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31.07.2008
SAINT LAURENT RENAÎT AU XVe SIÈCLE
Dépeuplé et abandonné, ce carrefour économique et stratégique commandant le passage du Var, ne pouvait rester dans cet état. Le confesseur du Roi René de Provence, l'évêque de Vence Raphaël Monso, seigneur du lieu, fut le premier à s'en inquiéter. Comme pour toute la Provence orientale dévastée, on fit appel à l'immigration de populations venues de la proche Ligurie italienne.
Ainsi s'établirent en 1468, une trentaine de familles arrivées de la région d'ONEGLIA (l'actuelle IMPERlA sur la Riviera italienne). Saint Laurent se releva de ses ruines et se développa sur un plan rigoureux avec de petites maisons stéréotypées à deux étages: l'étable et la cave au rez-de-chaussée, l'habitation au premier et la grange, ou grenier séchoir au second sous le toit, accessible de la rue par un astucieux système de levage, constituée par une poutre supportant une poulie ou « carella ».
Le toit était généralement à une seule pente dont l'inclinaison entraînait la pluie vers la façade principale côté rue.
La place de la Fontaine doit son nom à un bassin alimenté à l'origine par une pompe (XIXème siècle) celle-ci est encore visible entre les rues des Gueyeurs et Suchet.
Jeter un coup d’œil sur les génoises des toits de ces deux dernières rues. Elles coiffent les façades de demeures remaniées au XVIIIème conservant une rusticité paysanne qui s'allie avec bonheur au décor de la petite place avec son cyprès. Le tout forme un ensemble marqué par un cachet provençal original
Emprunter l'étroite ruelle A. ROUSTAND pour aborder la rue du TRINCO, parallèle à celle des Petites Ecuries, elle a su garder un air traditionnel en dépit des restaurations récentes, s'arrêter au n° 54 pour remarquer une maison typique avec sa poutre et sa poulie dépassant du toit pour engranger les récoltes.
Parvenu un peu avant l'extrémité de la rue, prendre la ruelle de droite qui débouche sur la rue du Var, dont les maisons servaient d'enceinte nord au village. S'avancer vers l'Avenue des Pugets et noter que l'îlot ancien (12, Rue du Var) est surmonté par une curieuse tourelle qui, avant d'être utilisée comme pigeonnier, dut servir de tour de guet.
Ensuite, par l'avenue des Pugets et la rue Honoré Geoffroy parvenir dans la rue OLIVIERI où vous observerez au n° 9 un linteau en pierre daté de 1769.
Poursuivre à gauche dans la rue de l'Eglise où au n° 67 est située l'ancienne mairie du bourg qui servit d'école pendant tout le XIXème siècle. Un peu plus loin à gauche, la rue du Four conserve le nom de l'ancien four communal qui jouxtait la mairie jusqu'au siècle passé.
Revenu place Mayen, s'engager dans la rue Centrale, cinquième rue parallèle aux remparts est-ouest, placée au cœur du village, elle conduit à la rue Valazé et de là au haut de la rue Desjobert: Place St. Antoine.
En débouchant sur la place, noter à l'angle des maisons (comme à bien d'autres croisements) les chasses-roues destinés à prévenir les dégâts des roues de charrettes.
Ancienne « Porte de France », la place St. Antoine conserve le nom de la chapelle des Pénitents blancs qui s'élevait au départ de la route de la Gaude contre le mur supportant la fontaine (avant 1935). Entre la rue Valazé et l'Avenue des Pugets, un large bâtiment constituait au XVIIIème siècle l'Auberge relais de poste des voyageurs transitant le long de la Côte, de France vers les Etats de Savoie et vice versa.
A cette époque, une tour s'élevait à l'emplacement de l'actuel parapet: « lou barri », où l'on commente encore l'actualité de ce pittoresque quartier.
Un poste de gendarmerie militaire occupait le magasin de jouets situé à l'angle sud jusqu'à l'ouverture du pont en 1792.
Descendre la rue Desjobert, qui formait l'axe principal du bourg « la grande rue» avant le XIXème siècle. Là s'écoulait le flot coloré et bruyant des véhicules et des voyageurs transitant par les bords du Var.
Observer à la hauteur du n° 39 un linteau sculpté du XVème siècle au millésime malheureusement caché. En face au n° 28, pénétrer dans la cage d'escalier de cette intéressante maison bourgeoise. Le plafond du XVIème est décoré de motifs floraux du XIXème.
S'engager quelques mètres plus bas dans l'impasse Roubion, située à gauche, la suivre jusqu'à son extrémité, pour découvrir ce qu'était le village avant d'être crépi et modernisé au goût du XXème siècle. Les galets roulés du Var forment de très jolis murs en « museau de chat » typiques de l'architecture laurentine.
Revenir Rue Desjobert, pour aboutir à une aire dégagée sur la gauche. Cette placette jouait un rôle essentiel dans la vie de la petite cité avant l'apparition de l'eau courante, puisque s'y dressait la fontaine publique succédant au puits communal.
La petite maison du n° 80, en face et au sud, reçut au XVIIIème les services de l'octroi.
Plus bas dans la rue Desjobert, une imposante demeure élève ses murs anciens dans un vaste quadrilatère limité par la place Castillon et les rues Raphaël Monso et Jules Brun.
Cet ensemble remanié au XVIIIème possède un ample escalier intérieur de style génois. Selon certains historiens ce corps d'habitation aurait servi d'hospice au XVIème siècle avant d'être acquis par la famille seigneuriale des PISANI.
Le bas de la rue Desjobert reconstruit en 1947 après les bombardements de l'été 1944 offre peu l'intérêt. Néanmoins l'actuel atelier de ferronnerie du n° 121 occuperait l'emplacement de l'hospice du XVIIIème siècle.
Remonter ensuite la rue Jules Brun pour revenir au point de départ, place Castillon, de là s'avancer vers la rue des Remparts. A gauche en longeant l'église on peut distinguer le rajout des murs passant de la belle pierre taillée et ajustée du roman à l'appareillage de gros galets multicolores extraits du lit du Var au XVIIème et XIXème siècle.
La grande bâtisse, située sur les remparts à droite (n° 4) datable du XVème par son linteau de la porte d'entrée et certains détails architecturaux, constituait le logement du corps de garde du village.
Au XVIIIème, quatre tours d'angle fermaient les murs d'enceinte du bourg, elles se dressaient à chaque extrémité des rues Desjobert et du Var. L'assise circulaire de celle située sur la rue des Remparts est encore partiellement visible à la hauteur de la rue du Var, dans le parapet dominant le parc.
En poursuivant la rue des Remparts vers le Nord, on remarquera à son extrémité et en contrebas (n° 122) un corps d'habitation qui servit de moulin au XVIIIème et XIXème, grâce à l'eau canalisée du fleuve.
L'important édifice qui lui fait front au nord occupe l'ossature d'une minoterie née au début du siècle des rêves industriels de son propriétaire le curé Toesca.
Rejoindre enfin le Parc François Layet et son véhicule en descendant l'escalier ouvert le long des remparts. Cette promenade-découverte, à travers les siècles tout au long de ruelles remplies de souvenirs atteste de l'attachant passé de Saint Laurent.
Connaître le passé de Saint Laurent du Var grâce à « Saint Laurent du Var à travers l’Histoire » (Alandis-éditions Cannes), pour commander cet ouvrage illustré et dédicacé de 17 € : téléphoner au 04 93 24 86 55
« Saint-Laurent-du-Var à travers l’Histoire » ou quand le présent rejoint en images l'Histoire de Saint-Laurent-du-Var et sa fière devise: "DIGOU LI , QUÉ VENGOUN", (DIS LEUR QU'ILS VIENNENT), significative des « riches heures » de son passé.
Avant 1860, Saint-Laurent-du-Var était la première bourgade de France en Provence, carrefour historique avec le Comté de Nice. Ville construite entre mer et collines, elle s'étire face à Nice le long de la rive droite du Var, sur 7 kms.
Cité moderne, Saint-Laurent-du-Var n'en oublie pas pour autant ses racines qui font la fierté de ses habitants. Le témoignage le plus probant de cette pérennité du passé reste sans aucun doute le « Vieux-Village », avec ses rues pittoresques et son église romane datant du XI e siècle.Lieu de transit et de passage commandant la traversée du Var, fleuve alpin particulièrement capricieux, Saint-Laurent-du-Var a subi les aléas de cette situation géographique et stratégique singulière qui a profondément marqué son destin.
Les inondations, les invasions, les épidémies, les guerres ont rythmé au long des siècles les étapes successives de la formation de Saint-Laurent-du-Var.
Grâce à de nouveaux documents et à de nombreuses illustrations inédites, Edmond Rossi, auteur de « Saint Laurent, Porte de France » et de différents ouvrages sur le passé de la région, nous entraîne à la découverte de l’Histoire passionnante de Saint-Laurent-du-Var.
10:15 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire
24.07.2008
ITINÉRAIRE DE VISITE DU VIEUX VILLAGE
L’intérêt porté au passé de Saint Laurent du Var par ses habitants toujours plus nombreux et par les touristes de passage, nous a engagé à établir un itinéraire de visite à travers les vieux quartiers. Cette promenade permet de découvrir en une demi-journée quelques-uns uns des vestiges marquant de leur empreinte la riche histoire de ce bourg provençal.
Tout débute voici près de deux millénaires et peut-être le double, si l'on fait foi aux traces d'habitations lacustres identifiées au début de ce siècle à l'embouchure du Var (Cap 3000).
Avec la venue des Romains, des sites différents seront choisis en fonction des impératifs dictés par la sécurité:
A la Pax Romana (IIIème siècle), les « villae » seront bâties dans la plaine ouest le long de l'actuelle Avenue de Provence (ancienne voie romaine).
Pendant les périodes troubles, plus à l'écart et en hauteur sur la colline des Agrimonts, ce sera le Castrum Agrimontis: (IVème siècle). Sans doute détruit lors des grandes invasions (Lombards ou Saxons) au VIème siècle, le Castrum Agrimontis à peine relevé de ses ruines dut subir les assauts des Sarrasins qui occupèrent le pays de 813 à 972.
Après ces épreuves, le silence retombe et l'on signale seulement une halte, « VARUM », sur la berge occidental du fleuve, vers 1005.
En 1033, un hameau se crée à l'emplacement de l'actuel « Parc François Layet » (ex Place Neuve), là où commence notre visite.
Vous abandonnerez votre véhicule sur le vaste parking situé en face de la Rue Desjobert.
Selon l'historien Gioffrédo, ce nouveau village sera partiellement emporté par les crues du Var. Seule la partie haute de l'agglomération bordant l'église aurait échappé aux inondations dévastatrices.
Pour aborder la visite, grimper le petit escalier de pierres usées qui escalade les anciens remparts cernant le village depuis le XVIème siècle.
Parvenu place Adrien Castillon, sur l'emplacement de ce qui fut à l'origine l'ancien cimetière, vous pourrez admirer la très élégante église romane provençale surmontée d'un campanile caractéristique.
L'ensemble s'échelonne du XIème au XIIème siècle avec des remaniements au XIVème et XVIème siècle. L'église bâtie en pierres calcaires de Gattières possède un beau chevet en « cul de four «, surmonté d'une originale frise dentelée, orienté au levant. Il est possible d'identifier sur le mur sud les aménagements successifs qui visèrent à agrandir l'église au cours des âges. Une plaque datée de 1825 restitue cette réalité liée à l'essor démographique de la communauté. La tour quadrangulaire supporta un clocher conique en pierres de style roman lombard jusqu'en 1925 où elle reçut une ornementation en fer forgé. Elle porte aussi les traces visibles de restaurations destinées à la consolider, mais la base conserve l'appareillage du XIème siècle.
Rejoindre la petite place qui fait face, à l'Ouest, au porche de l'église.
Ici débute en 1162 l'histoire de Saint Laurent du Var avec la première mention d'un hospice destiné à recevoir les voyageurs parcourant la côte et traversant le Var à bord d'un bac. Du premier hospice confié tour à tour à différents ordres monastiques, dont les Augustins, il ne subsiste que le mur limitant l'espace au nord de la placette.
Bâti en briques rouges tirées de l'argile du pays, ce mur est percé par une jolie fenêtre géminée, partagée d'une élégante colonnette en marbre avec un chapiteau sculpté. Remarquer les détails ornementaux de l'ogive ainsi que la composition du mur.
La grande voûte de plein cintre du rez-de-chaussée devait servir d'accès au porche de l 'hospice.
Pénétrer ensuite dans l'église, cette construction à nef voûtée en berceau brisé, sans narthex ni transept, avec ses bas-côtés étroits et ses fenêtres rares, relève du plus pur style roman provençal. Datable du XIème siècle pour la partie centraIe, elle a subi au cours des temps des restaurations malheureuses, destinée à satisfaire aux exigences d'un clergé soucieux de suivre le goût du jour.
Il est possible néanmoins d'admirer sur le bas côté sud un joli reliquaire en bois doré du XVIIème siècle, dit de St. Benoît, contenant selon la tradition un os de la jambe du saint martyr, fondateur de l'ordre des Bénédictins (mort en 543).
Sortir de l'église et franchir à droite un passage voûté et s'arrêter ensuite sur la place Mayen. Nous sommes ici au cœur de l'ancien village du XIème et XIIème siècle.
L'îlot homogène que bordent à l'Est les rues Raphaël Monso et Ferraretto, complété par les ensembles situés au Nord de la place Mayen entre les rues Suchet et des Gueyeurs, limité à l'Ouest par la rue du Four, forme le noyau le plus ancien.
Les passages voûtés furent percés à l'origine.
Lorsque le village sera reconstruit au XVème siècle ces ouvertures réuniront les deux parties nées d'époques différentes. En effet, la bourgade paisible entourant l'hospice tenu par les Capucins, connut au XIVème siècle toute une série de calamités qui lui furent fatales: peste à répétition, invasions de sauterelles, bandes de mercenaires, pirates venus de la mer, anéantirent la population et détruisirent une partie des habitations.
Noter vers le sud, dans la rue Raphaël Monso, « le caladage » qui permettait les jours de pluie de nettoyer les rues en pente grâce à cette rigole. Remonter ensuite la rue Ferraretto et remarquer sous le passage voûté, où le crépi du mur a disparu, l'assemblage régulier du mur, composé de galets ronds extraits du Var, les arêtes droites des constructions étant montées avec des briquettes.
Parvenus place de la Fontaine, face à la rue Honoré Geoffroy, nous abordons le village bâti au XVème siècle avec des règles d'urbanisme particulières.
Connaître le passé de Saint Laurent du Var grâce à « Saint Laurent du Var à travers l’Histoire » (Alandis-éditions Cannes), pour commander cet ouvrage illustré et dédicacé de 17 € : téléphoner au 04 93 24 86 55
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Avant 1860, Saint-Laurent-du-Var était la première bourgade de France en Provence, carrefour historique avec le Comté de Nice. Ville construite entre mer et collines, elle s'étire face à Nice le long de la rive droite du Var, sur 7 kms.
Cité moderne, Saint-Laurent-du-Var n'en oublie pas pour autant ses racines qui font la fierté de ses habitants. Le témoignage le plus probant de cette pérennité du passé reste sans aucun doute le « Vieux-Village », avec ses rues pittoresques et son église romane datant du XI e siècle.Lieu de transit et de passage commandant la traversée du Var, fleuve alpin particulièrement capricieux, Saint-Laurent-du-Var a subi les aléas de cette situation géographique et stratégique singulière qui a profondément marqué son destin.
Les inondations, les invasions, les épidémies, les guerres ont rythmé au long des siècles les étapes successives de la formation de Saint-Laurent-du-Var.
Grâce à de nouveaux documents et à de nombreuses illustrations inédites, Edmond Rossi, auteur de « Saint Laurent, Porte de France » et de différents ouvrages sur le passé de la région, nous entraîne à la découverte de l’Histoire passionnante de Saint-Laurent-du-Var.
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17.07.2008
VESTIGES DU PASSÉ
POUR LE VIEUX VILLAGE:
- l'Eglise romane et le mur voisin du monastère (XIème), à l’intérieur, reliquaire de Saint Benoît (XVIIème).
- un encadrement de porte du XIVème (maison sise rue des Remparts, derrière l'église).
- quelques vieilles maisons dans l'îlot antérieur au XVème:
- Maison Giauffer, rue des Gueyeurs
- Maison Tordo (remaniée au XVIIIème)
- Maison d'angle rue Suchet, rue Ferraretto
- les passages couverts rue Ferraretto, Place Mayen.
- des maisons du XVème, XVIème et postérieures:
- Maison Bernardi, angle rue du Var avenue des Pugets, avec une curieuse tourelle pigeonnier sur le toit.
- L'ancienne boulangerie (maison commune), place de la Fontaine.
- Une élégante maison décrépie (angle rue Honoré Geoffroy et rue Oliviéri).
- L'ancien relais de poste, carrefour Saint-Antoine Desjobert.
- La maison Bérenger avec ses escaliers décorés de fresques (rue Desjobert).
- Quelques très anciennes demeures et granges, impasse Roubion.
POUR LES QUARTIERS SUD:
- Rue de l'Ancien Pont, un ensemble de maisons du XVIIIème et du XIXème:
- Maison Giraud (poste de garde)
- Maison Cléricy
- Ancien octroi avec son entrée bourgeoise
- Une grande maison sur une surélévation (déjà figurée au XVIIIème)
- Sous celle-ci, un ancien atelier de ferronnerie dans d'anciennes écuries, proches de prisons voûtées
- Le pilier du pont près du gymnase.
- Avenue du Général Leclerc: la maison Trastour, typique en galets du Var.
- La croix de mission de 1771 devant la chapelle des Sept Douleurs.
- Les oliviers plusieurs fois centenaires de la propriété Bonin (ancien bien des évêques de Vence).
- L'ancien cimetière avec les tombes des familles Pisani, Valazé, Desjobert, Châteaugiron, ainsi que des vieilles familles de souche laurentine.
AU NORD:
- La chapelle Notre-Dame, avec ses fresques baroques (propriété de M." Bonnefous, rue des Anciens Combattants en A.F.N.)
- La briqueterie Faraud (XVIIIème), témoignage du passé artisanal (quartier des Pugets).
- Le moulin des Pugets (XVIème) (propriété Martin).
- Le château de la Tour.
- La chapelle Sainte-Pétronille.
.Cet ensemble constitue un témoignage bien mince en regard du riche passé de Saint-Laurent. Aussi serait-il souhaitable de le protéger afin d'en conserver quelques traces pour les futures générations.
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Avant 1860, Saint-Laurent-du-Var était la première bourgade de France en Provence, carrefour historique avec le Comté de Nice. Ville construite entre mer et collines, elle s'étire face à Nice le long de la rive droite du Var, sur 7 kms.
Cité moderne, Saint-Laurent-du-Var n'en oublie pas pour autant ses racines qui font la fierté de ses habitants. Le témoignage le plus probant de cette pérennité du passé reste sans aucun doute le « Vieux-Village », avec ses rues pittoresques et son église romane datant du XI e siècle.Lieu de transit et de passage commandant la traversée du Var, fleuve alpin particulièrement capricieux, Saint-Laurent-du-Var a subi les aléas de cette situation géographique et stratégique singulière qui a profondément marqué son destin.
Les inondations, les invasions, les épidémies, les guerres ont rythmé au long des siècles les étapes successives de la formation de Saint-Laurent-du-Var.
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Connaître le passé de la région des Alpes Maritimes ?
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08:48 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire
14.07.2008
"FÊTE DES GUEYEURS" A SAINT LAURENT DU VAR LE SAMEDI 9 AOÛT 2008
Tout débute voici près de mille ans lorsque en 1005 l’abbé de Saint Véran reçoit une habitation dans un hameau dénommé Varum, sur la rive droite du fleuve, où Saint Laurent s installe par la suite. A cette époque un ermite se rendait chaque année sur les bords du Var avec deux chevaux pour faire passer les pèlerins se rendant à l’abbaye de Lérins.
La création d’un hospice confié à des religieux va poursuivre cette coutume pendant les siècles suivants jusqu’au XVè siècle. « La barque de l’hospice » assurait alors le passage d’une rive à l’autre du Var.
Lorsque Saint Laurent est repeuplé en 1468 par son seigneur l’évêque de Vence, Raphaël Monso, désireux de garantir la sécurité du gué, obligation est faite aux nouveaux venus, de tenir une barque sur le Var pour en assurer le passage. Ces premiers gueyeurs laïques, dénommés « Riveraschi », vont s’organiser en corporation et maintenir leur activité jusqu’au XIXè siècle.
Les gueyeurs disparaîtrons lorsqu’un pont traversera enfin le fleuve de manière définitive en 1864.
Les gueyeurs ont donc marqué le passé laurentin durant plus de huit siècles.
De nos jours leur souvenir se perpétue dans le Vieux Village par une modeste rue portant leur nom, elle relie la place de la Fontaine à la rue des Remparts.
Récemment, en 2000, un rond point au carrefour des rues du 11 novembre, du Point du Jour et de l’Ancien Pont s’est vu paré d’une sculpture représentant une voyageuse à califourchon sur le dos de l’un de ces porte-faix, acteurs glorieux de l’Histoire de la cité.
Aujourd’hui, la fête des gueyeurs commémore dans la joie la mémoire de ces robustes gueyeurs qui durant des siècles portèrent sur leurs solides épaules les riches heures de Saint Laurent du Var.
Edmond ROSSI
SAMEDI 9 AOUT 08
PLACE DE L’EGLISE
De 7 h 00 à 13 h 00 : Marché de produits locaux, légumes, fleurs, fruits, etc.
11h : Visite guidée du Vieux Village avec Louis PellegrinA midi : Apéritif d’honneur suivi de grillades, socca, boissons
14h 45 : « Avec les Gueyeurs » débat animé par l’historien Edmond ROSSI, qui signera ses livres
De 15 h 00 à 16 h 30 : Course et Jeux du gueyeur, pour petits et grands
16h 30 : Démonstration de Pilou, par les champions du Monde
A 17 h 00 : Remise des récompenses
18 h 00 : Procession du St Laurent avec la participation des gueyeurs
18 h 30 : Messe au parc Layet avec la participation des gueyeurs
19 h 45 : Dépôt de gerbes au monument aux morts, cérémonie suivie d’un apéritif d’honneur offert par la Municipalité
20 h 00 ; Bal populaire avec NOSTALGIA : grillades, socca, boissons.
09:21 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire
10.07.2008
APERÇU HISTORIQUE SUR LE QUARTIER DES PUGETS (suite et fin)
D'autre part, le seul château authentifié par l'histoire étant le château dit du PUGET de la TOUR, et son ancienne chapelle St. Jean Baptiste, il nous est apparu intéressant de nous rendre sur les lieux pour en reconnaître les ruines (1977).
Elles s'élèvent à environ 4 km au nord de Saint Laurent-Village en suivant la RN 209 vers Gattières, sur un promontoire situé à gauche de la route, dominant celle-ci de ses 40 m. d'altitude.
Nous avons découvert dans ce quartier, toujours spécifié « La Tour » les restes imposants d'un ensemble d'habitations, ruiné, noyé dans d’épais taillis, couvrant sur le sommet une superficie de 250 m2, cet ensemble est cadastré en 5 parcelles en 1834, d'une surface voisine de 100 m2 pour les constructions qui se décomposent comme suit:
Un corps de bâtiment s'étalant sur la crête d'ouest, en est, le premier élément à l'ouest très endommagé, possède des pans de murs construits comme l'ensemble avec de gros galets du Var mélangés de matériaux d'appoint (morceaux de tuiles romaines) le tout assemblé par un mortier friable à base de plâtre, laissant supposer une récupération de vestiges antérieurs. Ces pans de murs (deux essentiellement) hauts de 5 à 6 mètres sont bordés à leur sommet par une génoise à « triple rangs » (XVIIème siècle). Ils devaient constituer le corps central d'habitation.
Nous avons remarqué une fenêtre murée au Nord devant dater du XIIème siècle et sur le mur Sud une fenêtre dont le linteau et l'encadrement en briques rouges semblent plus récents, XVème ou XVIème siècle.
S'agit-il de la Tour originelle remaniée plus tard? Le site choisi permet une vue étendue vers la mer et le Var, une meurtrière bouchée sur le mur Nord, la vétusté de l'assemblage, sont autant d'indices qui le laisseraient supposer.
Nous serions alors en présence d'un gros oeuvre édifié au XIIème ou XIIIème siècle, qui devait constituer l'assise de la Tour primitive.
En effet, ce type de construction débute dès le haut moyen-âge du fait des invasions, ses buts sont de permettre l'observation et l'abri, en cas d'alerte aux habitants des alentours. Plus tard, l'édifice aurait pu être modifié pour servir de demeure permanente et de maison de campagne seigneuriale. La tradition orale a transmis le souvenir de la réalité du passé puisque l'ensemble est aujourd'hui qualifié de « Château du Seigneur de Saint Laurent » ou de « Château de la Tour ».
Plus à l'Est au-delà d'un monticule de décombres couvert de végétation subsiste à ciel ouvert une ancienne écurie ou cave avec une citerne, le tout adossé à une maisonnette en bon état encore habitée. A l'examen le linteau de cette, écurie constitue une voûte plein cintre sans clé de voûte par application des moellons non taillés dont l'intervalle a été fixé par du mortier. Ce type de travail est daté par les spécialistes du XIème ou XIIème siècle.
La maison n'a pu être visitée, son aspect extérieur et ses tuiles romanes, son élégante génoise, ne la différencient pas des constructions d'alentours datant du XIVe ou XVe siècle (La Baronne). Ce corps de bâtiment se poursuit à l'Est par un espace anciennement abrité, sorte de séchoir ou d'aire dont le toit était supporté par des piliers en briques rouges subsistant encore.
Le tout est prolongé vers le Var jusqu'au-dessus de la route sur l'arrête sommitale par un mur de 30 cm de large, haut de 1,50m, long de 16 m, peut-être muraille de protection effondrée au sol ?
Il nous a été impossible d'identifier d'autres vestiges, un taillis buissonneux abondant recouvrant le sol et les planches voisines, complantées d'oliviers plusieurs fois centenaires. Un puits (ou ouverture sur citerne) nous a été signalé en contre bas vers la route de La Baronne, mais nous n'avons pu le repérer.
Avant la bifurcation qui permet de prendre le chemin pentu accédant aux ruines du château, à 60 m. à gauche sur la route, nous avons remarqué un captage de source avec abreuvoir dénommé par les gens du pays, « l'Abreuvoir des Chevaux du Seigneur ».
Le Tunnel de captage est voûté en briques rouges du même type que celles définies précédemment pour la fenêtre du Château, cela le rendrait contemporain des derniers aménagements de La Tour (XVème ou XVIème siècle).
D'autre part, il nous a été indiqué l'ancienne « maison du curé » située en amont de l'abreuvoir sur un coteau bien exposé à environ 150 m. (propriété Pellegrino).
Il s'agit d'un « bastidon » à un étage, aménagé en habitation, qui a conservé une génoise et possédait avant sa restauration un toit de lourdes tuiles.
Si l'ensemble était cadastré dès le XVIème siècle, l'existence de la génoise fait dater l'ensemble au plus tard du milieu du XVIIème siècle.
Cette demeure devait être celle du prieur du château voisin, le dernier propriétaire y découvrit un crucifix de belle taille, malheureusement égaré.
Au nord du château, à environ 350 m. à vol d'oiseau, sur l'actuelle propriété FOSSAT, nous avons localisé l'ancien cimetière du quartier signalé par BONIFFACY, au début du siècle.]
Le plateau a été nivelé dans les années 60 pour permettre l'implantation de serres servant aux cultures florales une tombe fut encore mise à jour à cette occasion.
Les historiens locaux ayant cité au quartier Sainte Pétronille une pierre écrite formant l'escalier de la maison EUZIERE (vers 1900) nous avons essayé sans succès de la trouver. TISSERAND en parle dans ses études sur Vence et Nice. E. BLANC l'a examinée et déclarée fausse. Son inscription partielle pouvait laisser croire à un autel dédié au dieu HERMES. En voici la transcription partielle indiquée par la FORMO ORBIS ROMANI.
BLANC:
ENNE
RMAE SPES
CIVIVM
AIAIDV
TISSERAND: (Vence)
AMAS-SPES
CIVIOM
TISSERAND (Nice) :
////////
///HERMES
///SPES
CUVIOM///
Cette pierre bien que déclarée faussement romaine par le « CORPUS » (répertoire archéologique) constituait une énigme non élucidée.
Tels sont, dans l'état actuel de nos connaissances les quelques témoignages recueillis sur l'intéressant passé historique du quartier des Pugets.
ETHYMOLOGIE POSSIBLE DU PUGET TREIZE DAMES
Rappelons que les Ligures Oxybiens occupant la région étaient d'incorrigibles pillards sur terre et sur mer.
Au terme de 80 ans de guerre entre -205 et - 125 (peut-être même dès- 154 pour les Oxybiens) les armées romaines de FLACCUS et CALVINUS « pacifièrent » la côte.
Rome amputa les premiers habitants des lieux d'une partie de leur territoire, la plus intéressante, celle qui longeait la mer sur une étendue de 12 stades (2220 m.). Pour faire respecter cette sanction les tribus ligures devaient fournir annuellement en otages des personnages marquants.
Cette distance de 2220 m. depuis la mer vers l'intérieur, compte tenu des déplacements du delta du Var nous conduit à la hauteur de l'actuelle propriété MARTIN (Moulin des Pugets).
Les treize stades nous conduisent dans le voisinage (2405 m). II faut admettre que ce lieu (zone capitale) constituait le début des terres ligures où leurs activités rurales pouvaient se poursuivre normalement.
Le puget ou colline, dominant cette plaine, prit par déformation du sens de dominar en dominarum celui de dames. (Monsieur J. CLERGUES partage également cette opinion).
Les références relatives à Emile Boniffacy renvoient à son ouvrage: « Evolution sociale d'une commune provençale pendant sept siècles, La Gaude (A.M.) ». Alphonse Picard, Paris, 1912.
Connaître le passé de Saint Laurent du Var grâce à « Saint Laurent du Var à travers l’Histoire » (Alandis-éditions Cannes), pour commander cet ouvrage illustré et dédicacé de 17 € : téléphoner au 04 93 24 86 55« Saint-Laurent-du-Var à travers l’Histoire » ou quand le présent rejoint en images l'Histoire de Saint-Laurent-du-Var et sa fière devise: "DIGOU LI , QUÉ VENGOUN", (DIS LEUR QU'ILS VIENNENT), significative des « riches heures » de son passé.
Avant 1860, Saint-Laurent-du-Var était la première bourgade de France en Provence, carrefour historique avec le Comté de Nice. Ville construite entre mer et collines, elle s'étire face à Nice le long de la rive droite du Var, sur 7 kms.
Cité moderne, Saint-Laurent-du-Var n'en oublie pas pour autant ses racines qui font la fierté de ses habitants. Le témoignage le plus probant de cette pérennité du passé reste sans aucun doute le « Vieux-Village », avec ses rues pittoresques et son église romane datant du XI e siècle.Lieu de transit et de passage commandant la traversée du Var, fleuve alpin particulièrement capricieux, Saint-Laurent-du-Var a subi les aléas de cette situation géographique et stratégique singulière qui a profondément marqué son destin.
Les inondations, les invasions, les épidémies, les guerres ont rythmé au long des siècles les étapes successives de la formation de Saint-Laurent-du-Var.
Grâce à de nouveaux documents et à de nombreuses illustrations inédites, Edmond Rossi, auteur de « Saint Laurent, Porte de France » et de différents ouvrages sur le passé de la région, nous entraîne à la découverte de l’Histoire passionnante de Saint-Laurent-du-Var.
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03.07.2008
APERÇU HISTORIQUE SUR LE QUARTIER DES PUGETS (1ère partie)
Il l'est par son nom cité à diverses reprises depuis le haut moyen-âge jusqu'à nos jours, par les quelques vestiges encore épargnés par l'urbanisation envahissante, par son étendue géographique, puisqu'il recouvre deux communes successives, Saint Laurent et la Gaude. Depuis Saint-Laurent village nous avons du Sud au Nord: Les quartiers des Pugets, La Tuilière, le Puget des Crottes, La Tour, les Crottes Mondoucot et Ste Pétronille la Baronne au nord de la Tour. Les terrains plats du pied des collines au Var constituaient dans le passé les Iscles.
Selon E. BONIFFACY, l'étymologie du Puget viendrait du latin pugetum signifiant monticule, devenu poggeto en Italien, le nom ancien du quartier était PUGET TREIZE DAMES (sans explication).
D'après les archives départementales, son appellation a varié au cours du temps: PUGET TREIZE DAMES, PUGET LA BARONNE, PUGETONO, POJETO.
C'est effectivement sur une colline que s'élevait le PUGET TREIZE DAMES avant sa destruction lointaine au cours des guerres du Moyen Age.
S'agissait-il d'un hameau faisant suite à un poste d'observation établi par les Romains, succédant à une enceinte celto-ligure? Faute de découverte précise, nous en sommes réduits aux hypothèses.
Le territoire est cité comme terre seigneuriale en 1235.
L'enquête de 1252 de Charles d'Anjou révèle 30 feux minimums soit en environ 195 habitants (260 pour Saint Laurent), même chiffres pour l'enquête précédente de 1249.
Il est désigné dans les plus anciens actes sous le nom de « locus inhabitatus de Pugeto » et de « Castrum Pugetono tresdecim dominarum ».Existait-il dès cette époque un château dans ce lieux? L 'hypothèse est confirmée par l'étude « CASTRA DIRUPTA » de L. CAPPATTI (1955).
Ce fut un fief du célèbre ROMEE de VILLENEUVE et de ses descendants. L'un d'eux NICOLAS en fit hommage en même temps que de la Gaude le 29 août 1480 à Charles III.Vers cette époque le fief fut divisé car on apprend que François de Villeneuve, fils de Hugues, en fit hommage le 4 février 1510, Pierre, fils de Nicolas faisant de même le 6 décembre 1519 par-devant le Comte de Tende, Gouverneur de Provence.
Antoine de Gréolières, successeur de Nicolas, le vendit le 8 décembre 1549 à Antoine PORTANIER, Coseigneur de Cagnes. Claude et Honoré PORTANIER, fils et petits-fils d'Antoine portèrent le titre de Seigneur de Puget après 1600.
Néanmoins, Claude de Villeneuve, baron de Vence, était seigneur du Puget en 1573 et tous ces descendants de la branche de Vence l'ont possédé jusqu'à la Révolution sous le nom de fief du Puget de la Baronne, ou de Puget de Monsieur de Vence.
Il faut admettre la division du fief en plusieurs territoires distincts en rapport avec son étendue.
E. BONIFF ACY nous rapporte également que les Archives de LA GAUDE révèlent un autre fief en rapport avec le Puget, désigné sous le nom de PUGET SAINT CEZARY qui appartenait en 1700 à Monsieur de Saint Laurent.
Cette appellation proviendrait d'une propriété des Villeneuve St. Cézaire, branche descendante de RENAUD, fils de HUGUES, son arrière-petit-fils HONORE, seigneur de BOURRIGAILE, ST.CEZAIRE, LE PUGET, SERANON, et partie de MALVANS devint Sénéchal de GRASSE et dut vendre son fief à la famille PISANI, Seigneur de Saint Laurent.
C'est le bas PUGET ou PUGET de la TOUR, indiqué sur une carte du XVIIIème siècle par un « Pavillon » puis comme une maison de campagne du seigneur de Saint Laurent au XVIIIème siècle, il reste encore quelques vestiges de ce château.On y voyait aussi au voisinage une chapelle aujourd'hui disparue, citée dans le « POUILLÉ » (inventaire des biens ecclésiastiques de PROVENCE par CLOUZOT) « LE BENEFICIA de SANCTO JOHANNE et de PUGETO » sans date définie.
M. G. DOUBLET dans une étude sur les paroisses du Canton de Cagnes (ANN. SOC. LET. SC. et ARTS des A.M. 1903) indique la Chapelle St. Jean Baptiste à la terre de Puget, mentionnée en 1719 par BOURCHENU près du château de Puget, ouverte et abandonnée, les ennemis ayant tout enlevé. H. BOUCHE indique en 1667 La Paroisse de Peton (Castrum de Pognon, lieu déserté).
Le même BOURCHENU signalait en 1715 une chapelle « voisine de la « Bastide » de Monsieur de Saint Laurent appelée la Tour du Puget » il ajoutait « elle est ouverte, n'a point de tableau et a été ruinée par la dernière guerre ». S'agit-il de la même ?
Plus tard en 1726, il note la chapelle St. Jean « au haut Puget, refaite par Pisani, seigneur de Saint Laurent ».
Selon BONIFFACY, cette Chapelle St. Jean-Baptiste a dû être le centre d'un important groupement « si l'on en juge par la quantité d'ossements humains trouvés autour de ses ruines » (témoignage en 1912 relatif à la propriété au Puget de Francis Nirascou, de St. Jeannet).
D'après ces relations, il apparaît que le château et la chapelle formaient un ensemble servant de point d'appui à une communauté humaine très ancienne et fort nombreuse.
Cette communauté fut, parait-il, longtemps autonome, elle était affouagée 1/16 de feu mais elle ne formait pas paroisse, étant rattachée ecclésiastiquement à LA GAUDE, dont elle constituait une annexe.
La population se composait des fermiers de la BARONNE et du « jardin du Bas Puget ».En plus de ces fiefs nobles, ces territoire comprenaient des biens roturiers partagés entre 160 propriétaires, dont une centaine de St. Jeannet, 46 de la Gaude et seulement 15 de Saint Laurent. Sa production essentielle était un vin très estimé.
En 1790, la Commune de St. Jeannet envisagea d'annexer la Communauté sur l'initiative de son Maire François AUZIERE, notaire (royal) du village. Les mêmes intentions naquirent à La Gaude avec le prétexte que le Puget dépendait de sa paroisse.
Aussi, les administrateurs du district convoquèrent « les citoyens actifs possédant bien du territoire du Puget » pour délibérer sur une abdication d'indépendance qui ne leur apportait sans doute que peu d'avantages. Ceux-ci, réunis le 20 juillet 1790 à la Baronne dans la bastide de Jean Martel « délibérèrent par 77 suffrages que le territoire de Puget Treize Dames serait joint au territoire de St. Jeannet contre 41 qui furent d'avis de le joindre au territoire de La Gaude ». Mais la commune ne fut « annexée » ni à St. Jeannet ni à La Gaude, mais bien à Saint Laurent!
Les deux parties évincées ne se résignèrent pas puisque le 18 février 1791, une délibération du Conseil s'adressait... « A l'Auguste Assemblée Nationale pour amener la révocation de l'arrêté du Département du Var et la supplier de prononcer l'annexion à celui de La Gaude », ce qui eut pour résultat partiel de faire attribuer le quartier de La Baronne (Haut Puget) à cette Commune.
Un inventaire administratif des biens de la Communauté établi en 1791 précise les cultures pratiquées à cette époque, essentiellement l'olivier suivi de la vigne et quelques rares mûriers, orangers et figuiers.
Dans ce même quartier de La Baronne, sur la partie gaudoise, au départ du chemin communal reliant la N. 209 à la D. 118, nous avons remarqué à droite une ancienne « bastide » avec une élégante fenêtre aveugle du XVeme, ayant conservé son encadrement et son linteau blasonné, et sur la partie laurentine se dresse à quelques dizaines de mètres de la RN 209, sur une éminence, la Chapelle Ste PETRONILLE.
C'était selon E. BONIFFACY une annexe du prieuré de La Gaude dépendant du Chapitre de Vence. Elle est citée par Mgr BOURCHENU en 1716, située sur le chemin du Broc à Saint Laurent « au territoire du Puget Treize Dames sur le Var, annexe du prieuré de La Gaude ». Elle avait alors un tableau représentant la Vierge tenant l'enfant Jésus, en dessous, Ste Pétronille et St. Jean Baptiste. En 1719, un tableau avec le Saint et la Sainte est également mentionné (M.G. DOUBLET: Etude sur les paroisses du canton de Vence). En 1726, elle n'était point réparée.
MADAILLAN la cite en 1771 située « sur les bords du Var ». Comme bien de l'Eglise elle fut confisquée au moment de la Révolution, elle était jusqu'alors un lieu de pèlerinage très fréquenté le 31 mai par les paroissiens de St. Jeannet, La Gaude et Saint Laurent.
D'après BONIFFACY, ces manifestations pieuses à l'origine dégénérèrent à la longue. Ainsi on rapporte qu'un habitant de la Gaude, J.B. BERENGER, y fut tué d'un coup de fusil le 31 mai 1763 au cours d'un de ces pèlerinages où le petit vin du cru coulait à flot et où les rixes éclataient pour le moindre prétexte. (Registre des décès de La Gaude, 1er juin 1763). Les désordres se perpétuèrent chaque année: une bataille en clôtura la série le 31 mai 1821.
L'actuelle Chapelle a été l'objet d'une restauration maladroite en 1960 à l'initiative coupable de l'Abbé ISNARDY, ayant perdu de ce fait, excepté le toit, tout caractère d'authenticité.
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