07.11.2009

LOUIS RAVET MAIRE HÉROIQUE DES ANNÉES NOIRES

LOUIS RAVET .jpg

LOUIS RAVET HÉROS DE LA RÉSISTANCE,

MAIRE EXEMPLAIRE DE SAINT LAURENT DU VAR (1941-1944)

 

Engagé à 17 ans dans la légion Louis Ravet poursuivit sa carrière militaire durant 13 ans. C’est en qualité d’ancien militaire que le gouvernement de Vichy le placera à la tête de la commune de 1941 à 1944. Tout au long de ces années noires, ce patriote se conduira avec courage en s’opposant aux menées des occupants successifs, Italiens puis Allemands, avec le seul souci de protéger ses administrés.

En 1943, sous l'occupation italienne, une sentinelle en faction sur le pont du Var fut tuée dans des conditions mystérieuses. Huit laurentins seront arrêtés par les bersaglieri, et conduits au poste de commandement. M. Ravet intervint pour les défendre, demandant  au capitaine quelle preuve il avait de la culpabilité d'un des 4800 habitants de St-Laurent-du-Var face aux 150 000 niçois ? A la suite de quoi, les huit hommes furent relâchés.

Les Italiens avaient installé un poste de commandement proche de la Gare. Un jour, l'attention de M. Ravet fut attirée par un grand drapeau italien au sommet du bâtiment. La Préfecture le chargea d'entreprendre une démarche auprès du commandant, afin d'obtenir le retrait du drapeau. La réponse fut catégorique: «je fais ce que je veux ». Le maire fit remarquer que  le bâtiment avec son drapeau constituait une cible pour un navire "hostile" croisant au large ! A défaut de tir, l'argument fit mouche, l'emblème disparut.

Pourtant son sang-froid, devait un jour lui faire défaut. A l'époque, les hommes, portaient souvent le chapeau. Les militaires italiens, le reconnaissant ne manquaient pas de le saluer réglementairement et, naturellement, le maire leur rendait la politesse en se découvrant. Un jour, il en eut assez et décida à partir de là de sortir toujours nu-tête.

Au-delà de ces broutilles, c'est sous l'occupation allemande que Louis Ravet allait donner la pleine mesure de sa personnalité et de son patriotisme. Tout d'abord, il gérait le quotidien compliqué par une occupation ennemie entraînant de sévères  restrictions. Il mit  sur pied des services sociaux aux diverses attributions: visites médicales pour les enfants, cantine scolaire, envoi de colis aux prisonniers de guerre, assistance aux familles en difficulté, particulièrement aux sinistrés des 23 bombardements. Louis  Ravet se faisait un devoir de se rendre sur les lieux où les bombes avaient causé le plus de dégâts et hélas, souvent, des victimes ! Ce fut le cas ce 26 mai 44.

Une autre fois, le Maire se rendit dans un bar à un rendez-vous avec un Major allemand pour y traiter divers problèmes intéressant la commune. A un moment, l'officier exprima le souhait de voir le drapeau allemand hissé sur la façade de la mairie ! M. Ravet lui répondit par la négative, en fondant son refus sur des motifs d'ordre juridico-administratif. Ses arguments convainquirent l'officier qui conclut en faisant ouvrir une bouteille de champagne. Pour ne pas être en reste, le Maire en recommanda une. Au moment de prendre congé, l'Allemand, se méprenant sur ce geste de simple réciprocité (ignorant le rôle important joué par le Maire dans la Résistance ), lui tendit la main ajoutant: " Monsieur le Maire, je suis heureux de voir que nous nous quittons en amis" et M. Ravet de répondre: " Mon commandant, je vous salue en ennemi loyal" !

Au-delà de son rôle humanitaire, l’essentiel des activités du Maire pendant cette période sera consacré à la Résistance. Divers témoignages font état d’armes cachées dans la mairie, dans le gros coffre du bureau du maire, derrière son fauteuil. Or, un jour qu'un officier allemand était venu le voir à propos de rumeurs concernant la présence, à St-Laurent-du-Var, d'armes de guerre non autorisées, Louis Ravet lui répondit avec un aplomb que cette rumeur était sans fondement, car s'il y avait eu des armes à St-Laurent-du-Var, le Maire l'aurait su. Détail savoureux : en proférant cette affirmation catégorique, Louis Ravet, debout, s'appuyait du coude sur le coffre-fort arsenal. Utile précision: il était debout car il recevait ainsi tous ses visiteurs, ayant fait enlever de son bureau les deux sièges qui s 'y trouvaient en plus du sien, pour ne plus avoir à inviter des Allemands à s'asseoir. Si la décision fut prise de transporter ces armes ailleurs, sous la pro­tection d'une escorte, ce fut à cause d'une «dame» qui habitait Nice et travaillait ouvertement pour la police allemande. Elle était venue, à plusieurs reprises, voir le Maire qu’elle soupçonnait à juste titre de "trafic de cartes d'identité ". Elle n'en eut jamais la preuve et ne put le faire arrêter, elle lui avait promis "qu'elle l'aurait". Mais, par un extraordinaire coup du sort, elle fut parmi les victimes du bombardement du 26 mai, tuée dans un taxi alors qu’il roulait sur la RN7. Louis Ravet avait encore eu de la chance ! Comme s'il n'avait pas déjà suffisamment pris de risques, le Maire mit tout en œuvre pour soustraire les jeunes laurentins au STO, n 'hésitant pas, selon ses propres mots, à "transformer la mairie en officine de faux papiers".

Le dernier volet des activités de Louis Ravet est moins connu, parce qu'il les exerça à titre personnel. Pendant toute cette période, il s'évertua à mettre à l'abri des recherches de la police et de la Gestapo, plusieurs familles juives de St-Laurent-du- Var ou venues s'y réfugier. Après la guerre, cette activité portée à la connaissance des autorités israéliennes lui valut de recevoir, à Dimona dans le Néguev, un diplôme des mains du Président de l'Etat hébreu en même temps qu'était plantée une forêt de mimosas, qui porte son nom, en présence de hautes autorités et de l’Ambassadeur de France.

Encore moins connues, les dispositions prises par le Maire de St-Laurent-du-Var pour sauver la vie... de 2 Allemands. Il est vrai qu'il ne s'agissait pas de n'importe quels Allemands. Le premier avait épousé une amie de lycée de sa fille, après avoir combattu à Narvik du côté français, dans la légion étrangère. Bien sûr, sa vie fut en danger dès que ses compatriotes eurent envahi la zone sud. Louis Ravet lui fit établir les papiers nécessaires et, plus tard, en avril 1944, lui fit rejoindre le maquis de Savoie avec lequel il se battit jusqu'à la fin de la guerre.

Il était devenu urgent de l’éloigner de la région, car son arrestation imminente aurait mis en danger l’ensemble de la résistance locale. Toujours en vie, il n'a plus jamais quitté la France. En revanche, nous ignorons ce qu'il advint du 2ème Allemand, venu directement trouver Louis Ravet, pour lui raconter que de nationalité allemande mais né à Paris, il y avait toujours vécu et ne parlait même pas l'allemand. Incorporé de force dans la Wehrmacht, il avait réussi à déserter. Certes, le Maire avait dû se demander s'il n'avait pas à faire à un provocateur, mais, tout bien pesé, ancien de la légion étrangère lui-même et connaissant les hommes, il avait été convaincu de la bonne foi du jeune homme et avait accepté de l'aider.

Un jour qu'il revenait à pied des Vespins, le Maire rencontra Jean-Baptiste Palladio, qu'il connaissait bien et qui fit un bout de chemin avec lui. Plus loin, ils furent interpellés par une patrouille allemande qui, Maire ou pas, procéda à un contrôle de l'identité des deux hommes. Louis Ravet, pour sa part, sortit son portefeuille de la poche arrière de son pantalon. Les Allemands partis, il s'adressa à son compagnon  lui disant: "heureusement que nous étions en règle, hein, Jean-Baptiste, car s'ils nous avaient fouillés, regarde ce qu'ils auraient trouvé" et d'exhiber un revolver qui se trouvait dans la même poche ! Le plus extraordinaire, pourtant, se produisit la veille de la libération de St-Laurent-du-Var. Le 26 août, donc, les Allemands occupèrent la mairie qui, depuis le bombardement du 26 mai, se trouvait sur l'actuelle corniche Fahnestock.

Sans ménagement aucun, ils enfermèrent M. Ravet dans la cave. L'oreille aux aguets, croyant sa dernière heure venue, il entendit alors des bruits de caisse qu'on clouait. Puis, les bruits cessèrent et au bout d'un moment, le Maire réussit à sortir de sa prison.

Les Allemands avaient quitté les lieux, il était libre et, le lendemain, St-Laurent-du- Var fut libérée.

Le 27 août 1944 un half-track de l’armée canadienne pénétrait dans Saint Laurent précédé 4 français à vélo, deux d'entre eux portaient un fusil en bandoulière et un grand drapeau tricolore. Parmi ceux-ci Louis Ravet ! Les Allemands les mitraillent avant de déguerpir. Bilan deux morts : Gabriel Abonnel et Jean-Clément Ledieu. Louis Ravet en réchappa encore par miracle !

 

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 « Saint-Laurent-du-Var à travers l’Histoire » ou quand le présent rejoint  en images l'Histoire de Saint-Laurent-du-Var et sa fière devise: "DIGOU LI , QUÉ VENGOUN", (DIS LEUR QU'ILS VIENNENT), significative des « riches heures » de son passé.

Avant 1860, Saint-Laurent-du-Var était la première bourgade de France en Provence, carrefour historique avec le Comté de Nice. Ville construite entre mer et collines, elle s'étire face à Nice le long de la rive droite du Var, sur 7 kms.

Cité moderne, Saint-Laurent-du-Var n'en oublie pas pour autant ses racines qui font la fierté de ses habitants. Le témoignage le plus probant de cette pérennité du passé reste sans aucun doute le « Vieux-Village », avec ses rues pittoresques et son église romane datant du XI e siècle.

Lieu de transit et de passage commandant la traversée du Var, fleuve alpin particulière­ment capricieux, Saint-Laurent-du-Var a subi les aléas de cette situation géographique et stratégique singulière qui a profondément marqué son destin.

Les inondations, les invasions, les épidémies, les guerres ont rythmé au long des siècles les étapes successives de la formation de Saint-Laurent-du-Var.

Grâce à de nouveaux documents et à de nombreuses illustrations inédites, Edmond Rossi, auteur de « Saint Laurent, Porte de France » et de différents ouvrages sur le passé de la région, nous entraîne à la découverte de l’Histoire passionnante de Saint-Laurent-du-Var.

 

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06.11.2009

CONNAITRE EDMOND ROSSI

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Mieux connaître l'auteur EDMOND ROSSI

31.10.2009

ANTOINE CASTILLON: CARRIÈRE D'UN INSTITUTEUR (1819-1881) 10ème partie et Fin

LE VAR A SON EMBOUCHUTE AU XIXème SIÈCLE.jpg

L’EXPERIENCE PROFESSIONNELLE D'ANTOINE CASTILLON

Une existence volontairement effacée est remplie d'imprévus. La carrière professionnelle d'Antoine Castillon en est l'illustration. Elevé dans l'amour

du Roi légitime, il prête serment à la Constitution orléaniste, à la République et à l'Empire. Son statut professionnel connut deux phases. Son oncle avait enseigné sous un contrôle cantonal. Il connut personnellement la subordination à des autorités d'arrondissement, puis la tutelle départementale de l'Inspecteur d'Académie et du Conseil Départemental.

Il vit mettre en place un appareil administratif capable de le hisser de la situation de contractuel municipal à celle de fonctionnaire départemental. Il fut au nombre des premiers élèves sortis d'une Ecole normale d'instituteurs, dans un temps où l'opinion publique varoise se montrait réticente à leur égard.

Son enseignement s'adapta à toutes les influences. Dans le domaine pro­prement idéologique, il enseigna le catéchisme et célébra en fin de carrière, en 1878, le centenaire de la mort de Voltaire, puis de Rousseau. La MarseIllaise et le Chant du Départ, passés sous silence sous le Premier Empire, chants sédi­tieux de toutes les émeutes de 1815 à 1870, seront enseignés dans les écoles à sa mise à la retraite.

Les programmes de ses débuts axés sur la magie de la lecture de l'écriture, du calcul pratique, se compliquèrent de notions de sciences physiques et naturelles. Il fit sa place à l'heure de gymnastique dans la mesure où il lui fut possible de disposer d'un espace suffisant.

L'œuvre essentielle d’Antoine Castillon est d'avoir initié quarante promotions d’enfants à tous les respects. Respect du régime en place, des autorités constituées, des règles de la civilité.

L'engagement décennal qu'i1 a signé l'a exempté des hasards du tirage au sort et de la perspective d'un service militaire de 7 ans. L'instituteur communal d'alors manifeste à l'égard de l'Armée une déférence égale à celle qu'il témoigne envers la Religion, l'Administration et la Justice.

Son travail de pionnier fut de répandre l'usage de la langue française en concurrence avec le dialecte local, de propager le système métrique, de répan­dre quelques notions d'hygiène, quand, à partir de 1840, la sorcellerie thérapeutique fut considérée comme un délit  poursuivi devant les tribunaux.

A la fin de sa carrière, la laïcité fait l'objet de nombreux conflits.

Antoine Castillon passe de l'enseignement en milieu rural à l’enseignement en milieu urbain sous la surveillance de supérieurs et de chefs de famille tour à tour légitimistes, orléanistes, bonapartistes, républicains, allant de l'ultramontain à l'ultra radical. Il obéit à toutes les circulaires ministériel­les, remplit des états de plus en plus précis sur l'analphabétisme, la fréquentation et la rétribution scolaires. Il soupire sous tous les régimes devant l'indigence du matériel scolaire mis à sa disposition par des municipalités éco­nomes et pauvres. Soumises à la tutelle préfectorale dans l'établissement de leurs budgets, elles attendent beaucoup du département et de l'Etat en faveur de leurs écoles.

Il mesure maintes fois dans ses trois dimensions une salle de classe, souvent exiguë, dans une 'maison louée ou adaptée tant bien que mal à sa desti­nation. Elle est insuffisante à partir de 1860 quand se dessine un engouement populaire pour l'école primaire. Il grandit entre 1870 et 1880. Un cours pré­paratoire de jeunes enfants accueille couramment 70 élèves.

Limité dans ses moyens matériels, Antoine Castillon ne sera jamais démuni de ces directions spirituelles qu'autorise le romantisme des temps.

De l'adolescence à la retraite, il se vit rappeler par nombre de politiques et de penseurs, formés à une rhétorique persuasive, la portée de son métier, les responsabilités qu'elle implique, la modestie nécessaire à celui qui l'exerce.

De 1789 à 1881. le Roi, l'Empereur et la République s'accordent sur deux principes fondamentaux posés par Mgr Talleyrand Périgord, rapporteur de la loi du 3 octobre 1791. Tous ordonnent que l'instituteur "soit éclairé et vertueux"

Ce qu'il fut.

 

 

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Cité moderne, Saint-Laurent-du-Var n'en oublie pas pour autant ses racines qui font la fierté de ses habitants. Le témoignage le plus probant de cette pérennité du passé reste sans aucun doute le « Vieux-Village », avec ses rues pittoresques et son église romane datant du XI e siècle.

Lieu de transit et de passage commandant la traversée du Var, fleuve alpin particulière­ment capricieux, Saint-Laurent-du-Var a subi les aléas de cette situation géographique et stratégique singulière qui a profondément marqué son destin.

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Grâce à de nouveaux documents et à de nombreuses illustrations inédites, Edmond Rossi, auteur de « Saint Laurent, Porte de France » et de différents ouvrages sur le passé de la région, nous entraîne à la découverte de l’Histoire passionnante de Saint-Laurent-du-Var.

 

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24.10.2009

SAINT LAURENT DU VAR « UN PEU D’HISTOIRE », LES CHRONIQUES DE « NICE MATIN » ENFIN RÉUNIES ET PUBLIÉES

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« Un Peu d’Histoire » titre d’une chronique régulière évoque quelques moments du passé tumultueux de Saint Laurent, il fallait réunir et publier cet ensemble significatif de 70 articles illustrés égrenés au fil des mois dans la presse locale.

 

De l’Antiquité à nos jours ces relations permettent un survol varié propre à éclairer l’Histoire de la région bien au-delà de celle d’une simple bourgade provençale placée à l’embouchure du Var.

 

Ces épisodes illustrés rejoignent notre présent tout au long de l’Histoire de Saint-Laurent-du-Var affirmée par sa fière devise: "DIGOU LI, QUÉ VENGOUN", (DIS LEUR QU'ILS VIENNENT), spécifique des « riches heures » de sa mémoire.

 

Avant 1860, Saint-Laurent-du-Var était la première bourgade de France en Provence, carrefour historique avec le Comté de Nice.

Aujourd’hui ville construite entre mer et collines, elle s'étire face à Nice le long de la rive droite du Var, sur 7 kilomètres.

Cité moderne, Saint-Laurent-du-Var n'en oublie pas pour autant ses racines qui font la fierté de ses habitants. Le témoignage le plus probant de cette pérennité du passé reste sans aucun doute le « Vieux-Village », avec ses rues pittoresques et son église romane datant du XIe siècle.

 

Lieu de transit et de passage commandant la traversée du Var, fleuve alpin particulièrement capricieux, Saint-Laurent-du-Var a subi les aléas de cette situation géographique et stratégique singulière qui a profondément marqué son destin.

Les inondations, les invasions, les épidémies, les guerres ont rythmé au long des siècles les étapes successives de la formation de Saint-Laurent-du-Var.

 

Grâce à ces nouvelles chroniques, Edmond Rossi, auteur de « Saint Laurent, Porte de France » et de différents ouvrages sur le passé de la région, nous entraîne à la découverte de l’Histoire passionnante de Saint-Laurent-du-Var.

 

L’ouvrage édité par les célèbres "Editions Sutton", spécialiste national du régionalisme, sera en en vente mi novembre 2009 dans les librairies de la région et disponible sur catalogue dans la France entière, pour obtenir un exemplaire dédicacé appeler le 04 93 24 86 55.

21.10.2009

SAINT LAURENT DU VAR HISTOIRE

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« Saint-Laurent-du-Var à travers l’Histoire » ou quand le présent rejoint  en images l'Histoire de Saint-Laurent-du-Var et sa fière devise: "DIGOU LI, QUÉ VENGOUN", (DIS LEUR QU'ILS VIENNENT), significative des « riches heures » de son passé.

Avant 1860, Saint-Laurent-du-Var était la première bourgade de France en Provence, carrefour historique avec le Comté de Nice. Ville construite entre mer et collines, elle s'étire face à Nice le long de la rive droite du Var, sur 7 kms.

Cité moderne, Saint-Laurent-du-Var n'en oublie pas pour autant ses racines qui font la fierté de ses habitants. Le témoignage le plus probant de cette pérennité du passé reste sans aucun doute le « Vieux-Village », avec ses rues pittoresques et son église romane datant du XI e siècle.

Lieu de transit et de passage commandant la traversée du Var, fleuve alpin particulière­ment capricieux, Saint-Laurent-du-Var a subi les aléas de cette situation géographique et stratégique singulière qui a profondément marqué son destin.

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Voici : http://saintlaurentduvarhistoire.hautetfort.com

Un nouveau site est né,  pour remonter le temps à

Saint-Laurent-du-Var.

Le passé et la mémoire de ce carrefour géographique et historique des Alpes Maritimes sont enfin accessibles aux amateurs d’Histoire locale.

Régulièrement mis à jour, pour une découverte attrayante ce site

( tenu par Edmond ROSSI ) attend votre visite et vos appréciations.

A ajouter à vos favoris.

 

Pour ouvrir ce site cliquez sur l’adresse !

11.10.2009

SOUVENIRS DE LA GUERRE 1939-1945 (11) FIN

SAINT LAURENT DU VAR SOUS LES BOMBES (5).jpg

TEMOIGNAGE DE MONSIEUR GEORGES FOATA (ALIAS CAPITAINE MORGAN)

C'est avec Monsieur Georges FOATA que se termine cette série d'entretiens. Les divers témoignages, qui constituent cette pla­quette, nous avaient déjà permis d'apprendre, sous différents as­pects, ce que fut la vie à St-Laurent-du- Var pendant l'occupation. Mais en ce qui concerne la clandestinité et les combats du ma­quis, il était indispensable de rencontrer celui qui, de l'avis de tous, fait autorité.

Comme il n'apprécierait guère que nous parlions de figure em­blématique de la Résistance, disons plus simplement qu'il serait difficile de traiter le problème de la lutte contre l'occupant, tant à St-Laurent-du-Var que dans tout le département des Alpes-Mari­times, sans l'avoir consulté.

Nous lui avions donc demandé de nous recevoir et il a tout de suite accepté, n'ignorant pas que notre démarche s'inscrivait dans la préparation des cérémonies destinées à marquer le 50ème an­niversaire de la libération de St-Laurent, cérémonies dont il est d'ailleurs chargé, par son ami le Maire, Vice-Président du Con­seil Général, d'assurer l'organisation, en coordination avec les différents services municipaux intéressés et l'ensemble des Asso­ciations patriotiques.

M. FOATA était donc, doublement, l'homme à rencontrer. Un seul problème: il n'aime pas parler de lui et, encore moins, " raconter ses campagnes", suivant l'expression bien connue. Pour­tant, à un moment donné, il avait envisagé d'écrire l'histoire du Groupe Morgan... et puis le temps a passé...Cette histoire et ses souvenirs personnels ne manqueraient cependant pas d'intérêt, ne serait-ce que pour sa famille, dans la mesure où, plus tard, ses descendants disposeraient d'une référence et d'une source d'in­formations authentiques qui viendraient s'ajouter (bien que dans un tout autre registre) à l'arbre généalogique des COLONNA DELLA FOATA. Il existe, dressé par un de ses ancêtres, et plonge ses racines dans un passé vraiment très lointain.

M. FOATA nous a montré cette pièce rare, à manier avec précau­tion en raison de son ancienneté. Mais de cela non plus, il ne tire aucune vanité. Pour en venir à l'objet de votre visite, dit-il, le plus simple est de prendre connaissance de la documentation que je vais mettre à votre disposition. Vous me la rendrez après en avoir extrait ce qui vous intéresse. Ensuite, si vous avez des pré­cisions à demander, je répondrai à vos questions. Ainsi fut fait, de sorte que le texte qui suit est la synthèse des documents qui nous avaient été confiés et de nos deux entretiens. Nous n'avons cependant pas utilisé le "journal des marches et opérations" du Groupe MORGAN, constitué en unité militaire lors de la phase finale des combats de la libération, car il aurait alors fallu dépas­ser les limites convenues pour cette plaquette. Toutefois, il sera possible de voir cette pièce officielle, puisqu'elle sera exposée (parmi d'autres), carte à l'appui, dans le hall de l'hôtel de ville, le 27 août 94.

Signalons enfin que le témoignage de M. FOATA confirme la version des faits donnée par nos autres interlocuteurs, notamment en ce qui concerne l'ancien Maire, M. RAVET, au sujet de qui il a, en outre, tenu à nous faire, in fine, une déclaration formelle. C'est ainsi qu'il est tout à fait d'accord avec ce que nous a dit son ami de toujours et ancien Adjoint, M. Marcel CAGNOL, à pro­pos de la naissance du Groupe MORGAN, au début, il s'est agi de la réaction personnelle d'une bande de copains, tous à peu près du même âge, traumatisés par la défaite de 40. C'est presque in­sensiblement que l'idée de « résister » prit naissance bien que les tout premiers contacts aient été pris par Georges FOATA, à Mar­seille, dans les milieux de la Marine et de l'Ecole Nationale d'Hy­drographie, presque immédiatement après l'armistice. De même, aucun de ces jeunes gens un peu exaltés n'aurait pu dire, avec une certitude absolue, quand ils entendirent, pour la première fois, parler du Général de Gaulle et de son appel historique. M. FOATA, quant à lui, se rappelle que ce fut quelque part en mer, dans les jours ou les semaines qui suivirent le l8 juin 1940.

En tout cas, bien vite, il fut évident que l'occupant (avant même que la zone libre ne fût envahie, en novembre 1942) restait l'ennemi. D'autre part, les forces armées allemandes, réputées invincibles, avaient subi leurs premiers revers. Dès septembre 40, il y avait eu l'héroïque "Bataille d'Angleterre" et même, auparavant, fin août, le 1er raid de la RAF sur Berlin, alors que le Maréchal GOERING s'était vanté que jamais la chasse allemande (lui-même était un ancien pilote) ne permettrait un tel sacrilège. Un peu plus tard, en mars 1941, ce fut l'épopée de KOUFRA (même si le fameux serment du futur Maréchal Leclerc ne fut connu que bien plus tard) puis BIR-HAKEIM et les échecs de l'AFRIKA KORPS. Certes, ces informations n'arrivaient en France que partiellement et avec beaucoup de retard, car il n'était pas souvent possible de capter la radio de Londres correctement et, de plus, la propagande et la censure de Vichy et des Allemands tournaient à plein régime. Mais l'impact psychologique, peut-être autant que l'événement en soi, entretenait la motivation et un jour, comme s'il y avait eu un déclic, Georges FOATA et ses amis com­prirent que le moment était venu de traduire leurs intentions en actes.

" Nous avions appris, précise t-il, que, parallèlement au mouve­ment parti de Londres et avant que tous les organismes de la ré­sistance ne s'unifient sous l'égide du CNR(Conseil National de la Résistance) de Jean MOULIN, d'autres mouvements, issus d'associations regroupant essentiel­lement d'anciens prisonniers de guerre avaient commencé à s'or­ganiser". Pour le Sud-Est, la 1ère réunion des responsables ré­gionaux d'un de ces mouvements eut lieu le 15 août 42, au cours de laquelle la décision fut prise de participer activement à l'effort demandé par le Général de Gaulle.

Ce mouvement prit le nom de MNRPG (Mouvement National de Résistance des Prisonniers de Guerre) et étendit rapidement son influence de Marseille à la frontière italienne, tout en mettant l'en­semble de ses moyens, à la fin de 1943, à la disposition de l'ORA (Organisation de Résistance de l'Armée). Les modalités pratiques découlant de cette décision furent arrêtées en février 1944, lors d'une rencontre secrète réunissant le Chef Régional de l'ORA (le futur général LECUYER, alias SAPIN) et les responsables azu­réens du M.N.R.P.G.: M. MERLI (NIKLIMAROT dans la résis­tance) devenu député-maire d'Antibes et M. FOATA qui avait choisi de s'appeler MORGAN. Pourquoi ce nom ? " Parce que, nous dit Georges FOATA, MORGAN fut un flibustier de légende, élu Amiral par les boucaniers et qui, en récompense de ses exploits, fut nommé gouverneur de la Jamaïque. Pour moi, c'était avant tout un marin qui savait combattre aussi bien à terre que sur mer"

Très rapidement, le Groupe MORGAN (dont la dénomination officielle devint, par la suite, " COMBAT MNRPGD, maquis MORGAN". le D ajouté au MNRPG d'origine signifiant: et des " Déportés ") qui comprenait aussi quelques alsaciens insoumis et ressortissants étrangers se vit con­fier toutes sortes de missions périlleuses dans plusieurs villes des Alpes-Maritimes, dont Nice et St-Laurent-du- Var. Mais les réac­tions de l'ennemi ne se firent pas attendre et à plusieurs reprises, une fois identifiés, Georges FOATA et son adjoint, Marcel CAGNOL, recherchés par toutes les polices de Vichy et alleman­des en tant que "terroristes dangereux et armés", échappèrent de justesse à leurs pièges. A ce propos, M. FOATA se souvient de ce qu'il doit à ceux qui (au péril de leur vie, car la répression était féroce) les aidèrent, M. MERLI, Marcel CAGNOL et lui-même, à ne pas tomber dans ces pièges et, une fois au maquis, ravitaillè­rent le Groupe MORGAN tout en contribuant à assurer la sécu­rité de ses déplacements.

D'abord, son propre père qui réussit à les intercepter en gare de Cannes, M. MERLI et lui-même, alors que, revenant de Paris où ils avaient eu des contacts au plus haut niveau, ils étaient atten­dus par la police en gare de Nice, ce dont M. FOATA père avait pu être prévenu. Ensuite, M. COLONNA, facteur-receveur corse de Gattières, dont nous a aussi parlé M. CAGNOL et qui se char­gea, plusieurs fois, de dissimuler et de transporter des armes, ou encore M. Pierre JABOULET, devenu Maire de Carros, qui main­tint une liaison permanente avec le maquis et le ravitailla lors­qu'il fut dans le Cheiron, tout comme le fit Louis PEREZ, le frère de M. Marcel PEREZ.

Pourtant, sur dénonciation d'un traître, Georges FOATA et plu­sieurs de ses amis devaient tomber dans une embuscade, à Gattières, le 6 juin 44 (dans les circonstances rapportées par Mme DEGL 'INNOCENTI ).

Plus tard, en août 1944, alors que les combats faisaient rage et que plusieurs mouvements opéraient aux côtés du Groupe MOR­GAN, la nécessité de l'unité du commandement s'imposa et le Chef désigné pour cette tâche délicate fut Georges FOATA. Là encore, lors de l'exposition du 27 août 94, on pourra consulter le calendrier des actions qu'il conduisit dans tout le département. Il n'est donc pas étonnant qu'après la guerre le Groupe MORGAN fût reconnu "unité combattante" par décision officielle du Minis­tre des armées.

A l'issue de notre 2ème entretien, M. FOATA a tenu à faire la déclaration suivante que nous citons in extenso :

" Je veux rendre un éclatant hommage à M. RAVET, Maire de St-­Laurent-du-Var à l'époque, ainsi qu'à son équipe, qui nous a per­mis, de nombreuses fois, d'utiliser la ville comme PC départe­mental pour des réunions au sommet.

En plus de différentes actions ponctuelles, il avait créé à la mai­rie, avec l'aide de la Secrétaire, par la suite jusqu'en 1980 Se­crétaire-Générale et, aussi, d'un jeune stagiaire devenu Maire, une officine de fausses cartes d'identité au ser­vice de la Résistance.

Louis RAVET était profondément français et était mon ami. Bé­néficiant également de l'aide de SANTONI, garde-champêtre, du chef de la gendarmerie, René MAURE et de l'abbé DECAROLI, il avait fait de St-Laurent-du-Var un lieu sûr, offrant toutes les garanties de sécurité voulues.

Beaucoup de noms ont déjà été cités dans les autres témoignages. Je tiens à mentionner deux laurentins aujourd'hui disparus :

- Ernest FRATTINI

- Vando DEGL'INNOCENTI

qui comptèrent tous deux parmi mes fidèles lieutenants. Et je ter­minerai par le premier mort de cette période du 6 juin au 31 août

- Joseph BUTTELI mort au combat, à Gattières, le 6 juin 1944 et par le dernier :

- Marius PISANO mort au combat le 31 août 1944 à Turini. Une rue de St-Laurent-du- Var, porte aujourd'hui son nom.

CONCLUSION

La lecture de tous ces témoignages est réconfortante. Elle prouve que dans la terrible période de malheur que la France a subie, les laurentins, comme la plupart des Français, ont, dans leur très grande majorité, réagi avec cœur, patriotisme et solidarité.

Certains, dans la clandestinité, ont repris les armes contre l'occupant, d'autres ont résisté en prenant des risques dans leur vie quotidienne, d'autres encore se sont dévoués au ser­vice des plus démunis, d'autres, enfin, se sont concentrés sur la survie de leurs proches. Très peu ont collaboré avec l'ennemi.

Quelle belle leçon pour la jeunesse, apparemment accapa­rée par la recherche des plaisirs, marquée par l'individua­lisme ambiant et, peut-être, trop tentée par les facilités de la vie moderne!

Puisse ce rappel des années noires de l'occupation nous aider à puiser dans l'héritage spirituel que nous ont légué ceux qui se battirent et, pour certains, moururent pour que vive la France, la volonté d'offrir à nos enfants et petits-enfants un XXIème siècle à la mesure des vœux de bonheur dans la paix et la prospérité, mais aussi dans le courage et l'hon­neur, que le Souvenir Français de St-Laurent-du-Var forme pour eux en ce 27 août 1994, car :" Quiconque ne se souvient pas de son passé est condamné à le revivre " (inscription dans le camp de Dachau)

 

Connaître le passé de Saint Laurent du Var grâce à « Saint Laurent du Var à travers l’Histoire » (Alandis-éditions Cannes), pour commander cet ouvrage illustré et dédicacé de 17 € : téléphoner au 04 93 24 86 55

 « Saint-Laurent-du-Var à travers l’Histoire » ou quand le présent rejoint  en images l'Histoire de Saint-Laurent-du-Var et sa fière devise: "DIGOU LI , QUÉ VENGOUN", (DIS LEUR QU'ILS VIENNENT), significative des « riches heures » de son passé.

Avant 1860, Saint-Laurent-du-Var était la première bourgade de France en Provence, carrefour historique avec le Comté de Nice. Ville construite entre mer et collines, elle s'étire face à Nice le long de la rive droite du Var, sur 7 kms.

Cité moderne, Saint-Laurent-du-Var n'en oublie pas pour autant ses racines qui font la fierté de ses habitants. Le témoignage le plus probant de cette pérennité du passé reste sans aucun doute le « Vieux-Village », avec ses rues pittoresques et son église romane datant du XI e siècle.

Lieu de transit et de passage commandant la traversée du Var, fleuve alpin particulière­ment capricieux, Saint-Laurent-du-Var a subi les aléas de cette situation géographique et stratégique singulière qui a profondément marqué son destin.

Les inondations, les invasions, les épidémies, les guerres ont rythmé au long des siècles les étapes successives de la formation de Saint-Laurent-du-Var.

Grâce à de nouveaux documents et à de nombreuses illustrations inédites, Edmond Rossi, auteur de « Saint Laurent, Porte de France » et de différents ouvrages sur le passé de la région, nous entraîne à la découverte de l’Histoire passionnante de Saint-Laurent-du-Var.

 

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21.09.2009

ANTOINE CASTILLON: CARRIÈRE D'UN INSTITUTEUR (1819-1881) 9ème partie

LE PONT DU VAR C. ROASSAL.jpg

Désormais, durant onze ans, il poursuit une carrière mentonnaise stable à la tête d'une école à six divisions où sont rassemblés 300 élèves. Il reçoit les palmes académiques en novembre 1867.

Il y applique les réformes de Victor DURUY en faveur d’une meilleure adaptation de l'école primaire aux conditions économiques nouvelles. Les propriétaires de biens fonciers souhaitent alors que l’instituteur soit un moniteur de l'agronomie.

Il vit à Menton les épisodes de la courte guerre de 1870, la stupeur de la défaite, l'opposition générale à la Commune de Paris, le ralliement de l'opinion à Thiers, sa méfiance envers Gambetta. Seule une République conserva­trice est capable de ranimer la tradition de l'hivernage cosmopolite sur l'axe ferroviaire du P.L.M. L'arrêt de la vie de saison aura duré un seul hiver.

Dès 1872, est réalisée la jonction du réseau français avec le réseau italien à Vintimille. Venus par Gênes, Scandinaves et Allemands reprennent la tradition de l'hivernage mentonnais., Désormais, les hommes nés à l'âge du mulet et de la diligence sont les usagers du chemin de fer, de ses horaires stricts.

Postérieurement à la guerre, l'opinion générale découvre la valeur d'un enseignement public généralisé, on n'en demeure pas moins fidèle aux dispo­sitions de la loi Falloux de 1850. Elle accorde aux municipalités de choisir entre un personnel communal congréganiste ou bien un personnel laïc. Les villes du département des A-M résolvent le dilemme en entretenant deux écoles communa­les, l'une congréganiste, l'autre laïque. Il n'empêche que les dix dernières années de la carrière d'Antoine Castillon sont compliquées par la lutte des municipalités urbaines sur le sujet devenu passionnel.

Spiritualistes et scientistes se livrent une guerre opiniâtre à chaque élection municipale. Le Préfet des Alpes-Maritimes et l'Inspecteur d'Académie agissent avec prudence devant les effervescences locales. L'Inspection académi­que adopte une classification devenue nécessaire en postes communaux déshérités, avantageux et difficiles.

En 1873, l'augmentation du traitement des instituteurs invite les muni­cipalités à se montrer économes. La municipalité mentonaise décide de subordon­ner la direction de l'école primaire communale à l'autorité du Principal du

Collège  municipal car la loi l'y autorise. Des froissements entre les deux hommes conduisent Castillon à solliciter un changement de poste. Son cas est embarrassant, aucun emploi équivalant n'est disponible dans le département.

La difficulté est résolue par un compromis. Un congé de disponibilité lui est accordé. De 1873 à 1876, Castillon revient aux solutions de ses début sous Louis-Philippe où l'on passait aisément de l'enseignement communal à l'ensei­gnement privé. Il ouvre une école libre à Menton. Désireuse d'éviter à ses enfants la promiscuité et le surpeuplement de l'école communale, demeurée l'école des pauvres admis à la gratuité, la petite et moyenne bourgeoisie sont disposés à des sacrifices d'argent et envoient leurs enfants dans les écoles libres de bonne réputation.

Toutefois, un instituteur de la qualité de Castillon n'est pas oublié par son administration. Le Directeur de l'école municipale de la place St Fran­çois, à Nice, est promu inspecteur de l'enseignement primaire à Castellane. Le poste est suffisamment en vue pour être l'objet d'une attention particulière.

 

L'Inspecteur d'Académie en exercice invite Castillon à réintégrer l'enseignement public à Nice. Il a derrière lui 30 ans d'exercice. Titulaire du degré supérieur du brevet d'aptitude à l'enseignement primaire, il dispose à 57 ans de la vigueur et de l'entrain nécessaires à la direction d'une école communale importante de la ville.

Le maire, Auguste Raynaud, est d'un avis différent. Il pratique une sourcilleuse politique de particularisme local. Elle lui fait préférer.un autre candidat, Audoli, un jeune homme du pays, titulaire lui aussi du brevet de degré supérieur. Maître adjoint à l'école St-François, il a donné toute satis­faction à la mairie au cours de l'intérim de la direction dont il fut chargé.

Le Préfet sanctionne la proposition de l'Inspecteur d'Académie. Antoine Castillon sera directeur de l'école municipale. Il bénéficie, comme par le passé de la confiance académique. La Médaille d'Argent lui est attribuée. Il sera offi­cier de l'instruction publique en 1881. Il a obtenu tous les honneurs décernés à un instituteur émérite depuis la cérémonie solennelle d'institution de mai 1840 à St Laurent du Var.

 

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Avant 1860, Saint-Laurent-du-Var était la première bourgade de France en Provence, carrefour historique avec le Comté de Nice. Ville construite entre mer et collines, elle s'étire face à Nice le long de la rive droite du Var, sur 7 kms.

Cité moderne, Saint-Laurent-du-Var n'en oublie pas pour autant ses racines qui font la fierté de ses habitants. Le témoignage le plus probant de cette pérennité du passé reste sans aucun doute le « Vieux-Village », avec ses rues pittoresques et son église romane datant du XI e siècle.

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11.09.2009

SOUVENIRS DE LA GUERRE 1939-1945 (10)

SAINT LAURENT DU VAR SOUS LES BOMBES (8).jpg
TÉMOIGNAGE DE MONSIEUR ET MADAME MARIUS DANIEL

Monsieur Marius DANIEL est né dans le vieux village et Ma­dame DANIEL, née Louisette GHETTI, arriva à St-Laurent à l'âge de 4 ans; puis ses parents s'installèrent à la Baronne. Ils se marièrent en 1943 à Ste-Petronille et viennent donc de fêter leurs noces d'or.

Après son mariage, Monsieur DANIEL continua d'exercer à mi-temps son métier de coiffeur tout en consacrant le reste à aider ses beaux-parents à cultiver trois hectares, partie en produits ma­raîchers, partie en pré et arbres fruitiers. Ce pré permettait d'en­tretenir 1 ou 2 vaches dont le lait, denrée devenue précieuse du fait des restrictions, assurait pour une part le ravitaillement fami­lial en beurre et fromage et, pour le surplus, servait de monnaie d'échange contre d'autres produits rares ou était vendu au mar­ché de Nice, le long du Paillon. Donc, les produits de la campa­gne atténuaient la rigueur des restrictions mais, naturellement, l'occupation n'entraînait pas que des problèmes de subsistance et de réglementation (car il valait mieux ne pas avoir affaire aux agents du contrôle économique). Par exemple, pour se protéger des bombardements aériens, un abri avait été creusé en forme de tunnel à environ 200 m de la maison des GHETTI, sous un petit monticule, dans la propriété d'un voisin, M. PANCINI :

" Quand L'alerte sonnait, on courait s'y réfugier et on se retrou­vait à plusieurs familles, environ une douzaine de personnes dont 1 bébé, un petit garçon et notre nièce âgée de 5 ans. Quelquefois, quand on croyait qu'on n'aurait pas le temps d'aller jusqu'au «tunnel», on se réfugiait chez M. FABIO, un autre voisin dont la propriété était en face de notre maison, de l'autre côté de la route. Ce Monsieur avait construit un abri sous une large dalle circu­laire dissimulée par une tonnelle de glycine. Mais le plus sou­vent, on allait jusqu'au «tunnel» et nous y avons passé plus d'une nuit. L'intérieur en avait été plus ou moins aménagé, il y avait de la paille et des bougies ou une lampe à pétrole, qui servait quand on avait du pétrole, mais le confort laissait vraiment à désirer ".

D'autres souvenirs affluent, qui ne sont pas aussi folkloriques.

Tantôt l'une tantôt l'autre, les DANIEL se rappellent : «dans les derniers temps de l'occupation, des unités allemandes qui se re­pliaient vers l'Est passèrent une journée entière à la campagne . A la nuit tombante, ils partirent, mais le lendemain, d'autres arrivèrent également pour la journée.

"Les premiers avaient coupé les branchages des arbres pour ca­moufler leur matériel et pendant tout ce temps - c'est Madame DANIEL qui parle - "réfugiée dans le "tunnel" avec les autres, je me demandais si les allemands n'allaient pas tous nous tuer avant de partir définitivement". "Un autre jour, reprend son mari, peu de temps avant la libération, des jeunes FFI sont venus, très tôt le matin, nous prévenir que les allemands emmenaient avec eux tous les hommes qu'ils trouvaient sur leur passage et qu'il fallait se cacher" ; ce que firent Monsieur DANIEL et ses voisins. Ils échappèrent donc à la rafle.

"La dernière nuit, les allemands ont incendié le pont des Pugets. Il était en bois et ils avaient dû l'asperger d'essence car tout a flambé d'un seul coup. Vu de la chapelle, on aurait dit un feu d'artifice !".

Dernière évocation : le jour même de la libération de St-Laurent­-du-Var, donc le 27 août 1944, alors que les autres étaient encore dans le "tunnel", Monsieur DANIEL était allé cueillir des figues dans un arbre qui avait été épargné et qui surplombait la 209, au pied des quelques marches conduisant à la maison. A ce mo­ment, arrive un groupe de jeunes laurentins appartenant aux FFI locales. Monsieur DANIEL se rappelle : "certains étaient à pied, d'autres avaient un vélo ou avaient pris place à bord d'une vieille camionnette. Quelques-uns étaient armés d'un revolver ou d'un fusil. Ils ne se sont pas arrêtés, mais me voyant dans le figuier, ils m'ont crié que St-Laurent était libérée et que les Canadiens les suivaient. C'était vrai et les premiers sont arrivés quelque temps après". Pourtant, Madame DANIEL ne fut pleinement rassurée

Evidemment, Madame DANIEL ne pouvait pas le savoir mais c'est exactement ce que les Allemands tentèrent, avec quelque succès, quelques mois plus tard et sur une bien plus grande échelle, dans les Ardennes belges.

qu'après avoir constaté qu'il s'agissait bien de soldats alliés et non d'une arrière-garde allemande "déguisée" pour tromper la population.

Poursuivant leur route, les FFI se heurtèrent, environ 1 km au delà de la propriété, à un groupe de 12 hommes composé d'un sous-officier allemand et de 11 soldats d'origine polonaise. Le gradé n'était pas disposé à se rendre mais quand il donna l'ordre de tirer sur les français et alors qu'il s'apprêtait à le faire lui-même, ses hommes l'abattirent avant de se rendre aux FFI. Ces derniers, les conduisirent dans la cour des GHETTI où leurs ar­mes furent déposées, en attendant que les premiers éléments al­liés arrivent et prennent le contrôle de la situation. Il fallut en­suite enterrer l'allemand et comme personne ne voulut que ce fût dans sa propriété, on finit par lui donner une sépulture au bord du Var, en contrebas de la 209, dans une tranchée bordée de ro­seaux que les allemands avaient creusée quelque temps aupara­vant sans jamais l'utiliser. Ce qui rend ce souvenir encore plus poignant, c'est que bien des années plus tard, des civils allemands qui étaient venus, avec l'accord des Autorités Françaises, pour exhumer le corps, repartirent sans en avoir trouvé la moindre trace. Personne n'a jamais su ce que sont devenus les restes du malheu­reux. Cinquante ans après cet événement, Monsieur et Madame DANIEL le regrettent sincèrement. Mais c'était la guerre et rien, ce jour-là, n'aurait pu les empêcher de participer à la liesse géné­rale.

 

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26.08.2009

SAINT LAURENT DU VAR DANS LA TOURMENTE DE 1944

SAINT LAURENT DU VAR SOUS LES BOMBES.jpg
 

Les ponts du Var furent attaqués dès 1943 par l'aviation alliée en dépit du système de protection de la D.C.A. allemande, installée sur les collines de Montaleigne et de Caucade. Une première attaque sans résultat eut lieu le 17 novembre 1943 à 6 heures du matin, puis une autre le 18 décembre. Le pont routier accolé à celui du chemin de fer fut entièrement détruit, les culées du pont sautèrent. Une troisième attaque interrompit le trafic le 2 janvier 1944. Une passerelle en bois fut construite, pour les piétons et cyclistes, en face du village et un pont en bois, destiné aux véhicules automobiles plus en amont au quartier des Baraques. Le 26 mai, une violente attaque aérienne détruisit partiellement un train arrêté en gare de Saint Laurent, causant de nombreuses victimes. Deux nouveaux bombardements eurent lieu les 4 et 7 juin, endommageant sérieusement le pont du chemin de fer. Pendant 10 jours le trafic fut interrompu. Nouvelle attaque le 12 juillet, puis à la veille du débarquement en Provence d'août 1944, des raids successifs furent entrepris par l'aviation alliée pour anéantir les voies de communications adverses, faisant de nombreuses victimes, notamment celui du 6 août.

C'est un total de 23 bombardements que dut subir la petite cité, lesquels détruisirent 103 maisons et en endommagèrent partiellement 782, faisant 70 morts et 23 blessés.

Sinistrée à 40%, Saint-Laurent fut libérée le 27 août 1944 par une colonne motorisée de l'armée canadienne. Sa population avait été évacuée à cause des pilonnages aériens, dans la commune voisine de Cagnes.

La lutte de la résistance fut active. Elle eut pour conséquence l'arrestation et la déportation de 8 laurentins. Signalons que 16 domiciliés à Saint-Laurent ont comparu à la Libération devant une cour de justice ou une chambre civique pour faits de collaboration avec l'occupant nazi.

Avec la Libération, le pont de chemin de fer et le pont routier furent remis en état dans les mois qui suivirent.

Le 10 janvier 1945, moins de cinq mois après le départ des troupes nazies, le premier train de voyageurs franchissait le pont.

Les souffrances endurées par la petite cité et ses habitants ont, d'ailleurs, été reconnues par une citation à l'ordre du régiment délivrée le 11 novembre 1948.

Cette citation comporte l'attribution de la Croix de Guerre avec Etoile de Bronze.

 

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31.07.2009

FÊTE DES GUEYEURS

FETE DES GUEYEURS 2009.jpg

LES GUEYEURS, UNE TRADITION HISTORIQUE ORIGINALE

 

A l’origine Saint Laurent du Var fut bâti au bord du Var pour en assurer la traversée.

Rappelons que déjà en 1005 l’abbé de Saint Véran reçut une habitation dans un hameau dénommé Varum, sur la rive droite du fleuve, où Saint Laurent s’est installé par la suite.

Au XIIè siècle un ermite se rendait chaque année sur les bords du Var avec deux chevaux pour faire passer les pèlerins se rendant à l’abbaye de Lérins.

La création d’un hospice confié à des religieux va poursuivre cette coutume pendant les siècles suivants jusqu’au XVè siècle. « La barque de l’hospice » assurait alors le passage d’une rive à l’autre du Var.

Lorsque Saint Laurent est repeuplé en 1468 par son seigneur l’évêque de Vence, Raphaël Monso, désireux de garantir la sécurité du gué, obligation est faite aux nouveaux venus, de tenir une barque sur le Var pour en assurer le passage. Ces premiers gueyeurs laïques, dénommés « Riveraschi », vont s’organiser en corporation et  maintenir leur activité jusqu’au XIXè siècle.

Les gueyeurs disparaîtrons lorsqu’un pont traversera enfin le fleuve de manière définitive en 1864. Ils avaient été durant plus de huit siècles les maîtres du fleuve.

Laissons Smolett les décrire: «Au village de Saint-Laurent, il y a une équipe de passeurs toujours prêts à guider les voyageurs dans le passage de la rivière. Six de ces hommes, les pantalons retroussés jusqu'à la ceinture, avec de longues perches en main, prirent soin de notre voiture et, par mille détours, nous conduisirent sains et saufs à l'autre bord.»

 Et Papon, dans son «Voyage en Provence», de préciser : «... si l'on ne passe (le Var) ni en voiture, ni à cheval, on s'assied sur l'épaule de deux hommes qui se tiennent l'un contre l'autre».

Aujourd’hui le souvenir des gueyeurs se perpétue dans le Vieux Village par une modeste rue portant leur nom, elle relie la place de la Fontaine à la rue des Remparts.

Récemment, en 2000, un rond point au carrefour des rues du 11 novembre, du Point du Jour et de l’Ancien Pont s’est vu paré d’une sculpture représentant une voyageuse à califourchon sur le dos d’un de ces porte-faix, acteurs glorieux de l’Histoire de la cité.

Saint Laurent du Var possède, grâce aux gueyeurs, un patrimoine original, unique en France.

Ces données historiques fondées sur la tradition locale ne peuvent négliger le plus illustre des gueyeurs, leur patron  Saint Christophe, dont la fête est célébrée en août grâce au « Comité de sauvegarde du vieux village de Saint Laurent du Var. »

Pour la quatrième année le 8 août, ce même Comité vous invite à participer aux diverses festivités qu'il organise à la gloire des célèbres gueyeurs.  

 

Edmond ROSSI

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