02.05.2007
RENCONTRE AVEC L'AUTEUR
EDMOND ROSSI VOUS ACCUEILLERA ET VOUS DEDICACERA SES LIVRES A L’OCCASION DE LA « 10 EME EDITION DE LA JOURNEE DES LIVRES ET DES ECRIVAINS DU COMTE DE NICE & DE PROVENCE » A SAINT LAURENT DU VAR, PRES DE L’EGLISE, AU CŒUR DU VIEUX VILLAGE, LE SAMEDI 5 MAI 2007 DE 10H00 A 18H00.
10:51 Publié dans DECOUVERTE DU PASSE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : HISTOIRE
29.12.2006
DECOUVRIR LES DIFFERENTS QUARTIERS DE SAINT LAURENT
TOPONYMIE DES NOMS DE QUARTIERS
Agrimont : étymologie - du provençal Agreu : houx, du latin acriforlium et du mont - Mont couvert de houx : autre étymologie - du grec Agrios (champs sauvages) - en latin, de ager, agri (champs) - Mont couvert de champs
Baraques : des entrepôts recueillant le bois de flottage étaient installés dans ce quartier
Baronne : de baronnie, seigneurie - terre d’un baron
Bassins : larges terrains en cuvettes bordant le Var
Casals : du latin casalis : relatif à la ferme. Lieu où se situait une ferme ou bien nom d’homme
Condamines : en provençal, nom de la terre végétale : selon l’ancien provençal, il signifiait « co-seigneurie » puis le sens devint « champs constituant la réserve seigneuriale ». Les terres désignées sous ce nom sont généralement les plus fertiles
Esparte (Vallon de l’) : du provençal esparceto qui vient du radical épars - signifie sainfoin
Filagnes : de fil et du suffixe provençal agne (augmentatif et parfois péjoratif) - terrain broussailleux ou culture de la vigne en rangée ( file ).
Galinières : en provençal poulailler. Probablement lieu où étaient installés ceux-ci
Jacons : hameau - lieu-dit qui a emprunté un nom d’homme, diminutif de Jacques
Lac : quartier bordant le Var, partiellement inondé
Maubert : nom d’homme
Montaleigne : du latin lignium : bois - mont boisé
Notre-Dame : en rapport avec la chapelle édifiée dans ce quartier et dédiée à Notre-Dame
Paluds : nom provençal palu, palun : marais, terre d’alluvions - du latin palus, udis - dans notre cas, terrains marécageux
Pignatières : du provençal pignata : marmite en terre. Lieu où l’on extrayait la terre d’argile pour confectionner les marmites et où se fixèrent des ateliers de potiers « des pignatières »
Plans : terrains plats
Puget : nom provençal : petit puy, monticule, ondulation du terrain
Ragadan : du latin rhagades : crevasses, gerçures - terrain crevassé
Rascas : du provençal rascasso, de rasco : teigne - terre pelée
Saint Antoine et Sainte Pétronille : quartiers qui prennent le nom de la chapelle dédiée au Saint ou à la Sainte en question
Les Serres : du provençal : scie - crête allongée, rocheuse, dentelée
La Tour : quartier qui prit le nom d’une tour de guet dont subsistent les ruines
La Vallière : de vallée largement ouverte
Var : le nom est très ancien. Il dérive de la base Italo-Celtique, vara : eau, laquelle correspond au sanscrit, var et en grec, varo - désignation de l’eau en genre inanimé. Le Var provençal a pour pendants la Vara ligure, diverses Varia, le Vaire des Basses Alpes qui se trouve être un de ses affluents et des dérivés tels que Varisia, soit la Varèze dans le Gard et Vardo, soit le Gard (avec influence germanique sur l’initiale) sans oublier la Varaita du Piémont (selon J.E. Dugand)
Vespins : - soit du latin puis du provençal, vespa : guêpe et du suffixe provençal in (diminutif) - quartier habité par des guêpes - soit du latin vespices : halliers, buissons épais
Certains quartiers ont vu leur nom oublié :
- « Le collet rouge » (la colline de terre rouge)
« la tuilière »
- « les crottes » (caves ou grottes)
- « les mourrès de Tinéa » (mourrès : tête ou cîme - Tinéa : bassin, cuvette)
- « Les Pomarels » (pommiers)
Connaître le passé de Saint Laurent du Var grâce à « Saint Laurent du Var à travers l’Histoire » (Alandis-éditions Cannes), pour commander cet ouvrage illustré et dédicacé de 17 € : téléphoner au 04 93 24 86 55
Connaître le passé de la région des Alpes Maritimes ?
Cliquez sur http://pays-d-azur.hautetfort.com
OFFREZ LES LIVRES
DÉDICACÉS DU « PAYS D’AZUR »
TÉLÉPHONEZ AU 04 93 24 86 55
08:30 Publié dans DECOUVERTE DU PASSE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : HISTOIRE
22.08.2006
RETROUVONS LES GUEYEURS LE 26 AOUT A 16 H POUR LEUR PREMIERE FETE !
SAMEDI 26 AOUT A 16 HEURES
Pour information: Cette nouveauté originale inspirée par l'Histoire et la tradition susceptible de vous intéresser.
Rendez-vous en couple ce samedi 26 août à 16 h place de la Fontaine au cœur du Vieux Village de Saint Laurent du Var, pour participer à la "Course des Gueyeurs" organisée dans le cadre de la première "Fête des Gueyeurs" . Les hommes porteront leurs cavalières sur leurs épaules, comme jadis pour la traversée du Var, pour parcourir un itinéraire défini dans les petites rues du vieux Saint Laurent, avant de déguster la socca et de participer au bal. Venez nombreux !
L’idée d’une fête des gueyeurs à Saint Laurent du Var a le mérite d’être ancrée dans une tradition historique remontant à l’origine de la cité, bâtie au bord du Var pour en assurer la traversée.
Rappelons que déjà en 1005 l’abbé de Saint Véran reçut une habitation dans un hameau dénommé Varum, sur la rive droite du fleuve, où Saint Laurent s’est installé par la suite. Au XIIè siècle un ermite se rendait chaque année sur les bords du Var avec deux chevaux pour faire passer les pèlerins se rendant à l’abbaye de Lérins.
La création d’un hospice confié à des religieux va poursuivre cette coutume pendant les siècles suivants jusqu’au XVè siècle. « La barque de l’hospice » assurait alors le passage d’une rive à l’autre du Var.
Lorsque Saint Laurent est repeuplé en 1468 par son seigneur l’évêque de Vence, Raphaël Monso, désireux de garantir la sécurité du gué, obligation est faite aux nouveaux venus, de tenir une barque sur le Var pour en assurer le passage. Ces premiers gueyeurs laïques, dénommés « Riveraschi », vont s’organiser en corporation et maintenir leur activité jusqu’au XIXè siècle.
Les gueyeurs disparaîtrons lorsqu’un pont traversera enfin le fleuve de manière définitive en 1864.
Les gueyeurs ont donc marqué le passé laurentin durant plus de huit siècles.
Aujourd’hui leur souvenir se perpétue dans le Vieux Village par une modeste rue portant leur nom, elle relie la place de la Fontaine à la rue des Remparts.
Récemment, en 2000, un rond point au carrefour des rues du 11 novembre, du Point du Jour et de l’Ancien Pont s’est vu paré d’une sculpture représentant une voyageuse à califourchon sur le dos de l’un de ces porte-faix, acteurs glorieux de l’Histoire de la cité.
Connaître le passé de la région des Alpes Maritimes ?
Cliquez sur http://pays-d-azur.hautetfort.com
15:55 Publié dans DECOUVERTE DU PASSE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : HISTOIRE
13.07.2006
VISITE DE L'ANCIEN VILLAGE DE SAINT LAURENT, POUR Y RETROUVER UN RICHE PASSE
VISITE PROMENADE
DANS LES FRAICHES RUES
DU VIEUX-VILLAGE
La première étape de cette visite est logiquement consacrée à l’église romane datée du XI ème siècle, construite en belle pierre calcaire blanche de Gattières.L’édifice se situe sur la place Adrien Castillon, ancienne « Place Vieille ». pour y accéder, il suffit d’emprunter les escaliers des anciens remparts, face au parc François Layet. On notera le magnifique campanile en fer forgé travaillé, caractéristique des églises provençales et l’abside en cul de four avec son bandeau « en engrenage » diffusé par les moines de Lérins au Moyen-Age.
La plaque datée de 1850, placée sur le mur sud de l’église, confirme les modifications apportées à l’édifice tout au long de son histoire. Ces agrandissements sont également visibles par le changement de matériaux de construction au fil des aménagements .
Avant de pénétrer dans l’église, on peut admirer les vestiges du premier hospice mentionné à Saint Laurent du Var : un mur percé d’une grande voûte qui devait servir d’entrée au porche de l’hospice et d’une petite fenêtre partagée par une élégante colonnette de marbre blanc.
Le mur est réalisé en briques façonnées sur place, avec l’argile rouge extraite au quartier des Pugets.
L’intérieur de l’église romane, caractéristique du style roman provençal, présente un intéressant reliquaire en bois doré du XVII ème siècle, contenant selon la tradition un os de la jambe de Saint Benoît, fondateur de l’ordre des bénédictins. L’église conserve également sous ses fondations, un ossuaire daté du XVIII ème siècle.
A la sortie de l’église, emprunter à gauche le passage voûté, construit en gros galets roulés par le Var. Après le passage à droite, rue Ferrareto, il est possible d’admirer le mur de l’hospice et sa fenêtre sous un autre angle. Ce patio est dédié à la mémoire des victimes des différents bombardements de la Seconde Guerre Mondiale.
L’église constituait le noyau du premier Saint Laurent, délimité à l’est par les rues Raphaël Monso et du Four et au nord par la rue des Gueyeurs.
Le reste du Vieux-Village date de la seconde période de construction, c’est à dire du XV ème siècle. Les temps étant devenus plus calmes qu’au Moyen-Age, les constructions s’inspirent du type urbain italien à l’initiative des monastères. A partir de la place de la Fontaine, point central, on peut observer la linéarité des rues des Petites Ecuries et Honoré Geoffroy.
A l’extrémité est de la rue du Var, au bord des remparts, il est possible d’admirer ce qui était à l’origine l’assise d’une des quatre tours de guet qui joignaient les quatre remparts ceinturant le quadrilatère du village. On notera également la présence des chasse-roues à l’angle des maisons, destinés à prévenir les dégâts des roues de charrettes.
La rue Desjobert a constitué jusqu’au XIX ème s, l’artère principale du petit bourg, la Grande Rue. C’est par cette voie que transitaient les voyageurs qui voulaient traverser le Var à gué.
En descendant la rue Desjobert, pénétrer dans l’impasse Roubion et admirer les vestiges d’une construction de galets en « museau de chat », caractéristique de l ‘architecture laurentine.
Pour terminer cette visite, longer les anciens remparts. On peut remarquer les traces de constructions successives, grâce aux matériaux utilisés, on passe de la noble pierre de taille du Roman aux gros galets extraits du lit du Var.
Notons pour terminer que Le Vieux Village, construit en damier, oriente ses rues étroites limitées à 2 m en fonction des vents dominants et de l’ensoleillement.
Connaître le passé de la région des Alpes Maritimes ?Cliquez sur http://pays-d-azur.hautetfort.com
18:47 Publié dans DECOUVERTE DU PASSE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : UNE PORTE DE LA PROVENCE
25.06.2006
LE BLASON DE SAINT LAURENT DU VAR
LA FIERE DEVISE
DE SAINT LAURENT
Par un acte d’habitation et d’emphytéose (1468), Raphaël Monso - évêque de Vence - installe 35 familles venues d’Oneglia en Ligurie italienne, pour repeupler Saint-Laurent « déshabité ». Ces derniers devront désigner des gueyeurs chargés d’assurer le passage gratuit du Var, aux voyageurs et à leurs bagages.
Ils tiendront également six lits à « l’hôpital » pour héberger les hôtes de passage. En 1471, Saint-Laurent compte 149 habitants répartis en 23 feux. On y cultive le blé, le lin, le chanvre, quelques figuiers. On y élève surtout des ovins et caprins. Des salines sont exploitées en bord de mer.
La communauté, après des démêlés avec l’évêque de Vence, se dégage de la servitude de l’hospice et du bac gratuit. Cette tâche reviendra en 1480 à des religieux et ce jusqu’au XVIIIe siècle. Devenu l’hôpital Saint-Jacques en 1668, l’hospice offre un dortoir de quatre lits et deux chambres à un lit.
Une barque permet de traverser le gros bras du Var. Une convention de 1758 confie la traversée du Var à un entrepreneur privé qui recrute ses gueyeurs selon de sévères critères moraux. En 1763, l’anglais Smolett et en 1775 le suisse Sulzer détaillent dans leurs carnets de voyage le pittoresque franchissement du Var à gué.
La vie morale des laurentins est encadrée avec rigueur dès 1306 par des confréries de pénitents. Néanmoins, une affaire de mœurs assez trouble scandalise la petite communauté en 1700, mettant en cause le prieur Honoré Geoffroy, son secondaire, quelques gradés de la garnison et une certaine dame Léon. Il sera question de gais lurons regroupés dans la « confrérie de Méduse » ! Forte personnalité, Honoré Geoffroy, gracié, épargnera à deux reprises Saint-Laurent des exactions de la soldatesque savoyarde (1704).
Une famille du lieu, les Pisani, rachète les droits seigneuriaux de l’évêque de Vence en 1698. Ils seront seigneurs de Saint-Laurent jusqu’à la Révolution.
La communauté laurentine demande en 1696 son inscription à l’Armorial de France. Les armoiries sont ainsi définies : « De gueules à un grill d’argent, accosté de deux lettres L et S en or » en dessous la fière devise de la petite cité sentinelle : « Digou li qué vengoun ! » (dis leur qu’ils viennent).
Connaître le passé de la région des Alpes Maritimes ? Cliquez sur
http://pays-d-azur.hautetfort.com
08:30 Publié dans DECOUVERTE DU PASSE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : DECOUVRIR, LE, PAYS, D\\\'AZUR,
07.05.2006
LE HAUT MOYEN AGE
DES ROMAINS
AU MOYEN-AGE
Si en -49 la Côte est désormais pacifiée, il n’en est pas de même pour les Alpes voisines.
En -14, Auguste entreprend de soumettre les peuples qui habitent l’arc alpin. Le Trophée de la Turbie (-7) témoigne de sa victoire. La voie Julia Augusta permet dès
-13 de circuler de Rome en Gaule en longeant la Méditerranée. Elle traverse le Var à la hauteur des Plans de Gattières.
Les colons soldats s’installent à l’embouchure du Var, édifiant des « villae », sorte de ferme où l’on pratique l’oléiculture.
Les vestiges romains sont rares à Saint-Laurent du Var. Signalons les fondations d’une villa mise au jour en 1970 au sud de l’actuel square Bénes, ainsi que des débris de tuiles (de tegulae et imbrices, voir photo) découverts au quartier des Galinières et le long du chemin romain reliant Saint-Laurent à Cagnes (l’actuel chemin de Provence).
Au bord de mer, des pêcheurs tirent leurs filets lestés de pierres trouées, retrouvées sur le bas de la colline d’Agrimont.
Après cette période de paix, les grandes invasions ravagent la Côte dès le IVe siècle : Ostrogoths, Lombards (500-576). Sous la menace sarrasine (829-972), les villages se regroupent et se fortifient. Le bord du Var n’est qu’une halte, nécessitée par la traversée du fleuve, dépendante de la puissante abbaye de Lérins.
Autour de l’an 1000, les communes se créent et les pèlerinages se développent vers Rome. La première mention d’un village situé près du Var date de 1033 ; il est question de Castrum Agrimontis (village fortifié des Agrimonts : les monts des champs cultivés).
En 1135, les Templiers installent un hospice sur la rive gauche du Var, pour surveiller et faciliter le passage du Var. Ils posséderont des propriétés sur la rive droite (L. Daillez). L’ensemble dépend de la puissante commanderie de Nice.
Au XIe siècle s’édifient l’église actuelle et un hospice fondé en 1162 par Raimbaud de Vence pour accueillir les voyageurs en transit. Cet hospice, dédié en 1205 à Saint-Laurent, passera dans les mains de plusieurs ordres religieux dont certains prélèvent un droit de péage pour la traversée du Var à dos de mulet.
Connaître le passé de la région des Alpes Maritimes ?
Cliquez sur http://pays-d-azur.hautetfort.com
15:50 Publié dans DECOUVERTE DU PASSE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.04.2006
AU TEMPS DES GRECS ET DES ROMAINS
L’ANTIQUITE
Sur les sites repérés par les marins rhodiens au VIIe siècle avant J.C., vers -600, des navigateurs phocéens, en quête d’escales et de points d’eau, fondent les premiers comptoirs grecs sur la Côte. Ces prospecteurs s’installent, importent des marchandises, en fabriquent d’autres sur place (poteries). Les habitants indigènes, les Ligures, vivent déjà là depuis des siècles.
Ils possèdent un port actif à Aegitna (l’actuel Vaugrenier). Les Celtes (Gaulois) arrivent vers -500, -400, se mêlant aux Ligures. Les Ligures de la région d’Antibes, Cagnes, Saint-Laurent composent une vaste tribu : les Oxybiens.
Bruns, de petite taille, agiles, vêtus sommairement de peaux de bêtes, ils possèdent une langue et une écriture et vénèrent des dieux protecteurs de la nature. Leurs ancêtres effectuaient des pèlerinages au Mont Bégo où ils traçaient des ex-voto sur les rochers. Ce sont des chasseurs, des agriculteurs éleveurs de bétail (bovidés), des pêcheurs. Ils colportent à travers l’Europe l’étain nécessaire aux outils et armes de bronze, ainsi que le sel. Commerçants actifs, ils circulent sur la Côte et dans la montagne, troquant les produits agricoles tirés de la vigne et de l’olivier, ainsi que leurs conserves de poisson salé et les peaux de bête qu’ils tannent.
Bâtisseurs de constructions en murs de pierres sèches couronnant les collines : « les Castellaras », ils s’y réfugient en cas d’attaque. Intrépides et robustes, les Ligures s’engageront souvent dans les armées carthaginoises, puis romaines en qualité de mercenaires.
Les Oxybiens voient s’établir vers -350 des Phocéens, originaires de Grèce, venus de Marseille pour fonder Antipolis (Antibes) et Nikaïa (Nice).
Ces mêmes Ligures aideront Hannibal en -217 à franchir les Alpes avec son armada d’éléphants, pour aller combattre les armées romaines. Lorsque Hasdrubal poursuivra la lutte en -207, 8.000 Ligures lui prêteront main forte.
Après les guerres puniques, vainqueurs, les Romains occupent une partie de l’Espagne, c’est alors qu’ils souhaitent s’assurer un passage terrestre vers leurs nouvelles possessions par la Gaule méridionale.
Une voie existait longeant la Côte : « Voie héracléenne », tracée selon la légende par Hercule que ne rebutaient pas les rudes travaux («La voie héracléenne», d'Héraclès, Hercule étant la forme latine du grec Héraclès). Chemin abrupt bordé de constructions à murs cyclopéens, cette voie n’était qu’un sentier peu sûr jusqu’à Jules César, à cause du brigandage des Ligures. Il faudra attendre Octave Auguste pour voir s’édifier la première voie romaine : la voie julienne.
La voie héracléenne traversait le Var à gué et suivait la base des collines.
Marquant l’empreinte grecque des premiers visiteurs phocéens, la légende précise que pour aller s'emparer des bœufs de Géryon, le dixième de ses douze travaux, Hercule se devait de tracer un chemin à sa taille, d'Italie à cette Ibérie où était le repère du géant tricéphale.
Hercule, traversant ces «Alpes Maritimes» où il peina, se les appropria en les qualifiant «d'Alpes grecques» (selon Ammien Marcellin). Prévoyant sa victoire et un triomphal retour en poussant devant lui le troupeau des bêtes conquises, Hercule ne ménagea en ces lieux ni son temps ni sa peine. Ainsi édifia-t-il tout au long de la voie de crête longeant le littoral, des enceintes de murs cyclopéens propres à l'abriter lui et ses compagnons. Ces remparts lointains rappellent en effet ceux d'Argos, Mycènes et Tirynthe, but suprême de son voyage après son retour en Grèce. Seule sa force surhumaine pouvait être capable d'édifier de telles murailles. L'une de ces enceintes, bâtie sur un rocher abritant une anse, retint pour un temps Hercule, qui trouvant le lieu à son goût, s'y arrêta, s'y isola, oubliant la suite de ses aventures. Lieux de paix et de retraite, comme le laisse entendre l'étymologie du nom de ce lieu: Monoikos.
L'anse s'appellera en souvenir du demi-dieu: Herculis Monocci Portus, plus tard Monaco et encore sous la Révolution française: Port Hercule. Comme l'écrivait déjà au IV ème siècle l 'historien romain Ammien Marcellin dans une de ses digressions géographiques inspirée des auteurs grecs: «La citadelle et le port de Monaco sont encore d'éternels monuments du passage d'Hercule dans ces contrées».
En -154, les Ligures, concurrencés dans leurs activités commerciales, assiègent les comptoirs massaliotes de Nikaïa et Antipolis. Les Phocéens, alarmés, réclament l’aide des Romains. Un parlementaire romain, Flaminius, est dépêché sur les lieux ; il est refoulé et malmené par les Ligures, lors de son débarquement. De retour à Rome, Flaminius entraîne le Sénat, trop heureux d’une pareille aubaine. Le consul Opimius à la tête de 10.000 Romains va venger l’affront et permettre la main mise sur la Côte. Dans la plaine de la Brague, le contingent romain défait les 4.000 Ligures Oxybiens et Décéates.
Après ce revers, le port d’Aegitna est détruit. Les vaincus devront livrer des otages et abandonner à Rome une bande côtière de douze stades (2.220 m). La mer et les riches terres en bordure leur seront interdites. Les Ligures ne gêneront plus les Phocéens.
Nouveau soulèvement ligure en Provence en -125. Les turbulents Oxybiens vont être déportés dans le sauvage Estérel par le Consul Fluvus Flaccus. L’année suivante, pour protéger Marseille, le Consul Calvinus attaque les Salyens (Celto-Ligures) et détruit leur ville fortifiée d’Entremont près d’Aix.
Il faudra attendre -49 pour que Lépide soumette enfin les Ligures Oxybiens (les plus célèbres Ligures selon Pline). Pour marquer cette victoire décisive, Lépide fait édifier le Trophée d’Antibes.
Cette même année, Jules César, de retour d’Espagne, licencie au bord du Var les légions pompéiennes qui constitueront le premier peuplement romain. Saint-Laurent du Var va entrer dans l’ère de la colonisation romaine pendant quatre siècles.
En Savoir plus ?
09:55 Publié dans DECOUVERTE DU PASSE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.04.2006
CHRONIQUE PUBLIEE DANS NICE MATIN
« UN PEU D’HISTOIRE »
Nous inaugurons aujourd'hui cette nouvelle rubrique, signée d'un écrivain laurentin passionné d'histoire, Edmond Rossi. Il nous propose le dimanche de revisiter le passé de Saint-Laurent-du-Var ou des communes environnantes au travers, d'événements, de faits et d'anecdotes qui font toute richesse de notre patrimoine.
SAINT LAURENT : UN CARREFOUR GEOGRAPHIQUE ET HISTORIQUE
Avant 1860, Saint-Laurent-du-Var était la première bourgade de France en Provence, carrefour historique avec le comté de Nice. Ville construite entre mer et collines, elle s'étire face à Nice, le long de la rive droite du Var, sur 7 km.
Saint-laurent-du-Var n'en oublie pas pour autant ses racines qui font la fierté de sa devise et de ses habitants. Le témoignage le plus probant de cette pérennité du passé est sans aucun doute le vieux village avec ses rues pittoresques et son église romane datant du XIe siècle.
Lieu de transit et de passage commandant la traversée du Var, fleuve alpin particulièrement capricieux, Saint-Laurent-du-Var a subi les aléas de cette situation géographique et stratégique singulière qui a profondément marqué son histoire.
Les épidémies. Les guerres, les invasions et les inondations ont rythmé les différentes étapes de la formation de Saint-laurent-du-Var à travers les siècles. Son histoire se développe au cours du temps sous des, influences venues d'horizons différents : du sud et de la mer dans l'Antiquité, de l'Est avec Rome, du Nord au Moyen Age, de l'Ouest, de la Révolution française à nos jours.
Avant que ne s'écrive l'Histoire, lorsque voici 400 000 ans les premiers hommes
apparaissaient dans la région, le Var drainait alors cent fois plus d'eau. S'il est question de pilotis découverts à la fin du XIXe siècle, enfouis dans le sous-sol vaseux du delta, pouvant servir d'assise à des cabanes lacustres, nous n'avons aucune preuve d'une occupation du site à la Préhistoire.
Les seuls vestiges mis au jour à proximité sont ceux de Carros Je Neuf: il s'agit de fragments de pierres taillées voici quelque 100000 ans (début du Würm).
Beaucoup plus tard, le géographe grec Strabon indiquera que le Var avait en hiver la largeur de sept stades à son embouchure, soit 185 m x 7 = 1 295 m. Notons que le premier pont construit en amont sur le Var à la Révolution française n'aura qu'une largeur de 654 m. Aujourd'hui, après son endiguement, la 202 bis franchira le fleuve au quartier de la Baronne par un ouvrage de seulement 450 m !
Saint-laurent-du-Var est un carrefour géographique et historique en rapport constant avec le fleuve le plus important des Alpes-Maritimes. Le Var, cité déjà par César, sera qualifié de « grand fou » par Vauban qui ne lui pardonnait pas ses crues soudaines et brutales multipliant son débit par dix en quelques heures.
http://pays-d-azur.hautetfort.com
10:15 Publié dans DECOUVERTE DU PASSE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





