30.11.2009
HISTOIRE DE SAINT LAURENT DU VAR

« Saint-Laurent-du-Var à travers l’Histoire » ou quand le présent rejoint en images l'Histoire de Saint-Laurent-du-Var et sa fière devise: "DIGOU LI, QUÉ VENGOUN", (DIS LEUR QU'ILS VIENNENT), significative des « riches heures » de son passé.
Avant 1860, Saint-Laurent-du-Var était la première bourgade de France en Provence, carrefour historique avec le Comté de Nice. Ville construite entre mer et collines, elle s'étire face à Nice le long de la rive droite du Var, sur 7 kms.
Cité moderne, Saint-Laurent-du-Var n'en oublie pas pour autant ses racines qui font la fierté de ses habitants. Le témoignage le plus probant de cette pérennité du passé reste sans aucun doute le « Vieux-Village », avec ses rues pittoresques et son église romane datant du XI e siècle.
Lieu de transit et de passage commandant la traversée du Var, fleuve alpin particulièrement capricieux, Saint-Laurent-du-Var a subi les aléas de cette situation géographique et stratégique singulière qui a profondément marqué son destin.
Les inondations, les invasions, les épidémies, les guerres ont rythmé au long des siècles les étapes successives de la formation de Saint-Laurent-du-Var.
Grâce à de nouveaux documents et à de nombreuses illustrations inédites, Edmond Rossi, auteur de « Saint Laurent, Porte de France » et de différents ouvrages sur le passé de la région, nous entraîne à la découverte de l’Histoire passionnante de Saint-Laurent-du-Var.
Voici : http://saintlaurentduvarhistoire.hautetfort.com
Un nouveau site est né, pour remonter le temps à
Saint-Laurent-du-Var.
Le passé et la mémoire de ce carrefour géographique et historique des Alpes Maritimes sont enfin accessibles aux amateurs d’Histoire locale.
Régulièrement mis à jour, pour une découverte attrayante ce site
( tenu par Edmond ROSSI ) attend votre visite et vos appréciations.
A ajouter à vos favoris et à faire connaître autour de vous.
Pour ouvrir ce site cliquez sur l’adresse !
Voici quelques personnalités liées à la commune de Saint Laurent du Var
Le grand artiste André Franquin, créateur de Gaston Lagaffe, du Marsupilami, de Modeste et Pompon et dessinateur de Spirou et Fantasio (entre 1946 et 1966), est décédé sur le territoire de la commune, d'un infarctus, le 5 janvier 1997. Il avait 73 ans.
L'humoriste Eric Collado.
Le géneral russe Nikolaï Nikolaïevitch Ioudenitch, héros de la première guerre mondiale, ayant combattu dans les armées blanches contre les communistes.
Jumelages
Saint-Laurent-du-Var est jumelée avec les villes suivantes :
Il existe 95 Saint Laurent en France dont un en Guyane.
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27.11.2009
DIMANCHE 5 DECEMBRE 1982 : LES ANCIENS ELEVES DE L’ECOLE PRIMAIRE ONT FETE JOYEUSEMENT LEURS CINQUANTE ANS

DIMANCHE 5 DECEMBRE 1982 : LES ANCIENS ELEVES DE L’ECOLE PRIMAIRE ONT FETE JOYEUSEMENT LEURS CINQUANTE ANS
Dernièrement, les natifs de 1932 ayant fréquenté une école primaire de la commune se sont réunis pour célébrer, leurs... cinquante ans!
L’événement a débuté par un apéritif d'honneur servi sous le préau de l'école du Centre, où, Mme Casolari et M. Auvaro, enseignants de la belle époque, furent accueillis par leurs anciens élèves.
Le comité du Vieux Village célébrera l'anniversaire par une aubade interprétée par la chorale.
MM Mimi Cerrino et Villardry avaient composé, quant à eux, un compliment pour la circonstance à la grande joie de chacun.
M, Hardouin félicita l'assistance et rappela dans un bref exposé les circonstances qui avaient occasionné cette aimable réunion. Il remercia les organisateurs de cette heureuse initiative, qui fera date dans les annales de la commune, à savoir: E. Balducci, B. Cerrino, R. Occeli, D. Orsatti et D. Rossi.
Angèle Chiotti, dont c'était l'anniversaire ce jour-là, récita un petit poème de sa composition fort apprécié de l'assistance.
Enfin, Me Marc Moschetti, maire et conseiller général des Alpes-Maritimes, dit combien il était sensible à cette rencontre des anciens élèves, avant de remercier les enseignants, et en particulier M. Pellegrin, qui accueillait si gentiment, dans ses. murs, la promotion exceptionnelle de 1932.
Un banquet clôtura dans une chaude ambiance cette mémorable journée.
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19.11.2009
LA FETE DES GUEYEURS DE SAINT LAURENT DU VAR, UN PROJET RÉALISÉ

POURQUOI UNE FÊTE DES GUEYEURS
À SAINT LAURENT DU VAR ?
L’idée d’une fête des gueyeurs à Saint Laurent du Var a le mérite d’être ancrée dans une tradition historique remontant à l’origine de la cité, bâtie au bord du Var pour en assurer la traversée.
Rappelons que déjà en 1005 l’abbé de Saint Véran reçut une habitation dans un hameau dénommé Varum, sur la rive droite du fleuve, où Saint Laurent s’est installé par la suite. Au XIIè siècle un ermite se rendait chaque année sur les bords du Var avec deux chevaux pour faire passer les pèlerins se rendant à l’abbaye de Lérins.
La création d’un hospice confié à des religieux va poursuivre cette coutume pendant les siècles suivants jusqu’au XV ème siècle. « La barque de l’hospice » assurait alors le passage d’une rive à l’autre du Var.
Lorsque Saint Laurent fut repeuplé en 1468 après la peste par son seigneur l’évêque de Vence Raphaël Monso désireux de garantir la sécurité du gué, obligation fut faite aux nouveaux venus, de tenir une barque sur le Var pour en assurer le passage. Ces premiers gueyeurs laïques, dénommés « Riveraschi », vont s’organiser en corporation et maintenir leur activité jusqu’au XIXè siècle.
Les gueyeurs disparaîtrons lorsqu’un pont traversera enfin le fleuve de manière définitive en 1864.
Les gueyeurs ont donc marqué le passé laurentin durant plus de huit siècles.
Aujourd’hui leur souvenir se perpétue dans le Vieux Village par une modeste rue portant leur nom, elle relie la place de la Fontaine à la rue des Remparts.
Récemment, en 2000, un rond point au carrefour des rues du 11 novembre, du Point du Jour et de l’Ancien Pont s’est vu paré d’une sculpture représentant une voyageuse à califourchon sur le dos de l’un de ces porte-faix, acteurs glorieux de l’Histoire de la cité.
Faire revivre ces personnages d’un autre âge permet de remémorer une époque riche d’anecdotes rapportées par des voyageurs célèbres confrontés à la périlleuse traversée du Var.
Saint Laurent du Var possède, grâce aux gueyeurs, un patrimoine original, unique en France, qui ne demandait qu’à renaître.
Ces données historiques fondées sur la tradition locale se combinent au culte du plus illustre des gueyeurs, leur patron : Saint Christophe.
A partir de ces données, un projet est établi en 2004 par l’historien Edmond Rossi pour organiser une fête des gueyeurs à Saint Laurent du Var, haut lieu des prouesses de ces vénérables ancêtres, assujettis au passage du fleuve.
Deux parties seront proposées, une profane propre aux gueyeurs, la seconde religieuse destinée au culte de Christophe, leur saint patron.
La date du 21 août correspondant à la saint Christophe, se situe au cœur de la saison touristique à l’époque des principales fêtes patronales dont celle de la Saint Laurent.
La Municipalité devait être le maître d’œuvre des festivités soutenue par la participation active des associations, pouvant apporter leur concours dans leurs domaines respectifs. Le Programme envisagé devait débuter par une « messe des gueyeurs » célébrée à 10 heures, suivie à 11 heures par la « course mixte des gueyeurs », où les apprentis gueyeurs masculins portaient sur leurs épaules une partenaire féminine. Trois équipes d’âges différents, minimes, juniors et seniors devaient s’affronter sur un trajet à définir, soit de la rue des gueyeurs au rond point du Gueyeur, soit le long des berges du Var, devant la Mairie. Une remise de coupes récompenserait les vainqueurs, suivie d’un apéritif d’honneur au Parc François Layet.
Le « Banquet des gueyeurs » prévu ensuite sur la place de la Fontaine, au cœur du Vieux Village, avec un menu privilégiant des produits de la pêche, conformes à la vocation aquatique et fluviale des gueyeurs, truite, soupe de poisson.
L’après midi à 16 heures, avec l’accord des autorités diocésaines, une « bénédiction des véhicules à moteurs » pouvait être organisée sur l’Esplanade du Levant, rappelant le rôle protecteur de saint Christophe, avec distribution de médailles du saint, gravées : « Regarde Saint Christophe et va rassuré ». Cette partie religieuse, tout comme les actuelles messes propres à bénir les animaux familiers, devrait très vite connaître un succès départemental.
Enfin, à 21 heures « Spectacle son et lumière, Saint Laurent à travers l’Histoire du gué », place Adrien Castillon face à l’Eglise et au porche de l’antique hospice.
Là serait évoqué les grands moments de l’histoire laurentine.
Edmond Rossi présente son projet en Mairie, laquelle l’incite à s’adresser au « Comité de Sauvegarde du Vieux Village ». L’idée est adoptée par cette association qui organise la première Fête des Gueyeurs le samedi 26 août 2006.
Depuis quatre ans cette fête est célébrée en août avec enthousiasme par les Laurentins, souhaitons longue vie à cette heureuse initiative qui a le mérite de puiser ses sources dans la riche histoire de ce bourg provençal des bords du Var.
17:37 Publié dans MEMOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire
17.11.2009
LE COMITÉ FNACA DE SAINT LAURENT DU VAR

Bref historique du Comité FNACA de
Saint Laurent du Var,
le premier créé dans notre département
************************************************
Le 21 mai 1961, une amicale des anciens du contingent voit le jour avec une vingtaine de démobilisés.
Le 11 novembre suivant ils seront une trentaine à entourer Messieurs Olivieri et Ferraretto pères de deux de leurs camarades morts en Algérie. Ils honoreront leur mémoire devant le monument aux morts de la commune. L’amicale y dépose sa première gerbe.
Sur le plan revendicatif, alors que les combats se poursuivent, l’amicale réclame la paix en Algérie et la carte du combattant pour les démobilisés.
Malgré les intimidations policières et les menaces de l’OAS une réunion d’information se tient présidée par Maurice Sicard dirigeant national de la Fédération Nationale des Anciens d’Algérie, venu spécialement de Paris. A l’issue de celle ci naîtra à Saint Laurent du Var le premier Comité de la FNAA présidé par Jean Berté (à l’époque conseiller municipal) secondé par Edmond Rossi vice-président avec comme secrétaire Guy Dégl’Innocenti.
Le dimanche 7 janvier suivant, à la suite d’une nouvelle réunion présidée par Lefèvre délégué régional FNAA venu de Marseille, décision est prise d’organiser un grand bal de solidarité le 4 février 1962, dont la recette sera intégralement répartie entre tous les jeunes Laurentins mobilisés en Algérie, 39 mandats seront expédiés à ces derniers.
La première assemblée générale du 11 mars 1962 élit le nouveau bureau avec Edmond Rossi président assisté de Guy Dégl’Innocenti, secrétaire et Georges Battaïni trésorier.
Le 18 mars 1962, à l’annonce du cessez le feu en Algérie, le Comité réunit le soir ses adhérents devant le monument aux morts pour une manifestation silencieuse.
Le soulagement qui suit la signature des accords de paix d’Evian est de courte durée, le 5 mai le Comité accompagne les obsèques de Maurice Danzi jeune laurentin assassiné par l’OAS.
Une souscription est ouverte après le plasticage du siège parisien de la FNAA le 28 mars.
Les activités du Comité se poursuivent avec un effectif de 90 adhérents : banquet du 22 mai 1962 et le gros succès des bals populaires des 14 et 15 juillet.
Le 17 octobre 1962 une campagne de pétitions pour la carte de combattant réunit de nombreuses signatures sur le plan local.
1963 débute avec un « bal des rois » le 6 février qui regroupe plus de 300 participants et le 17 du même mois le premier congrès départemental de la FNAA se tient à Saint Laurent du Var sous la présidence de J.C. Citerne du Bureau national.
Le drapeau du Comité offert par la Municipalité est présent pour la première fois au monument aux morts. Une réunion suivie d’un repas fraternel rassemble 140 adhérents et leurs familles à Castagniers. Là se prépare le Congrès National des 30 et 31 mars qui aura lieu à Noisy le sec où la FNAA devient la Fédérations Nationale des Anciens Combattants en Algérie Maroc et Tunisie (FNACA).
Après une pause, la vie du Comité se poursuit par un brillant redémarrage le 3 février 1975.
Le dynamisme du Comité est tel qu’il accueillera le Congrès départemental le 19 octobre 1975.
Un siège local est inauguré en juin 1977 rue de l’Ancien Pont. Le 200ème adhérent est fêté en 1979 ! Développant ses activités avec succès le Comité s’installe dans son siège actuel 54 rue de l’Eglise. Suivront des années où de nombreux adhérents obtiendront la carte d’ancien combattant et le titre de reconnaissance de la nation après dépôt et le suivi de leurs dossiers élaborés par le Comité. Le 4 octobre 1987 le 16ème Congrès départemental tient ses assises à Saint Laurent du Var il en sera de même pour les 24ème et 30ème les 29 octobre 1995 et 3 novembre 2007.
Dans un souci d’efficacité le Comité de Saint Laurent va regrouper les membres de la FNACA de Carros et de La Gaude avec un total de 250 adhérents.
Durant ces années et jusqu’à aujourd’hui, l’actif Comité poursuit son action de défense et de mémoire des combattants de la troisième génération du feu sur l’initiative du président Gilbert Charbit, entouré des membres de son bureau.
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07.11.2009
LOUIS RAVET MAIRE HÉROIQUE DES ANNÉES NOIRES

LOUIS RAVET HÉROS DE LA RÉSISTANCE,
MAIRE EXEMPLAIRE DE SAINT LAURENT DU VAR (1941-1944)
Engagé à 17 ans dans la légion Louis Ravet poursuivit sa carrière militaire durant 13 ans. C’est en qualité d’ancien militaire que le gouvernement de Vichy le placera à la tête de la commune de 1941 à 1944. Tout au long de ces années noires, ce patriote se conduira avec courage en s’opposant aux menées des occupants successifs, Italiens puis Allemands, avec le seul souci de protéger ses administrés.
En 1943, sous l'occupation italienne, une sentinelle en faction sur le pont du Var fut tuée dans des conditions mystérieuses. Huit laurentins seront arrêtés par les bersaglieri, et conduits au poste de commandement. M. Ravet intervint pour les défendre, demandant au capitaine quelle preuve il avait de la culpabilité d'un des 4800 habitants de St-Laurent-du-Var face aux 150 000 niçois ? A la suite de quoi, les huit hommes furent relâchés.
Les Italiens avaient installé un poste de commandement proche de la Gare. Un jour, l'attention de M. Ravet fut attirée par un grand drapeau italien au sommet du bâtiment. La Préfecture le chargea d'entreprendre une démarche auprès du commandant, afin d'obtenir le retrait du drapeau. La réponse fut catégorique: «je fais ce que je veux ». Le maire fit remarquer que le bâtiment avec son drapeau constituait une cible pour un navire "hostile" croisant au large ! A défaut de tir, l'argument fit mouche, l'emblème disparut.
Pourtant son sang-froid, devait un jour lui faire défaut. A l'époque, les hommes, portaient souvent le chapeau. Les militaires italiens, le reconnaissant ne manquaient pas de le saluer réglementairement et, naturellement, le maire leur rendait la politesse en se découvrant. Un jour, il en eut assez et décida à partir de là de sortir toujours nu-tête.
Au-delà de ces broutilles, c'est sous l'occupation allemande que Louis Ravet allait donner la pleine mesure de sa personnalité et de son patriotisme. Tout d'abord, il gérait le quotidien compliqué par une occupation ennemie entraînant de sévères restrictions. Il mit sur pied des services sociaux aux diverses attributions: visites médicales pour les enfants, cantine scolaire, envoi de colis aux prisonniers de guerre, assistance aux familles en difficulté, particulièrement aux sinistrés des 23 bombardements. Louis Ravet se faisait un devoir de se rendre sur les lieux où les bombes avaient causé le plus de dégâts et hélas, souvent, des victimes ! Ce fut le cas ce 26 mai 44.
Une autre fois, le Maire se rendit dans un bar à un rendez-vous avec un Major allemand pour y traiter divers problèmes intéressant la commune. A un moment, l'officier exprima le souhait de voir le drapeau allemand hissé sur la façade de la mairie ! M. Ravet lui répondit par la négative, en fondant son refus sur des motifs d'ordre juridico-administratif. Ses arguments convainquirent l'officier qui conclut en faisant ouvrir une bouteille de champagne. Pour ne pas être en reste, le Maire en recommanda une. Au moment de prendre congé, l'Allemand, se méprenant sur ce geste de simple réciprocité (ignorant le rôle important joué par le Maire dans la Résistance ), lui tendit la main ajoutant: " Monsieur le Maire, je suis heureux de voir que nous nous quittons en amis" et M. Ravet de répondre: " Mon commandant, je vous salue en ennemi loyal" !
Au-delà de son rôle humanitaire, l’essentiel des activités du Maire pendant cette période sera consacré à la Résistance. Divers témoignages font état d’armes cachées dans la mairie, dans le gros coffre du bureau du maire, derrière son fauteuil. Or, un jour qu'un officier allemand était venu le voir à propos de rumeurs concernant la présence, à St-Laurent-du-Var, d'armes de guerre non autorisées, Louis Ravet lui répondit avec un aplomb que cette rumeur était sans fondement, car s'il y avait eu des armes à St-Laurent-du-Var, le Maire l'aurait su. Détail savoureux : en proférant cette affirmation catégorique, Louis Ravet, debout, s'appuyait du coude sur le coffre-fort arsenal. Utile précision: il était debout car il recevait ainsi tous ses visiteurs, ayant fait enlever de son bureau les deux sièges qui s 'y trouvaient en plus du sien, pour ne plus avoir à inviter des Allemands à s'asseoir. Si la décision fut prise de transporter ces armes ailleurs, sous la protection d'une escorte, ce fut à cause d'une «dame» qui habitait Nice et travaillait ouvertement pour la police allemande. Elle était venue, à plusieurs reprises, voir le Maire qu’elle soupçonnait à juste titre de "trafic de cartes d'identité ". Elle n'en eut jamais la preuve et ne put le faire arrêter, elle lui avait promis "qu'elle l'aurait". Mais, par un extraordinaire coup du sort, elle fut parmi les victimes du bombardement du 26 mai, tuée dans un taxi alors qu’il roulait sur la RN7. Louis Ravet avait encore eu de la chance ! Comme s'il n'avait pas déjà suffisamment pris de risques, le Maire mit tout en œuvre pour soustraire les jeunes laurentins au STO, n 'hésitant pas, selon ses propres mots, à "transformer la mairie en officine de faux papiers".
Le dernier volet des activités de Louis Ravet est moins connu, parce qu'il les exerça à titre personnel. Pendant toute cette période, il s'évertua à mettre à l'abri des recherches de la police et de la Gestapo, plusieurs familles juives de St-Laurent-du- Var ou venues s'y réfugier. Après la guerre, cette activité portée à la connaissance des autorités israéliennes lui valut de recevoir, à Dimona dans le Néguev, un diplôme des mains du Président de l'Etat hébreu en même temps qu'était plantée une forêt de mimosas, qui porte son nom, en présence de hautes autorités et de l’Ambassadeur de France.
Encore moins connues, les dispositions prises par le Maire de St-Laurent-du-Var pour sauver la vie... de 2 Allemands. Il est vrai qu'il ne s'agissait pas de n'importe quels Allemands. Le premier avait épousé une amie de lycée de sa fille, après avoir combattu à Narvik du côté français, dans la légion étrangère. Bien sûr, sa vie fut en danger dès que ses compatriotes eurent envahi la zone sud. Louis Ravet lui fit établir les papiers nécessaires et, plus tard, en avril 1944, lui fit rejoindre le maquis de Savoie avec lequel il se battit jusqu'à la fin de la guerre.
Il était devenu urgent de l’éloigner de la région, car son arrestation imminente aurait mis en danger l’ensemble de la résistance locale. Toujours en vie, il n'a plus jamais quitté la France. En revanche, nous ignorons ce qu'il advint du 2ème Allemand, venu directement trouver Louis Ravet, pour lui raconter que de nationalité allemande mais né à Paris, il y avait toujours vécu et ne parlait même pas l'allemand. Incorporé de force dans la Wehrmacht, il avait réussi à déserter. Certes, le Maire avait dû se demander s'il n'avait pas à faire à un provocateur, mais, tout bien pesé, ancien de la légion étrangère lui-même et connaissant les hommes, il avait été convaincu de la bonne foi du jeune homme et avait accepté de l'aider.
Un jour qu'il revenait à pied des Vespins, le Maire rencontra Jean-Baptiste Palladio, qu'il connaissait bien et qui fit un bout de chemin avec lui. Plus loin, ils furent interpellés par une patrouille allemande qui, Maire ou pas, procéda à un contrôle de l'identité des deux hommes. Louis Ravet, pour sa part, sortit son portefeuille de la poche arrière de son pantalon. Les Allemands partis, il s'adressa à son compagnon lui disant: "heureusement que nous étions en règle, hein, Jean-Baptiste, car s'ils nous avaient fouillés, regarde ce qu'ils auraient trouvé" et d'exhiber un revolver qui se trouvait dans la même poche ! Le plus extraordinaire, pourtant, se produisit la veille de la libération de St-Laurent-du-Var. Le 26 août, donc, les Allemands occupèrent la mairie qui, depuis le bombardement du 26 mai, se trouvait sur l'actuelle corniche Fahnestock.
Sans ménagement aucun, ils enfermèrent M. Ravet dans la cave. L'oreille aux aguets, croyant sa dernière heure venue, il entendit alors des bruits de caisse qu'on clouait. Puis, les bruits cessèrent et au bout d'un moment, le Maire réussit à sortir de sa prison.
Les Allemands avaient quitté les lieux, il était libre et, le lendemain, St-Laurent-du- Var fut libérée.
Le 27 août 1944 un half-track de l’armée canadienne pénétrait dans Saint Laurent précédé 4 français à vélo, deux d'entre eux portaient un fusil en bandoulière et un grand drapeau tricolore. Parmi ceux-ci Louis Ravet ! Les Allemands les mitraillent avant de déguerpir. Bilan deux morts : Gabriel Abonnel et Jean-Clément Ledieu. Louis Ravet en réchappa encore par miracle !
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Avant 1860, Saint-Laurent-du-Var était la première bourgade de France en Provence, carrefour historique avec le Comté de Nice. Ville construite entre mer et collines, elle s'étire face à Nice le long de la rive droite du Var, sur 7 kms.
Cité moderne, Saint-Laurent-du-Var n'en oublie pas pour autant ses racines qui font la fierté de ses habitants. Le témoignage le plus probant de cette pérennité du passé reste sans aucun doute le « Vieux-Village », avec ses rues pittoresques et son église romane datant du XI e siècle.
Lieu de transit et de passage commandant la traversée du Var, fleuve alpin particulièrement capricieux, Saint-Laurent-du-Var a subi les aléas de cette situation géographique et stratégique singulière qui a profondément marqué son destin.
Les inondations, les invasions, les épidémies, les guerres ont rythmé au long des siècles les étapes successives de la formation de Saint-Laurent-du-Var.
Grâce à de nouveaux documents et à de nombreuses illustrations inédites, Edmond Rossi, auteur de « Saint Laurent, Porte de France » et de différents ouvrages sur le passé de la région, nous entraîne à la découverte de l’Histoire passionnante de Saint-Laurent-du-Var.
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06.11.2009
CONNAITRE EDMOND ROSSI

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31.10.2009
ANTOINE CASTILLON: CARRIÈRE D'UN INSTITUTEUR (1819-1881) 10ème partie et Fin

L’EXPERIENCE PROFESSIONNELLE D'ANTOINE CASTILLON
Une existence volontairement effacée est remplie d'imprévus. La carrière professionnelle d'Antoine Castillon en est l'illustration. Elevé dans l'amour
du Roi légitime, il prête serment à la Constitution orléaniste, à la République et à l'Empire. Son statut professionnel connut deux phases. Son oncle avait enseigné sous un contrôle cantonal. Il connut personnellement la subordination à des autorités d'arrondissement, puis la tutelle départementale de l'Inspecteur d'Académie et du Conseil Départemental.
Il vit mettre en place un appareil administratif capable de le hisser de la situation de contractuel municipal à celle de fonctionnaire départemental. Il fut au nombre des premiers élèves sortis d'une Ecole normale d'instituteurs, dans un temps où l'opinion publique varoise se montrait réticente à leur égard.
Son enseignement s'adapta à toutes les influences. Dans le domaine proprement idéologique, il enseigna le catéchisme et célébra en fin de carrière, en 1878, le centenaire de la mort de Voltaire, puis de Rousseau. La MarseIllaise et le Chant du Départ, passés sous silence sous le Premier Empire, chants séditieux de toutes les émeutes de 1815 à 1870, seront enseignés dans les écoles à sa mise à la retraite.
Les programmes de ses débuts axés sur la magie de la lecture de l'écriture, du calcul pratique, se compliquèrent de notions de sciences physiques et naturelles. Il fit sa place à l'heure de gymnastique dans la mesure où il lui fut possible de disposer d'un espace suffisant.
L'œuvre essentielle d’Antoine Castillon est d'avoir initié quarante promotions d’enfants à tous les respects. Respect du régime en place, des autorités constituées, des règles de la civilité.
L'engagement décennal qu'i1 a signé l'a exempté des hasards du tirage au sort et de la perspective d'un service militaire de 7 ans. L'instituteur communal d'alors manifeste à l'égard de l'Armée une déférence égale à celle qu'il témoigne envers la Religion, l'Administration et la Justice.
Son travail de pionnier fut de répandre l'usage de la langue française en concurrence avec le dialecte local, de propager le système métrique, de répandre quelques notions d'hygiène, quand, à partir de 1840, la sorcellerie thérapeutique fut considérée comme un délit poursuivi devant les tribunaux.
A la fin de sa carrière, la laïcité fait l'objet de nombreux conflits.
Antoine Castillon passe de l'enseignement en milieu rural à l’enseignement en milieu urbain sous la surveillance de supérieurs et de chefs de famille tour à tour légitimistes, orléanistes, bonapartistes, républicains, allant de l'ultramontain à l'ultra radical. Il obéit à toutes les circulaires ministérielles, remplit des états de plus en plus précis sur l'analphabétisme, la fréquentation et la rétribution scolaires. Il soupire sous tous les régimes devant l'indigence du matériel scolaire mis à sa disposition par des municipalités économes et pauvres. Soumises à la tutelle préfectorale dans l'établissement de leurs budgets, elles attendent beaucoup du département et de l'Etat en faveur de leurs écoles.
Il mesure maintes fois dans ses trois dimensions une salle de classe, souvent exiguë, dans une 'maison louée ou adaptée tant bien que mal à sa destination. Elle est insuffisante à partir de 1860 quand se dessine un engouement populaire pour l'école primaire. Il grandit entre 1870 et 1880. Un cours préparatoire de jeunes enfants accueille couramment 70 élèves.
Limité dans ses moyens matériels, Antoine Castillon ne sera jamais démuni de ces directions spirituelles qu'autorise le romantisme des temps.
De l'adolescence à la retraite, il se vit rappeler par nombre de politiques et de penseurs, formés à une rhétorique persuasive, la portée de son métier, les responsabilités qu'elle implique, la modestie nécessaire à celui qui l'exerce.
De 1789 à 1881. le Roi, l'Empereur et la République s'accordent sur deux principes fondamentaux posés par Mgr Talleyrand Périgord, rapporteur de la loi du 3 octobre 1791. Tous ordonnent que l'instituteur "soit éclairé et vertueux"
Ce qu'il fut.
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« Saint-Laurent-du-Var à travers l’Histoire » ou quand le présent rejoint en images l'Histoire de Saint-Laurent-du-Var et sa fière devise: "DIGOU LI , QUÉ VENGOUN", (DIS LEUR QU'ILS VIENNENT), significative des « riches heures » de son passé.
Avant 1860, Saint-Laurent-du-Var était la première bourgade de France en Provence, carrefour historique avec le Comté de Nice. Ville construite entre mer et collines, elle s'étire face à Nice le long de la rive droite du Var, sur 7 kms.
Cité moderne, Saint-Laurent-du-Var n'en oublie pas pour autant ses racines qui font la fierté de ses habitants. Le témoignage le plus probant de cette pérennité du passé reste sans aucun doute le « Vieux-Village », avec ses rues pittoresques et son église romane datant du XI e siècle.
Lieu de transit et de passage commandant la traversée du Var, fleuve alpin particulièrement capricieux, Saint-Laurent-du-Var a subi les aléas de cette situation géographique et stratégique singulière qui a profondément marqué son destin.
Les inondations, les invasions, les épidémies, les guerres ont rythmé au long des siècles les étapes successives de la formation de Saint-Laurent-du-Var.
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24.10.2009
SAINT LAURENT DU VAR « UN PEU D’HISTOIRE », LES CHRONIQUES DE « NICE MATIN » ENFIN RÉUNIES ET PUBLIÉES

« Un Peu d’Histoire » titre d’une chronique régulière évoque quelques moments du passé tumultueux de Saint Laurent, il fallait réunir et publier cet ensemble significatif de 70 articles illustrés égrenés au fil des mois dans la presse locale.
De l’Antiquité à nos jours ces relations permettent un survol varié propre à éclairer l’Histoire de la région bien au-delà de celle d’une simple bourgade provençale placée à l’embouchure du Var.
Ces épisodes illustrés rejoignent notre présent tout au long de l’Histoire de Saint-Laurent-du-Var affirmée par sa fière devise: "DIGOU LI, QUÉ VENGOUN", (DIS LEUR QU'ILS VIENNENT), spécifique des « riches heures » de sa mémoire.
Avant 1860, Saint-Laurent-du-Var était la première bourgade de France en Provence, carrefour historique avec le Comté de Nice.
Aujourd’hui ville construite entre mer et collines, elle s'étire face à Nice le long de la rive droite du Var, sur 7 kilomètres.
Cité moderne, Saint-Laurent-du-Var n'en oublie pas pour autant ses racines qui font la fierté de ses habitants. Le témoignage le plus probant de cette pérennité du passé reste sans aucun doute le « Vieux-Village », avec ses rues pittoresques et son église romane datant du XIe siècle.
Lieu de transit et de passage commandant la traversée du Var, fleuve alpin particulièrement capricieux, Saint-Laurent-du-Var a subi les aléas de cette situation géographique et stratégique singulière qui a profondément marqué son destin.
Les inondations, les invasions, les épidémies, les guerres ont rythmé au long des siècles les étapes successives de la formation de Saint-Laurent-du-Var.
Grâce à ces nouvelles chroniques, Edmond Rossi, auteur de « Saint Laurent, Porte de France » et de différents ouvrages sur le passé de la région, nous entraîne à la découverte de l’Histoire passionnante de Saint-Laurent-du-Var.
L’ouvrage illustré de 160 pages édité dans la collection « Provinces Mosaïques » par les célèbres Editions Sutton (8, rue du Docteur Ramon 37540 SAINT CYR SUR LOIRE, tél. 02 47 40 66 00), spécialiste national du régionalisme, est en vente au prix de 22€ dans toutes les bonnes librairies de la région et disponible sur catalogue dans la France entière.
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11.10.2009
SOUVENIRS DE LA GUERRE 1939-1945 (11) FIN

TEMOIGNAGE DE MONSIEUR GEORGES FOATA (ALIAS CAPITAINE MORGAN)
C'est avec Monsieur Georges FOATA que se termine cette série d'entretiens. Les divers témoignages, qui constituent cette plaquette, nous avaient déjà permis d'apprendre, sous différents aspects, ce que fut la vie à St-Laurent-du- Var pendant l'occupation. Mais en ce qui concerne la clandestinité et les combats du maquis, il était indispensable de rencontrer celui qui, de l'avis de tous, fait autorité.
Comme il n'apprécierait guère que nous parlions de figure emblématique de la Résistance, disons plus simplement qu'il serait difficile de traiter le problème de la lutte contre l'occupant, tant à St-Laurent-du-Var que dans tout le département des Alpes-Maritimes, sans l'avoir consulté.
Nous lui avions donc demandé de nous recevoir et il a tout de suite accepté, n'ignorant pas que notre démarche s'inscrivait dans la préparation des cérémonies destinées à marquer le 50ème anniversaire de la libération de St-Laurent, cérémonies dont il est d'ailleurs chargé, par son ami le Maire, Vice-Président du Conseil Général, d'assurer l'organisation, en coordination avec les différents services municipaux intéressés et l'ensemble des Associations patriotiques.
M. FOATA était donc, doublement, l'homme à rencontrer. Un seul problème: il n'aime pas parler de lui et, encore moins, " raconter ses campagnes", suivant l'expression bien connue. Pourtant, à un moment donné, il avait envisagé d'écrire l'histoire du Groupe Morgan... et puis le temps a passé...Cette histoire et ses souvenirs personnels ne manqueraient cependant pas d'intérêt, ne serait-ce que pour sa famille, dans la mesure où, plus tard, ses descendants disposeraient d'une référence et d'une source d'informations authentiques qui viendraient s'ajouter (bien que dans un tout autre registre) à l'arbre généalogique des COLONNA DELLA FOATA. Il existe, dressé par un de ses ancêtres, et plonge ses racines dans un passé vraiment très lointain.
M. FOATA nous a montré cette pièce rare, à manier avec précaution en raison de son ancienneté. Mais de cela non plus, il ne tire aucune vanité. Pour en venir à l'objet de votre visite, dit-il, le plus simple est de prendre connaissance de la documentation que je vais mettre à votre disposition. Vous me la rendrez après en avoir extrait ce qui vous intéresse. Ensuite, si vous avez des précisions à demander, je répondrai à vos questions. Ainsi fut fait, de sorte que le texte qui suit est la synthèse des documents qui nous avaient été confiés et de nos deux entretiens. Nous n'avons cependant pas utilisé le "journal des marches et opérations" du Groupe MORGAN, constitué en unité militaire lors de la phase finale des combats de la libération, car il aurait alors fallu dépasser les limites convenues pour cette plaquette. Toutefois, il sera possible de voir cette pièce officielle, puisqu'elle sera exposée (parmi d'autres), carte à l'appui, dans le hall de l'hôtel de ville, le 27 août 94.
Signalons enfin que le témoignage de M. FOATA confirme la version des faits donnée par nos autres interlocuteurs, notamment en ce qui concerne l'ancien Maire, M. RAVET, au sujet de qui il a, en outre, tenu à nous faire, in fine, une déclaration formelle. C'est ainsi qu'il est tout à fait d'accord avec ce que nous a dit son ami de toujours et ancien Adjoint, M. Marcel CAGNOL, à propos de la naissance du Groupe MORGAN, au début, il s'est agi de la réaction personnelle d'une bande de copains, tous à peu près du même âge, traumatisés par la défaite de 40. C'est presque insensiblement que l'idée de « résister » prit naissance bien que les tout premiers contacts aient été pris par Georges FOATA, à Marseille, dans les milieux de la Marine et de l'Ecole Nationale d'Hydrographie, presque immédiatement après l'armistice. De même, aucun de ces jeunes gens un peu exaltés n'aurait pu dire, avec une certitude absolue, quand ils entendirent, pour la première fois, parler du Général de Gaulle et de son appel historique. M. FOATA, quant à lui, se rappelle que ce fut quelque part en mer, dans les jours ou les semaines qui suivirent le l8 juin 1940.
En tout cas, bien vite, il fut évident que l'occupant (avant même que la zone libre ne fût envahie, en novembre 1942) restait l'ennemi. D'autre part, les forces armées allemandes, réputées invincibles, avaient subi leurs premiers revers. Dès septembre 40, il y avait eu l'héroïque "Bataille d'Angleterre" et même, auparavant, fin août, le 1er raid de la RAF sur Berlin, alors que le Maréchal GOERING s'était vanté que jamais la chasse allemande (lui-même était un ancien pilote) ne permettrait un tel sacrilège. Un peu plus tard, en mars 1941, ce fut l'épopée de KOUFRA (même si le fameux serment du futur Maréchal Leclerc ne fut connu que bien plus tard) puis BIR-HAKEIM et les échecs de l'AFRIKA KORPS. Certes, ces informations n'arrivaient en France que partiellement et avec beaucoup de retard, car il n'était pas souvent possible de capter la radio de Londres correctement et, de plus, la propagande et la censure de Vichy et des Allemands tournaient à plein régime. Mais l'impact psychologique, peut-être autant que l'événement en soi, entretenait la motivation et un jour, comme s'il y avait eu un déclic, Georges FOATA et ses amis comprirent que le moment était venu de traduire leurs intentions en actes.
" Nous avions appris, précise t-il, que, parallèlement au mouvement parti de Londres et avant que tous les organismes de la résistance ne s'unifient sous l'égide du CNR(Conseil National de la Résistance) de Jean MOULIN, d'autres mouvements, issus d'associations regroupant essentiellement d'anciens prisonniers de guerre avaient commencé à s'organiser". Pour le Sud-Est, la 1ère réunion des responsables régionaux d'un de ces mouvements eut lieu le 15 août 42, au cours de laquelle la décision fut prise de participer activement à l'effort demandé par le Général de Gaulle.
Ce mouvement prit le nom de MNRPG (Mouvement National de Résistance des Prisonniers de Guerre) et étendit rapidement son influence de Marseille à la frontière italienne, tout en mettant l'ensemble de ses moyens, à la fin de 1943, à la disposition de l'ORA (Organisation de Résistance de l'Armée). Les modalités pratiques découlant de cette décision furent arrêtées en février 1944, lors d'une rencontre secrète réunissant le Chef Régional de l'ORA (le futur général LECUYER, alias SAPIN) et les responsables azuréens du M.N.R.P.G.: M. MERLI (NIKLIMAROT dans la résistance) devenu député-maire d'Antibes et M. FOATA qui avait choisi de s'appeler MORGAN. Pourquoi ce nom ? " Parce que, nous dit Georges FOATA, MORGAN fut un flibustier de légende, élu Amiral par les boucaniers et qui, en récompense de ses exploits, fut nommé gouverneur de la Jamaïque. Pour moi, c'était avant tout un marin qui savait combattre aussi bien à terre que sur mer"
Très rapidement, le Groupe MORGAN (dont la dénomination officielle devint, par la suite, " COMBAT MNRPGD, maquis MORGAN". le D ajouté au MNRPG d'origine signifiant: et des " Déportés ") qui comprenait aussi quelques alsaciens insoumis et ressortissants étrangers se vit confier toutes sortes de missions périlleuses dans plusieurs villes des Alpes-Maritimes, dont Nice et St-Laurent-du- Var. Mais les réactions de l'ennemi ne se firent pas attendre et à plusieurs reprises, une fois identifiés, Georges FOATA et son adjoint, Marcel CAGNOL, recherchés par toutes les polices de Vichy et allemandes en tant que "terroristes dangereux et armés", échappèrent de justesse à leurs pièges. A ce propos, M. FOATA se souvient de ce qu'il doit à ceux qui (au péril de leur vie, car la répression était féroce) les aidèrent, M. MERLI, Marcel CAGNOL et lui-même, à ne pas tomber dans ces pièges et, une fois au maquis, ravitaillèrent le Groupe MORGAN tout en contribuant à assurer la sécurité de ses déplacements.
D'abord, son propre père qui réussit à les intercepter en gare de Cannes, M. MERLI et lui-même, alors que, revenant de Paris où ils avaient eu des contacts au plus haut niveau, ils étaient attendus par la police en gare de Nice, ce dont M. FOATA père avait pu être prévenu. Ensuite, M. COLONNA, facteur-receveur corse de Gattières, dont nous a aussi parlé M. CAGNOL et qui se chargea, plusieurs fois, de dissimuler et de transporter des armes, ou encore M. Pierre JABOULET, devenu Maire de Carros, qui maintint une liaison permanente avec le maquis et le ravitailla lorsqu'il fut dans le Cheiron, tout comme le fit Louis PEREZ, le frère de M. Marcel PEREZ.
Pourtant, sur dénonciation d'un traître, Georges FOATA et plusieurs de ses amis devaient tomber dans une embuscade, à Gattières, le 6 juin 44 (dans les circonstances rapportées par Mme DEGL 'INNOCENTI ).
Plus tard, en août 1944, alors que les combats faisaient rage et que plusieurs mouvements opéraient aux côtés du Groupe MORGAN, la nécessité de l'unité du commandement s'imposa et le Chef désigné pour cette tâche délicate fut Georges FOATA. Là encore, lors de l'exposition du 27 août 94, on pourra consulter le calendrier des actions qu'il conduisit dans tout le département. Il n'est donc pas étonnant qu'après la guerre le Groupe MORGAN fût reconnu "unité combattante" par décision officielle du Ministre des armées.
A l'issue de notre 2ème entretien, M. FOATA a tenu à faire la déclaration suivante que nous citons in extenso :
" Je veux rendre un éclatant hommage à M. RAVET, Maire de St-Laurent-du-Var à l'époque, ainsi qu'à son équipe, qui nous a permis, de nombreuses fois, d'utiliser la ville comme PC départemental pour des réunions au sommet.
En plus de différentes actions ponctuelles, il avait créé à la mairie, avec l'aide de la Secrétaire, par la suite jusqu'en 1980 Secrétaire-Générale et, aussi, d'un jeune stagiaire devenu Maire, une officine de fausses cartes d'identité au service de la Résistance.
Louis RAVET était profondément français et était mon ami. Bénéficiant également de l'aide de SANTONI, garde-champêtre, du chef de la gendarmerie, René MAURE et de l'abbé DECAROLI, il avait fait de St-Laurent-du-Var un lieu sûr, offrant toutes les garanties de sécurité voulues.
Beaucoup de noms ont déjà été cités dans les autres témoignages. Je tiens à mentionner deux laurentins aujourd'hui disparus :
- Ernest FRATTINI
- Vando DEGL'INNOCENTI
qui comptèrent tous deux parmi mes fidèles lieutenants. Et je terminerai par le premier mort de cette période du 6 juin au 31 août
- Joseph BUTTELI mort au combat, à Gattières, le 6 juin 1944 et par le dernier :
- Marius PISANO mort au combat le 31 août 1944 à Turini. Une rue de St-Laurent-du- Var, porte aujourd'hui son nom.
CONCLUSION
La lecture de tous ces témoignages est réconfortante. Elle prouve que dans la terrible période de malheur que la France a subie, les laurentins, comme la plupart des Français, ont, dans leur très grande majorité, réagi avec cœur, patriotisme et solidarité.
Certains, dans la clandestinité, ont repris les armes contre l'occupant, d'autres ont résisté en prenant des risques dans leur vie quotidienne, d'autres encore se sont dévoués au service des plus démunis, d'autres, enfin, se sont concentrés sur la survie de leurs proches. Très peu ont collaboré avec l'ennemi.
Quelle belle leçon pour la jeunesse, apparemment accaparée par la recherche des plaisirs, marquée par l'individualisme ambiant et, peut-être, trop tentée par les facilités de la vie moderne!
Puisse ce rappel des années noires de l'occupation nous aider à puiser dans l'héritage spirituel que nous ont légué ceux qui se battirent et, pour certains, moururent pour que vive la France, la volonté d'offrir à nos enfants et petits-enfants un XXIème siècle à la mesure des vœux de bonheur dans la paix et la prospérité, mais aussi dans le courage et l'honneur, que le Souvenir Français de St-Laurent-du-Var forme pour eux en ce 27 août 1994, car :" Quiconque ne se souvient pas de son passé est condamné à le revivre " (inscription dans le camp de Dachau)
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Cité moderne, Saint-Laurent-du-Var n'en oublie pas pour autant ses racines qui font la fierté de ses habitants. Le témoignage le plus probant de cette pérennité du passé reste sans aucun doute le « Vieux-Village », avec ses rues pittoresques et son église romane datant du XI e siècle.
Lieu de transit et de passage commandant la traversée du Var, fleuve alpin particulièrement capricieux, Saint-Laurent-du-Var a subi les aléas de cette situation géographique et stratégique singulière qui a profondément marqué son destin.
Les inondations, les invasions, les épidémies, les guerres ont rythmé au long des siècles les étapes successives de la formation de Saint-Laurent-du-Var.
Grâce à de nouveaux documents et à de nombreuses illustrations inédites, Edmond Rossi, auteur de « Saint Laurent, Porte de France » et de différents ouvrages sur le passé de la région, nous entraîne à la découverte de l’Histoire passionnante de Saint-Laurent-du-Var.
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21.09.2009
ANTOINE CASTILLON: CARRIÈRE D'UN INSTITUTEUR (1819-1881) 9ème partie

Désormais, durant onze ans, il poursuit une carrière mentonnaise stable à la tête d'une école à six divisions où sont rassemblés 300 élèves. Il reçoit les palmes académiques en novembre 1867.
Il y applique les réformes de Victor DURUY en faveur d’une meilleure adaptation de l'école primaire aux conditions économiques nouvelles. Les propriétaires de biens fonciers souhaitent alors que l’instituteur soit un moniteur de l'agronomie.
Il vit à Menton les épisodes de la courte guerre de 1870, la stupeur de la défaite, l'opposition générale à la Commune de Paris, le ralliement de l'opinion à Thiers, sa méfiance envers Gambetta. Seule une République conservatrice est capable de ranimer la tradition de l'hivernage cosmopolite sur l'axe ferroviaire du P.L.M. L'arrêt de la vie de saison aura duré un seul hiver.
Dès 1872, est réalisée la jonction du réseau français avec le réseau italien à Vintimille. Venus par Gênes, Scandinaves et Allemands reprennent la tradition de l'hivernage mentonnais., Désormais, les hommes nés à l'âge du mulet et de la diligence sont les usagers du chemin de fer, de ses horaires stricts.
Postérieurement à la guerre, l'opinion générale découvre la valeur d'un enseignement public généralisé, on n'en demeure pas moins fidèle aux dispositions de la loi Falloux de 1850. Elle accorde aux municipalités de choisir entre un personnel communal congréganiste ou bien un personnel laïc. Les villes du département des A-M résolvent le dilemme en entretenant deux écoles communales, l'une congréganiste, l'autre laïque. Il n'empêche que les dix dernières années de la carrière d'Antoine Castillon sont compliquées par la lutte des municipalités urbaines sur le sujet devenu passionnel.
Spiritualistes et scientistes se livrent une guerre opiniâtre à chaque élection municipale. Le Préfet des Alpes-Maritimes et l'Inspecteur d'Académie agissent avec prudence devant les effervescences locales. L'Inspection académique adopte une classification devenue nécessaire en postes communaux déshérités, avantageux et difficiles.
En 1873, l'augmentation du traitement des instituteurs invite les municipalités à se montrer économes. La municipalité mentonaise décide de subordonner la direction de l'école primaire communale à l'autorité du Principal du
Collège municipal car la loi l'y autorise. Des froissements entre les deux hommes conduisent Castillon à solliciter un changement de poste. Son cas est embarrassant, aucun emploi équivalant n'est disponible dans le département.
La difficulté est résolue par un compromis. Un congé de disponibilité lui est accordé. De 1873 à 1876, Castillon revient aux solutions de ses début sous Louis-Philippe où l'on passait aisément de l'enseignement communal à l'enseignement privé. Il ouvre une école libre à Menton. Désireuse d'éviter à ses enfants la promiscuité et le surpeuplement de l'école communale, demeurée l'école des pauvres admis à la gratuité, la petite et moyenne bourgeoisie sont disposés à des sacrifices d'argent et envoient leurs enfants dans les écoles libres de bonne réputation.
Toutefois, un instituteur de la qualité de Castillon n'est pas oublié par son administration. Le Directeur de l'école municipale de la place St François, à Nice, est promu inspecteur de l'enseignement primaire à Castellane. Le poste est suffisamment en vue pour être l'objet d'une attention particulière.
L'Inspecteur d'Académie en exercice invite Castillon à réintégrer l'enseignement public à Nice. Il a derrière lui 30 ans d'exercice. Titulaire du degré supérieur du brevet d'aptitude à l'enseignement primaire, il dispose à 57 ans de la vigueur et de l'entrain nécessaires à la direction d'une école communale importante de la ville.
Le maire, Auguste Raynaud, est d'un avis différent. Il pratique une sourcilleuse politique de particularisme local. Elle lui fait préférer.un autre candidat, Audoli, un jeune homme du pays, titulaire lui aussi du brevet de degré supérieur. Maître adjoint à l'école St-François, il a donné toute satisfaction à la mairie au cours de l'intérim de la direction dont il fut chargé.
Le Préfet sanctionne la proposition de l'Inspecteur d'Académie. Antoine Castillon sera directeur de l'école municipale. Il bénéficie, comme par le passé de la confiance académique. La Médaille d'Argent lui est attribuée. Il sera officier de l'instruction publique en 1881. Il a obtenu tous les honneurs décernés à un instituteur émérite depuis la cérémonie solennelle d'institution de mai 1840 à St Laurent du Var.
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