit sacrée de Noël se disant Nouvé en provençal. Avant de partir, captif du Maure, Laugier, le vainqueur de jadis, s 'humilia en demandant une ultime faveur: embrasser son épouse sur le point de rendre le dernier soupir et sa fille qui venait de naître. Magnanime, Haround accepta et proposa un bien étrange marché: «Retourne dans ton château, nous ne troublerons plus la paix des terres dont tu es le maître. Mais dans vingt ans, jour pour jour, mon fils viendra réclamer la main de ta fille, à cette condition je t'offre la liberté à toi et aux tiens qui vous êtes si bien battus ! »

Libre, Laugier Ruffi reprit le chemin de Saint Laurent la Bastide où, après avoir pleuré la mort de Phanette, il se consacra tout entier à sa fille. Au fil des années, Nouvette grandissait en beauté et en sagesse. Dans toute la contrée chacun vantait la douceur de ses traits, son charme et sa vertu. Mais le retour du Maure approchait. Laugier avait dissimulé à sa fille le terrible secret qu'il gardait enfoui au fond de son cœur tourmenté. Préparant l'assaut final contre les dernières bandes sarrasines qui infestaient encore le pays, Guillaumes le Roux Comte de Provence, déjà nommé le «libérateur», passa en automne par Saint Laurent la Bastide. Il y fut dignement reçu par Laugier Ruffi et les seigneurs d'alentour. A la fin du banquet, Guillaumes troublé par la beauté de Nouvette glissa à l'oreille de son hôte: «Je vous envie d'avoir un pareil joyau, il va pourtant falloir songer à vous en séparer pour la marier à l'un de nos preux chevaliers. Les prétendants seront nombreux! Je serais flatté de revenir parmi vous pour ses épousailles. » Laugier, confus et honteux, rougit sous le compliment n'osant révéler que sa fille représentait le prix de sa liberté.

En dépit du temps qui passait, l'odieux serment torturait la mémoire et le cœur du père de Nouvette. Les saisons s'écoulaient rapprochant toujours plus la date de l'échéance fatidique.

L'avant veille de Noël 973, alors qu'on s'activait déjà aux préparatifs de la fête, trois voiles sombres apparurent à l'horizon contournant le Cap d'Antibes. Le lendemain un émissaire du fils d'Haround el Rachid prévenait le malheureux Laugier Ruffi qu'il allait devoir exécuter sa promesse et lui livrer sa fille, rançon de l'impitoyable marché conclu vingt ans plus tôt jour pour jour. Le Maure promettait en outre à Nouvette un sort enviable, comme favorite de son harem.

Devant l'imminence du péril, le seigneur de Saint Laurent la Bastide terrassé par le poids de sa conscience, s'agenouilla dans la petite chapelle contiguë au château. Après avoir imploré la grâce divine et offert son âme et son corps pour expier la faute, il se décida enfin à avouer sa lâcheté.

Prévenue, Nouvette tomba en larmes, révoltée contre le sort injuste qui l'attendait. Nous étions le soir de Noël. Déjà la troupe des Maures confiante s'installait sous les remparts du château éclairés par la lune. Des tentes dressées s'échappaient des flots de musique étrange mêlés aux fumets des moutons rôtis pour fêter l'accueil de la promise.

La fille du seigneur de Saint Laurent la Bastide s'avançait déjà effleurant une dernière fois les genêts accrochés au bord de la falaise. Penchée vers le vide elle murmura : «Je ne vous verrai plus fleurir belles «ginestres» de ma Provence», implorante elle ajouta : «Si vous pouviez me protéger et m'épargner l'exil au pays de l'Infidèle! Aidez-moi ! » Supplia-t-elle. Simultanément et comme en écho à ces paroles, les douze coups de minuit s'égrenèrent au clocher de la modeste chapelle du château.

A ce signal et comme sous l'effet des chauds rayons du soleil de juin, tous les genêts se dressent, s'épanouissent et fleurissent formant mille haies défensives devant les Sarrasins déconcertés. Dans la campagne environnante autant de piques acérées couvertes de fleurs inondent le paysage d'une lumière dorée. Devant ce sortilège, attaqués de toute part par les flèches jaunes, les Maures abandonnent leur camp et s'enfuient en désordre vers la côte. Le jour qui suivit, ils levèrent l'ancre et disparurent à jamais du pays vençois.

Quelques mois plus tard, le 21 juin alors que les précieux genêts fleuris embau­maient les collines et les vallons, la douce et tendre Nouvette épousa en grande pompe le beau et brave Pons, fils de Rodoard, prince d'Antibes et seigneur de Grasse.

Les festivités du mariage se poursuivirent dix jours durant à la grande joie de tous. Plus tard sept enfants concrétisèrent cette union heureuse. Vence renaquit de ses ruines, la princesse s'y installa et vécut de longues années de bonheur dans sa chère Provence.

D’après « Les Légendes et Chroniques insolites des Alpes Maritimes » (Equinoxe-éditions Saint Rémy de Provence), pour commander cet ouvrage dédicacé de 23 € : téléphoner au 04 93 24 86 55.

Avec les "Légendes et Chroniques insolites des Alpes Maritimes", Edmond Rossi, auteur niçois de plusieurs ouvrages sur le passé de son pays, nous offre un recueil d'une centaine de relations confondant la vérité historique et l'imaginaire de la légende.

Pour tous ceux qui désirent connaître non plus une Côte d'Azur artificielle mais une terre de culture et de mémoire, ce recueil constitue une promenade originale puisée aux meilleures sources.

Les Alpes Maritimes possèdent un particularisme né d'un isolement géographique, terre de contraste. Elles offrent une tradition enracinée dans un passé fertile en anecdotes souvent ignorées.

Merveilleux voyage que ces récits qui vont des légendes des origines aux chroniques d'un millénaire de défis naturels, se poursuivant vers des villages du bout du monde pour y traverser un passé où se croisent les silhouettes d'illustres personnages et l'ombre inquiétante des sorcières.

Laissons nous conduire dans les coulisses secrètes de ce théâtre factice qu'est la Côte, vers l'intérieur de ce pays d'Azur, à quelques pas du littoral, pour en découvrir et en pénétrer l'âme.

http://pays-d-azur.hautetfort.com

 

UN BLOG VIVANT ET INTERACTIF !

Régulièrement mis à jour avec des notes, fruits de patientes recherches, ce blog reflète le passé méconnu, les traditions, la mémoire et la richesse de l’Histoire des Alpes Maritimes.

S’il vous intéresse ne manquez pas de l’inscrire dans vos « Favoris » et de le faire connaître autour de vous.

http://pays-d-azur.hautetfort.com

est votre blog, interrogez la rédaction en adressant vos mails à

edmondrossi@orange.fr

Votre question recevra chaque fois une réponse. A bientôt !

 

 

18.12.2008

SOUVENIRS DE LA GUERRE 1939-1945 (2)

CARTES POSTALES ANCIENNES.jpgTÉMOIGNAGE DE MONSIEUR ET MADAME MARI

Par suite d'une heureuse coïncidence, nous rendons visite à Mme et M. Pierre MARI le jour de la fête du Saint-Patron de ce dernier et, surtout, le lendemain du 57ème anniversaire de leur mariage. C'était le 28 juin 1937. Ce 29 juin 1994 ne pouvait donc qu'être propice à l'évocation de souvenirs.

Les origines laurentines de Mme MARI, née ROUSTAN, sont très anciennes puisqu'une des rues du Vieux- Village porte le nom de son père et que la maison dans laquelle se déroule l'entretien fait partie du patrimoine de la famille ROUSTAN depuis environ 3 siècles.

M. MARI est architecte et c'est lui qui a dessiné la reproduction de la Croix de Guerre ( décernée à la ville après la libération.) que l'on peut voir au 1er étage de l'an­cienne mairie, devenue conservatoire municipal de St-Laurent­du- Var.

Excellente transition que cette croix de guerre qui nous amène à parler de la période de l'occupation.

Le jour de l'arrivée des italiens, M. et Mme MARI s'étaient ren­dus ensemble dans le quartier de la gare où ils avaient à faire et ils se rappellent les avoir vus approcher, venant de Nice, sur la N7. C'était presque un défilé, la troupe à pied précédée par plusieurs gradés. Ils n'ont d'ailleurs pas pris la direction du village,poursuivant leur route en direction d'Antibes, sans se ren­dre compte que plusieurs inscriptions, il est vrai en langue fran­çaise, peintes sur les murs de plusieurs maisons, ne leur souhai­taient pas exactement la bienvenue. Au moins, ceux qui manifes­taient ainsi leurs sentiments étaient-ils protégés par l'anonymat. Mais que dire de cet homme qui, venant à vélo en sens opposé, se mit à siffler, arrivé à la hauteur des premiers soldats, un air de musi­que militaire américain bien connu ? inconscience de sa part ? " En tout cas, disent M. et Mme MARI, nous avons été heureux d'enten­dre cet air et de voir que le ~iffleur n'était pas inquiété ".

Par la suite, M. MARI eut d'autres raisons de se souvenir de l'oc­cupation italienne :

la Corniche Fahnestock doit son nom à un milliardaire américain qui y possédait une propriété et s'était montré trés généreux en­vers la ville de St-Laurent-du- Var, contribuant, notamment, au financement de divers travaux d'intérêt général.

Au moment des faits relatés par M. MARI, M. FAHNESTOCK et son épouse, qui fut d'ailleurs tuée par eux, se trouvaient aux philippines, prisonniers des japonais. Quant à leur propriété, elle était occupée par les italiens. Toutefois, le gérant, M. LANTERI - MINET, qui était aussi leur homme de confiance à St-Laurent­du- Var, n'avait pas renoncé à défendre leurs intérêts. C'est sans doute sur son intervention qu'au nom de la Croix-Rouge Interna­tionale, M. BERTIN , juge de paix à Cagnes-sur-mer, fut chargé d'une mission bien précise. Ecoutons M. MARI :

" Comme j'étais en excellents termes avec M.LANTERI-MINET, le juge, accompagné de son greffier, vint me demander de les aider à mettre sous scellés et en lieu sûr, les biens mobiliers de très grande valeur qui se trouvaient chez les FAHNESTOCK. A l'entrée de la propriété, le juge dit au factionnaire qu'il souhaitait parler à l'officier responsable. On nous conduit devant lui, re­joints par M. LANTERI-MINET. L'entretien fut très bref. M. MARI se rappelle textuellement les paroles de l'officier: " Qu'est­ce que vous venez faire ici ? nous sommes en guerre et si je vou­lais, je pourrais vous faire fusiller tous les quatre ".

M. MARI reprend: " Avec un calme remarquable, le juge répon­dit que, dans ces conditions, nous allions nous retirer, empêché qu'il était de remplir sa mission".

Bonne surprise, dès le lendemain, revenu à de meilleurs senti­ments ou ayant réfléchi aux conséquences éventuelles de son com­portement, l'officier italien fit savoir au juge que rien ne s'oppo­sait à l'acte pour lequel il avait été requis.

Pendant l'occupation allemande, M. MARI continua d'exercer sa fonction d'architecte et, "agréé aux dommages de guerre", eut alors à s'occuper des dégâts causés par les bombardements.

Pour ce faire, il se rendit plusieurs fois, dès la fin de l'alerte, dans les quartiers sinistrés, en compagnie du Père DECAROLI. Vers la fin de l'occupation, l'intensification des bombardements et l'an­nonce de l'imminence du débarquement, que tout le monde atten­dait, devaient amener M. et Mme MARI, dont le fils avait à peine 6 mois, à quitter le Vieux- Village pour s'installer provisoirement dans un chalet de Montaleigne puis en appartement à Annot. Il en résulta pour lui de nombreux déplacements, la plupart du temps à bicyclette. Il ne s'en trouva pas moins, plus d'une fois, littérale­ment pris sous un bombardement. Le souvenir le plus précis qu'il ait gardé à ce sujet est celui d'un raid qui le surprit alors que, repartant pour Annot, il traversait le vieux pont de bois reliant St­Laurent à Nice. Il y avait 2 avions et la soudaineté de l'attaque fut telle que, se trouvant exactement au milieu du pont et estimant n'avoir le temps ni de gagner l'autre rive ni de revenir sur ses pas, comme le fit à toutes jambes l'un de ses amis, il s'allongea sur place, à côté de son vélo. En fait, il n'y eut pas de bombardement mais les 2 avions mitraillèrent la rive droite du Var, donc St-Lau­rent, où des allemands cantonnaient. On sut tout de suite que les appareils étaient français et que l'un des deux, touché par la DCA, nombreuse dans le secteur, était tombé en mer.

M. MARI poursuit: une fois à Annot, on était à l'abri des bom­bardements " mais il fallait y arriver et ce ne fut pas toujours facile. Et même à Annot...."

Nous voudrions en savoir davantage mais M. et Mme MARI es­timent préférable de s'en tenir à St-Laurent-du- Var, puisque c'était l'objet de notre visite. D'ailleurs, concluent-ils d'un commun ac­cord " Il s'y est passé suffisamment de choses en quatre ans! " .

 

Connaître le passé de Saint Laurent du Var grâce à « Saint Laurent du Var à travers l’Histoire » (Alandis-éditions Cannes), pour commander cet ouvrage illustré et dédicacé de 17 € : téléphoner au 04 93 24 86 55

Connaître le passé de la région des Alpes Maritimes ?

Cliquez sur http://pays-d-azur.hautetfort.com 

 

 

11.12.2008

SOUVENIRS DE LA GUERRE 1939-1945 (1)

CARTES POSTALES ANCIENNES (47).jpgRAPPEL HISTORIQUE

Au cours des années 1940 à 1944, période parmi les plus doulou­reuses de notre histoire, la ville de St-Laurent-du-Var, a, bien sûr, ressenti les grands événements qui ont jalonné la vie de notre pays: le désastre de 1940, l'occupation, la libération... mais elle a aussi été marquée par des faits qui lui sont propres et qu'il sem­ble intéressant de rappeler afin de mieux situer dans le temps et dans l'espace les témoignages de ceux qui les ont vécus et dont les souvenirs sont l'objet de cette plaquette.

Après la défaite de nos armées en 1940 et l'Armistice qui s'en est suivi, la France a été scindée en plusieurs parties :

- une zone annexée: Alsace et une partie de la Lorraine;

- une zone réservée: Ouest de la Lorraine, Vosges, Belfort; - une zone interdite: Nord -Pas de Calais;

- une zone occupée par les Allemands: au Nord d'une ligne allant de Hendaye à Tours-Moulins et Nantua;

- une zone "non occupée" au Sud, gouvernée depuis Vichy. En novembre 1942, après le débarquement des américains et des britanniques en Afrique du Nord et le sabordage de la flotte à Toulon, la totalité de la France fut occupée par les Allemands à l'Ouest et les Italiens à l'Est. Le partage entre ces deux nouvelles zones d'occupation était délimité par une ligne Nantua - Vienne ­Valence- Avignon - Aix, la Corse étant entièrement sous domina­tion italienne.

Cette occupation italienne, peu dense et plutôt débonnaire, n'a pas laissé de trop mauvais souvenirs aux laurentins. Le P.C. ita­lien était installé à la villa " La Collinette" surplombant la N. 7 à la hauteur du marbrier. Les Italiens ont également occupé, à Montaleigne, le " Château" appartenant alors à M. et Mme FAHNESTOCK et la villa CYBLA avenue de la Libération (ex départementale 209).

~près la capitulation italienne, le 8 septembre 1943, notre région est occupée par les Allemands qui se livrent à une fortification intensive du littoral azuréen de Théoule à Menton.

Ils avaient installé leur PC à "la Collinette", des unités de DCA étaient stationnées le long du Var au Nord et au Sud des ponts, leurs batteries mises en place aux plateaux fleuris et au quartier du Lac. Les Services fonctionnaient près de l'ancienne mairie à la villa " La Marjolaine" qui se trouvait à la place du supermarché "Casino", ainsi qu'aux établissements Gimello (avenue de Gaulle près" d'Intermarché").

Il ne semble pas que la vie matérielle des laurentins sous l'occu­pation ait été très éprouvante. La commune était, en effet, en grande partie agricole et les services de la mairie, sous l'impul­sion du maire, M. RAVET et de la secrétaire de mairie, Mme MATHIEU, délivraient abondamment tickets de ravitaillement, voire faux papiers, à ceux qui en avaient besoin. En revanche, les exigences allemandes, les pressions physiques et psychologiques, les gênes de toutes sortes apportées à la vie quotidienne, ont été de plus en plus difficiles à supporter.

La résistance s'est surtout développée à partir de la fin 42, favori­sée par le refus des jeunes de se soumettre au service du travail obligatoire (S.T.O.) en Allemagne, organisé par le gouvernement de Vichy sous la pression du vainqueur, et le chef départemental de la Résistance fut un laurentin, Georges FOATA alias" capi­taine MORGAN». Huit laurentins ont été déportés.

Puis, ce fut la dure période des mois qui ont précédé les débar­quements et ont vu se succéder à un rythme accéléré et une puis­sance progressivement accrue, les bombardements des alliés sur les ponts du Var... et la cité laurentine ! 23 attaques ont été subies, notamment les bombardements du 26 mai - qui a détruit partiel­lement un train de voyageurs à proximité de la gare - et des 2 et 6 août, particulièrement meurtriers pour la population restante. Beaucoup de familles, en effet, s'étaient réfugiées à Cagnes, à Montaleigne ou dans l'arrière-pays pour échapper aux risques des bombardements alliés, souvent imprécis en raison de la DCA allemande, qui obligeait les avions à larguer à haute altitude. Le bilan s'est élevé à 70 tués, 23 blessés, 103 maisons détruites et 762 endommagées. St-Laurent était sinistrée à 40 %. Les souffrances endurées par notre cité et ses habitants ont, d'ailleurs, été reconnues par une citation à l'ordre du régiment délivrée le Il novembre 1948 et dont le texte est le suivant : Saint-Laurent-du-Var- Département des Alpes-Maritimes : " Petite ville des Alpes -Maritimes très éprouvée pendant la der­nière guerre. A subi vingt-trois bombardements au cours desquels cent trois maisons ont été détruites et sept cent soixante deux par­tiellement endommagées. La liste de ses soixante-dix morts, vingt-trois blessés et huit déportés attestent élogieusement de la contri­bution apportée par sa population et par son groupement de Ré­sistance à l’œuvre de la Libération."

Cette citation comporte l'attribution de la Croix de Guerre avec Etoile de Bronze.

Enfin, le 27 août 1944, une colonne motorisée canadienne, ve­nant de Cagnes libérait St-Laurent, non sans qu'un dernier accro­chage avec les Allemands, retranchés square Djibouti (BENES), fasse deux victimes: deux résistants, LEDIEU et ABONNEL, qui ouvraient la route aux Canadiens et dont le sacrifice est maté­rialisé par une plaque apposée au N° 550 avenue de la Libération et au pied de laquelle une gerbe du souvenir est déposée chaque 27 août, par la Municipalité.

Connaître le passé de Saint Laurent du Var grâce à « Saint Laurent du Var à travers l’Histoire » (Alandis-éditions Cannes), pour commander cet ouvrage illustré et dédicacé de 17 € : téléphoner au 04 93 24 86 55

Connaître le passé de la région des Alpes Maritimes ?

Cliquez sur http://pays-d-azur.hautetfort.com

 

04.12.2008

SAINT LAURENT DU VAR, UNE MISE AU POINT HISTORIQUE, A PROPOS DU « GUEYEUR »

04 SAINT LAURENT AU XVIII éme s. ALBANIS BEAUMONT.jpg

A l’occasion de recherches relatives à mon nouvel ouvrage « Saint Laurent à travers l’Histoire », mon attention a été attirée par une relation historique porteuse d’une information intéressante.

Le gueyeur statufié en 2000 par Suzan Ledon et Nicole Hennion, qui orne le rond-point au croisement de la rue de l’Ancien Pont et de l’avenue du 11 novembre, restitue-t-il l’image authentique de ces portefaix, chargés jadis d’assurer la traversée du gué du Var ? Rien n’est moins sûr !

Si l’on fait foi à un document d’époque, il semble que le transport des personnes montées à califourchon sur le dos du gueyeur ne relève nullement de la vérité historique, conforme aux règles morales strictes de cette corporation,

Jean Pierre Papon, historien de la fin du XVIIIe siècle, indique dans son « Voyage littéraire de la Provence » :

" Les étrangers ne doivent pas s'exposer à passer le Var sans avoir des gaieurs qu'on prend à Saint-Laurent. On s'assied sur l'épaule de deux hommes, qui se tiennent serrés l'un contre l'autre, en prenant réciproquement avec la main le haut de leur veste au-dessus du cou, de manière que l'un pose son bras droit sur le gauche de l'autre ; il faut avoir soin de ne pas regarder l'eau : elle est si rapide que la tête tournerait et l'on risquerait de tomber...»

Il fallait donc bien la présence de deux gueyeurs pour qu’une personne puisse être chargée et transportée d’une rive à l’autre du Var.

Ce procédé, gage de sécurité évitait d’autre part tout contact charnel avec les porteurs, ceci dans le respect de l’éthique de l’époque.

 

Connaître le passé de Saint Laurent du Var grâce à « Saint Laurent du Var à travers l’Histoire » (Alandis-éditions Cannes), pour commander cet ouvrage illustré et dédicacé de 17 € : téléphoner au 04 93 24 86 55

 « Saint-Laurent-du-Var à travers l’Histoire » ou quand le présent rejoint  en images l'Histoire de Saint-Laurent-du-Var et sa fière devise: "DIGOU LI , QUÉ VENGOUN", (DIS LEUR QU'ILS VIENNENT), significative des « riches heures » de son passé.

Avant 1860, Saint-Laurent-du-Var était la première bourgade de France en Provence, carrefour historique avec le Comté de Nice. Ville construite entre mer et collines, elle s'étire face à Nice le long de la rive droite du Var, sur 7 kms.

Cité moderne, Saint-Laurent-du-Var n'en oublie pas pour autant ses racines qui font la fierté de ses habitants. Le témoignage le plus probant de cette pérennité du passé reste sans aucun doute le « Vieux-Village », avec ses rues pittoresques et son église romane datant du XI e siècle.

Lieu de transit et de passage commandant la traversée du Var, fleuve alpin particulière­ment capricieux, Saint-Laurent-du-Var a subi les aléas de cette situation géographique et stratégique singulière qui a profondément marqué son destin.

Les inondations, les invasions, les épidémies, les guerres ont rythmé au long des siècles les étapes successives de la formation de Saint-Laurent-du-Var.

Grâce à de nouveaux documents et à de nombreuses illustrations inédites, Edmond Rossi, auteur de « Saint Laurent, Porte de France » et de différents ouvrages sur le passé de la région, nous entraîne à la découverte de l’Histoire passionnante de Saint-Laurent-du-Var.

 

Connaître le passé de la région des Alpes Maritimes ?

Cliquez sur http://pays-d-azur.hautetfort.com

 

 

 

Toutes les notes