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28/12/2013

DÉCOUVRIR LES "VALLEES DU MERCANTOUR" AVEC LE DERNIER LIVRE D'EDMOND ROSSI

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Les vallées du Mercantour » sont « la toile de fond de la Côte d'Azur », mais aussi le dernier livre d'Edmond Rossi et le lieu de naissance d'Edmond Rossi, historien bien connu de Saint-Laurent-du-Var, originaire du Val d'Entraunes, et chroniqueur de Nice-Matin. Un livre passionnant qui aborde tous les aspects des Alpes de lumière. Pour les découvrir autrement que sous le seul angle des sports d'hiver, qui font leur renommée aujourd'hui, alors que « les vallées ne se résument pas aux stations de ski comme Auron, Isola ou Valberg ».

Dans « Les vallées du Mercantour », on apprend quasiment tout sur l'arrière-pays azuréen, moins connu que la Côte, mais qui donne aux Alpes-Maritimes une grande partie de leur saveur inégalée. Grottes, mines, séismes, faune et flore d'une variété extraordinaire qui s'étendent de la mer aux sommets, histoire, traditions d'antan, contes, légendes… de quoi passer des heures à voyager dans son fauteuil sans voir passer le temps. Une idée de cadeau à l'approche des fêtes de fin d'année.

En filigrane, on y devine d'autres talents d'Edmond Rossi, qui n'est pas seulement historien et conteur. La quasi-totalité des illustrations de son livre viennent en effet de lui, photos, tableaux et même sculptures ! Au détour des pages, on voit aussi la maison qui appartient toujours à la famille Rossi, mais aussi le père d'Edmond, chauffeur de car qui jouait parfois aussi les guides touristiques pour les clients. Et son grand-père, tailleur de pierres devant l'une des fontaines qu'il a réalisées dans son canton.

« Les vallées du Mercantour, histoire et patrimoine », par Edmond Rossi, aux Éditions des régionalismes, 218 pages, 25 euros. En librairie ou sur internet www.editions-des-regionalismes.com (05.46.32.16.94). Edmond Rossi est déjà l'auteur de nombreux livres sur les contes et l'histoire de St-Laurent, du Mercantour et de tout le pays d'Azur. Il tient aussi deux blogs sur internet :

http://pays-d-azur.hautetfort.com

http://saintlaurentduvarhistoire.hautetfort.com

15/12/2013

GASPARD DE BESSE A SAINT LAURENT DU VAR

 

GASPARD DE BESSE COULEURS.jpg

Appartenant à une famille de cultivateur aisés, Gaspard Bouis n'exerça pas longtemps son premier métier de maréchal-ferrant. Né dans le département du Var, au village de Besse en 1757, ce célèbre détrousseur, mi- brigand, mi-chevalier, fut élevé avec soin par son curé, sut le latin de bonne heure et suffisamment de grec pour pouvoir citer plus tard, au cours de son procès, des passages entiers d' Homère. Il adorait la table, qu'elle fût couverte de bonne chère ou de cartes à jouer.

Déserteur à 17 ans, ce bandit au grand cœur, suivait l’exemple du légendaire Robin des Bois. Il volait les riches sans verser de sang, pour donner aux pauvres.

Social, avant l'heure, il s'opposa au parlement d'Aix et contribua à faire prendre conscience de leurs conditions aux paysans varois.

Gaspard lia partie avec Jacques Boyer de Vidauban, et avec un jardinier de La Valette nommé Augias. Leur première agression eut lieu dans les gorges d'Ollioules, où ils établirent un barrage de rochers. Quand la diligence fut arrêtée, ils se présentèrent pour porter secours aux voyageurs. Pendant que ses amis aidaient le postillon à débarrasser le chemin Gaspard fouilla tous les bagages attachés à l'arrière. Les voyageurs les remercièrent en leur laissant quelques pièces, et ce n'est arrivant à Nice qu'ils s'aperçurent de la supercherie.

Les exploits de Gaspard de Besse furent célèbres dans toute la Provence, et des rapports de gendarmerie attestent qu'un même jour, à la même heure, le brigand attaquait des voyageurs aux Adrets, et d'autres à Ollioules.

Connaissant très bien la région, Gaspard et ses amis se réfugiaient dans des grottes, et on peut encore découvrir ces cachettes dans le massif de la Sainte Baume, dans les gorges d'Ollioules ou au Mont Vinaigre dans l'Estérel. Gaspard galant homme s’il rançonnait les riches, faisait grâce aux dames, ce qui lui valut une bonne réputation auprès d'elles. Ce gentilhomme qui n'avait jamais fait couler de sang, n'hésita pas à tuer un bandit de sa bande, qui avec barbarie avait coupé le doigt d'une femme pour s'emparer de sa bague.

Dénoncé par un de ses lieutenants, jaloux de son succès, Gaspard de Besse fut arrêté dans l’auberge de La Valette. Son procès dura longtemps car les témoins l'excusaient, faisant son éloge, les paysans du Var vantaient sa générosité. Pour l’exemple, les juges condamnèrent le héros à la torture.

Conduit sur l'échafaud de la place d'Aix, il fut écartelé et sa tête séparée de son corps fut clouée sur unarbre sur un des lieux de ses exploits, au bois des Taillades.

C'était le 25 octobre 1781, la place d'Aix était comble et tous les balcons des maisons voisines avaient été loués, les femmes pleurèrent beaucoup. Gaspard Bouis venait de

fêter ses 24 ans.

La tradition orale veut que Gaspard de Besse se rendant à Nice « pour quelques affaires », fut hébergé  à Saint Laurent par un certain Trastour au hameau des Jacons. Il ne révéla son identité qu’en quittant son hôte !..

 

D’après le livre« Un Peu d’Histoire de Saint Laurent du Var » (Editions Sutton) pour commander cet ouvrage illustré et dédicacé de 22 € : contacteredmondrossi@wanadoo.fr

Un Peu d’Histoire… évoque quelques moments du passé tumultueux de Saint Laurent du Var. De l’Antiquité à nos jours ces 70 chroniques illustrées permettent un survol varié propre à éclairer l’histoire de la région bien au-delà de celle d’un simple village provençal placé à l’embouchure du Var.

Avant 1860, Saint-Laurent-du-Var était la première bourgade de France en Provence, carrefour historique avec le comté de Nice.

Aujourd’hui ville construite entre mer et collines, elle s'étire face à Nice le long de la rive droite du Var. Cité moderne, elle n'en oublie pas pour autant ses racines qui font la fierté de ses habitants. Le témoignage le plus probant de cette pérennité du passé reste sans aucun doute le Vieux-Village, avec ses rues pittoresques et son église romane.

 Grâce à ces chroniques, Edmond Rossi nous entraîne à la découverte de l’Histoire passionnante de Saint-Laurent-du-Var.

 Edmond Rossi est depuis son plus jeune âge passionné par l’histoire du Pays d’Azur.

 Auteur de nombreux ouvrages, il présente régulièrement des chroniques historiques dans le quotidien Nice Matin et sur les ondes Radio France Bleu Azur.

Connaître le passé de la région des Alpes Maritimes ?

 Cliquez sur http://pays-d-azur.hautetfort.com 

08/12/2013

CONTE DE NOËL DE VENCE

histoire

QUAND LES GENETS FLEURISSAIENT A NOEL...

Pour resituer la menace des Sarrasins dans les Alpes Maritimes, rappelons qu’après avoir été battus par Charles Martel, les Maures se replient en Provence où ils brûlent Cimiez et Lérins en 734.

Les raids se poursuivent ensuite, avec une attaque sur Nice en 813.

A la suite de sa prise de pouvoir en 822, le comte Hugues d’Arles détruit l’armée sarrasine, avant de céder ses droits au duc de Bourgogne Rodolphe II. Les Sarrasins se regroupent alors dans la Basse Provence.

Commence à ce moment-là, une période sombre pour la Provence orientale qui durera presque un siècle de, 883 à 972.

Installés au Fraxinet (La Garde-Freinet) au- dessus  du Golfe de Saint Tropez, au Cap Ferrat et à Eze,  les Sarrasins opèrent dans toute la région, ravageant  successivement Grassse, Nice, Cimiez, La Turbie et Vence.

Le comte d’Arles Guillaumes et son frère le marquis  de  Turin Arduin fédèrent  les seigneurs locaux dans  une sorte de croisade qui aboutit en 972-974, à l’expulsion définitive  des Maures de leur repaire du Fraxinet.

Après cette glorieuse épopée, Guillaume dit «le libérateur » assoit son autorité sur une Provence indépendante en prenant le titre de marquis.

Mais la menace  insidieuse des corsaires musulmans catalans ou andalous, va se poursuivre par des raids surprises  sur les côtes des Alpes Maritimes. En 1047, l’île de Lérins est de nouveau dévastée et  les jeunes moines sont emmenés en Espagne musulmane.

L’incendie criminel de la cathédrale épiscopale d’Antibes en 1125, par les princes opposés à l’évêque, sera mis ensuite au compte des Sarrasins qui, donc, sévissaient encore dans la région.   

Qui étaient ces  pirates enturbannés venus  de  la mer ? Selon les historiens, des  muwallads espagnols convertis à l’Islam ou des mozarabes chrétiens sous domination musulmane du calife de Cordoue.

S’y ajoutaient parfois des apports du  Maghreb, comme en  934, quand  une  flotte arabe, venue d’Afrique et de Sicile, saccage la ville de Gênes.

En Espagne, le  roi d’Aragon Jacques le conquérant (1213-1276 ) atténuera le péril par la conquête de Valence et des Baléares. Il en sera de même lors de la reconquête de Murcie en 1243. 

Mais il faudra attendre 1492, pour voir les musulmans, chassés de leur royaume de Grenade, quitter définitivement l’Espagne.

Durant tout le Moyen-Age, les inquiétantes felouques des flottilles sarrasines viendront depuis leurs  bases espagnoles razzier  sans vergogne  le littoral des Alpes Maritimes.

L’apport odieux d’esclaves, femmes et enfants, enlevés sur la côte de Nice à Cannes, va constituer tout au long  de ces siècles, un commerce florissant, propre à encourager la  répétition d’attaques audacieuses dont il faudra se protéger.

Du haut des murs dressés au sommet du «Baou des Blancs», dominant collines et vallons, la vue s'étend jusqu'à la mer. De son repère aérien, Victor Roubaudy, attentif, surveille les allées et venues des Infidèles campant dans les ruines de l'ancienne cité de Vence. Les campagnes d'alentour, abandonnées et sans culture depuis trois ans, n'offrent plus que le spectacle de la désolation. Ce nouveau raid des Maures a débuté la veille par l'arrivée de voiles noires cinglant au Ponant. Débarqués sur la côte déserte, les nouveaux venus sont d'abord allés renforcer leurs frères d'arme regroupés dans l'ancienne forteresse de Cagnes.

Réfugié depuis peu à Saint Laurent la Bastide, le moine Aymard, rescapé de l'abbaye de Lérins, a témoigné dans son premier sermon des crimes et dévastations: «Les Sarrasins ont tout saccagé, détruit l'église et le monastère, des lieux les plus agréables ils en ont fait la plus affreuse solitude. Sur la côte, ils se promènent dans tout le pays portant le fer et la flamme, emmenant en esclavage une multitude de captifs. Des hommes et des femmes sont écorchés vifs, comme les Sarrasins ont coutume de le faire à l'égard des nôtres et comme nous l'avons vu de nos yeux. »

La poignée de Vençois retirés dans le nouveau village de Saint Laurent la Bastide, à l'abri des hauteurs du Baou, s'est placée sous la protection du nouveau seigneur Laugier Ruffi. Laugier a conquis ses titres de noblesse au combat, il a su organiser la défense et la vie de la petite communauté évitant les attaques et la famine. Les murs ont été renforcés autour de l'antique castelet à tour carrée. Placé au sommet de cet observatoire, Victor Roubaudy guette les mouvements de l'adversaire depuis le lever du jour.

Soudain un cri: «Les Maures! Les Maures ! . » Secouant la cloche tout en hurlant, Victor donne l'alerte. En effet, prenant la direction du vallon de Malvan, après s'être regroupés, quelques centaines d 'hommes s'avancent d'un pas décidé. Devinant la manœuvre d'encerclement, Laugier Ruffi prépare une sortie avant que l'ennemi n'atteigne le pied des murailles en contournant par le plateau. Dévalant du rocher vers le vallon, la petite troupe part courageusement à la rencontre de l'adversaire. Surpris par l'attaque, les Maures désemparés reculent puis se ressaisissent et très vite submergent les Provençaux qui succombent sous le nombre. Laugier Ruffi, après un combat héroïque où tombent à ses côtés les meilleurs de ses hommes, est fait prisonnier, entravé et traîné au pied du farouche caïd Haround el Rachid. Nous étions le jour de Noël de l'an 953. La veille, la femme du seigneur de Saint Laurent la Bastide, dame Phanette à la chevelure d'or, belle comme une madone, avait donné le jour à une fillette jolie comme un ange. L'enfant avait été baptisée Nouvette en souvenir de la nuit sacrée de Noël se disant Nouvé en provençal. Avant de partir, captif du Maure, Laugier, le vainqueur de jadis, s 'humilia en demandant une ultime faveur: embrasser son épouse sur le point de rendre le dernier soupir et sa fille qui venait de naître. Magnanime, Haround accepta et proposa un bien étrange marché: «Retourne dans ton château, nous ne troublerons plus la paix des terres dont tu es le maître. Mais dans vingt ans, jour pour jour, mon fils viendra réclamer la main de ta fille, à cette condition je t'offre la liberté à toi et aux tiens qui vous êtes si bien battus ! »

Libre, Laugier Ruffi reprit le chemin de Saint Laurent la Bastide où, après avoir pleuré la mort de Phanette, il se consacra tout entier à sa fille. Au fil des années, Nouvette grandissait en beauté et en sagesse. Dans toute la contrée chacun vantait la douceur de ses traits, son charme et sa vertu. Mais le retour du Maure approchait. Laugier avait dissimulé à sa fille le terrible secret qu'il gardait enfoui au fond de son cœur tourmenté. Préparant l'assaut final contre les dernières bandes sarrasines qui infestaient encore le pays, Guillaumes le Roux Comte de Provence, déjà nommé le «libérateur», passa en automne par Saint Laurent la Bastide. Il y fut dignement reçu par Laugier Ruffi et les seigneurs d'alentour. A la fin du banquet, Guillaumes troublé par la beauté de Nouvette glissa à l'oreille de son hôte: «Je vous envie d'avoir un pareil joyau, il va pourtant falloir songer à vous en séparer pour la marier à l'un de nos preux chevaliers. Les prétendants seront nombreux! Je serais flatté de revenir parmi vous pour ses épousailles. » Laugier, confus et honteux, rougit sous le compliment n'osant révéler que sa fille représentait le prix de sa liberté.

En dépit du temps qui passait, l'odieux serment torturait la mémoire et le cœur du père de Nouvette. Les saisons s'écoulaient rapprochant toujours plus la date de l'échéance fatidique.

L'avant veille de Noël 973, alors qu'on s'activait déjà aux préparatifs de la fête, trois voiles sombres apparurent à l'horizon contournant le Cap d'Antibes. Le lendemain un émissaire du fils d'Haround el Rachid prévenait le malheureux Laugier Ruffi qu'il allait devoir exécuter sa promesse et lui livrer sa fille, rançon de l'impitoyable marché conclu vingt ans plus tôt jour pour jour. Le Maure promettait en outre à Nouvette un sort enviable, comme favorite de son harem.

Devant l'imminence du péril, le seigneur de Saint Laurent la Bastide terrassé par le poids de sa conscience, s'agenouilla dans la petite chapelle contiguë au château. Après avoir imploré la grâce divine et offert son âme et son corps pour expier la faute, il se décida enfin à avouer sa lâcheté.

Prévenue, Nouvette tomba en larmes, révoltée contre le sort injuste qui l'attendait. Nous étions le soir de Noël. Déjà la troupe des Maures confiante s'installait sous les remparts du château éclairés par la lune. Des tentes dressées s'échappaient des flots de musique étrange mêlés aux fumets des moutons rôtis pour fêter l'accueil de la promise.

La fille du seigneur de Saint Laurent la Bastide s'avançait déjà effleurant une dernière fois les genêts accrochés au bord de la falaise. Penchée vers le vide elle murmura : «Je ne vous verrai plus fleurir belles «ginestres» de ma Provence», implorante elle ajouta : «Si vous pouviez me protéger et m'épargner l'exil au pays de l'Infidèle! Aidez-moi ! » Supplia-t-elle. Simultanément et comme en écho à ces paroles, les douze coups de minuit s'égrenèrent au clocher de la modeste chapelle du château.

A ce signal et comme sous l'effet des chauds rayons du soleil de juin, tous les genêts se dressent, s'épanouissent et fleurissent formant mille haies défensives devant les Sarrasins déconcertés. Dans la campagne environnante autant de piques acérées couvertes de fleurs inondent le paysage d'une lumière dorée. Devant ce sortilège, attaqués de toute part par les flèches jaunes, les Maures abandonnent leur camp et s'enfuient en désordre vers la côte. Le jour qui suivit, ils levèrent l'ancre et disparurent à jamais du pays vençois.

Quelques mois plus tard, le 21 juin alors que les précieux genêts fleuris embau­maient les collines et les vallons, la douce et tendre Nouvette épousa en grande pompe le beau et brave Pons, fils de Rodoard, prince d'Antibes et seigneur de Grasse.

Les festivités du mariage se poursuivirent dix jours durant à la grande joie de tous. Plus tard sept enfants concrétisèrent cette union heureuse. Vence renaquit de ses ruines, la princesse s'y installa et vécut de longues années de bonheur dans sa chère Provence.

 

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10:18 Publié dans MEMOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire