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09/01/2015

SAINT LAURENT DU VAR: VISITE PROMENADE DANS LES RUES DU VIEUX-VILLAGE

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La première étape de cette visite est logiquement consacrée à l’église romane datée du XI eme siècle, construite en belle pierre calcaire blanche de Gattières.

L’édifice se situe sur la place Adrien Castillon, ancienne « Place Vieille ».

pour y accéder, il suffit d’emprunter les escaliers des anciens remparts, face au parc François Layet. On notera le magnifique campanile en fer forgé travaillé, caractéristique des églises provençales et l’abside en cul de four avec son bandeau « en engrenage » diffusé par les moines de Lérins au Moyen-Age.

La plaque datée de 1850, placée sur le mur sud de l’église, confirme les modifications apportées à l’édifice tout au long de son histoire. Ces agrandissements sont également visibles par le changement de matériaux de construction au fil des aménagements

Avant de pénétrer dans l’église, on peut admirer les vestiges du premier hospice mentionné à Saint Laurent du Var : un mur percé d’une grande voûte qui devait servir d’entrée au porche de l’hospice et d’une petite fenêtre partagée par une élégante colonnette de marbre blanc.

Le mur est réalisé en briques façonnées sur place, avec l’argile rouge extraite au quartier des Pugets.

L’intérieur de l’église romane, caractéristique du style roman provençal.

A la sortie de l’église, emprunter à gauche le « pontis » (passage voûté), construit en gros galets roulés par le Var. Après le passage à droite, rue Ferrareto, il est possible d’admirer le mur de l’hospice et sa fenêtre sous un autre angle.

L’église constituait le noyau du premier Saint Laurent, délimité à l’est par les rues Raphaël Monso et du Four et au nord par la rue des Gueyeurs.

Le reste du Vieux-Village date de la seconde période de construction, c’est à dire du XV ème siècle.

Les temps étant devenus plus calmes qu’au Moyen-Age, les constructions s’inspirent du type urbain italien sur l’initiative des monastères. A partir de la place de la Fontaine, point central, on peut observer la linéarité des rues des Petites Ecuries et Honoré Geoffroy.

A l’extrémité est de la rue du Var, au bord des remparts, il est possible d’admirer ce qui était à l’origine l’assise d’une des quatre tours de guet qui joignaient les quatre remparts ceinturant le quadrilatère du village. On notera également la présence des chasse-roues à l’angle des maisons, destinés à prévenir les dégâts des roues de charrettes.

Aux périodes de troubles et d'invasions, les habitant s'étaient réunis en des lieux élevés, faciles à défendre.

Sur le point le plus haut, ils avaient érigé le château ou un lieu cultuel, cœur du nouveau village.

Tout autour de ce noyau central, ici l’église, la ville s'était agrandie en circonvolutions successives que I’œil averti peut toujours distinguer aujourd'hui.

Au Moyen Age, les rues furent souvent tracées de façon à permettre un bon écoulement des eaux pluviales.

Certaines d'entre elles suivent unepente, d'autres les coupent à un angle se rapprochant de la perpendiculaire. Une disposition qui permettait alors de remédier à l'absence d'égouts.

La moindre averse balayait ainsi la ville et le ruisseau central se transformait en véritable torrent qui entraînait eau stagnante et immondices. Le piéton avait ainsi tendance à raser les murs, d'où l'expression «tenir le haut du pavé »

On tenait compte aussi de l'orientation du vent. Les rues sont tortueuses, coupées d'étranglements, d'impasses et de redans.

L’étroitesse des voies permettait aussi de conserver une agréable fraîcheur au cœur de l'été.

Les demeures aux façades étroites percées de quelques ouvertures étaient fort sombres.

Le verre demeurait l'apanage des propriétaires aisés et la plupart du temps, un parchemin huilé faisait office de vitre.

Souvent composée de trois étages, la maison médiévale comportait parfois un encorbellement.

Le rez-de-chaussée abritait la remise ou l'échoppe. Le premier étage était réservé au logement et le grenier occupait le troisième niveau. On accédait aux étages par d'étroits escaliers «en colimaçon »

L’augmentation de la population entraîna une transformation de l'habitat: des greniers furent convertis en logements, on suréleva les maisons et on construisit de nouvelles pièces sur des pontets chevauchant les ruelles.

La rue Desjobert a constitué jusqu’au XIX ème s, l’artère principale du petit bourg, la Grande Rue. C’est par cette voie que transitaient les voyageurs qui voulaient traverser le Var à gué. A proximité l’impasse Roubion conserve les vestiges d’une construction de galets en « museau de chat », caractéristique de l ‘architecture laurentine.

En se promenant aujourd'hui dans le centre ancien, dont le tracé est resté immuable depuis le Moyen Age, on découvre avec intérêt ce que fut la vie du citadin médiéval.

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28/12/2014

SAINT LAURENT DU VAR, « AU PAYS OU FLEURIT L’ORANGER… » Alphonse Karr

LA CUEILLETTE DE LA FLEUR D'ORANGER.jpg

Les planches ou terrasses bordant Saint Laurent travaillées de main d'homme depuis des millénaires, ont donné au paysage ses aspects d'immenses escaliers à flanc de collines, campagnes jadis plantées en oliviers et orangers. Les Romains auraient introduit la culture en terrasse du bigaradier, l’oranger commun au fruit aigre ou amer, dont la fleur distillée en eau est à la base de l'essence de néroli des parfumeurs de Grasse, elle-même base de l'eau de Cologne. D'usage universel depuis le haut Moyen Age, l'eau de fleur d'oranger était jugée efficace contre le scorbut, la jaunisse et les fièvres pestilentielles, les dames de Provence l’appréciaient dans leurs vapeurs. La mariée et ses demoiselles d 'honneur se devaient de porter des guirlandes de fleurs d'oranger mêlées de roses blanches et de myrte, symboles de virginité.

Le bigaradier a toujours sédures qui affirmaient « il n’y avait rien à jeter du bigaradier ! »

Le terroir laurentin a longtemps profité des qualités de cet agrume.

En effet, de la fleur à la feuille cet arbre offre ses trésors. En mai commence la récolte des fleurs, en prenant soin d’en laisser quelques-unes qui donneront les fruits.

Les fleurs sont distillées pendant 6 à 8 heures dans un alambic avec de l’eau, elles donnent naissance à l’eau de fleur d’oranger où surnagent des particules d’huile essentielle : le néroli. Il sert de fixateur pour la parfumerie haut de gamme. Le reste est utilisé dans la cosmétique mais aussi dans l’alimentaire : on fait appel à ses vertus apaisantes pour les tisanes et les boulangers s’en servent pour aromatiser des petits pains ( fougasses ).

En juin les feuilles sont ramassées sur l’arbre pour faire de l’essence de petit grain utilisée en parfumerie. En novembre, les oranges vertes sont cueillies. Le fruit est piqué par une machine et, de l’écorce est extraite l’huile essentielle de zeste d’orange amère verte. On l’utilise en boulangerie ou pour confectionner des sodas. En janvier et mars, les oranges mûres sont cueillies pour confectionner de délicieuses confitures et du vin d’orange.

En 1895 les producteurs de fleurs d’oranger se regroupent. Le Nérolium naît en 1904, à Vallauris avec plusieurs sections, une par commune. Saint Laurent regroupe ceux de la vallée du Var. La coopérative Nérolium créée pour faire face à la chute des cours regroupait les 4/5 des producteurs des Alpes-Maritimes en 1939. La cueillette des fleurs était surtout féminine chapeaux et manches longues pour la protection contre le soleil et échelles trépieds caractéristiques. Saint Laurent au mois de mai était un éblouissement: parfum omniprésent de la fleur et chant des ouvrières italiennes qui se répondaient d'un jardin à un autre. D’autres épluchaient les « coulannes »,les pelures d'orange amère d'un seul tenant, vendues pour la fabrication d'un apéritif comme le Picon.

Vers 1968 les derniers propriétaires récoltants s'activent encore en dépit de la concurrence internationale pour d’ultimes cueillettes sur des bigaradiers qui seront bientôt greffés en clémentiniers et citronniers.

04/12/2014

A SAINT LAURENT DU VAR, LA SAGA DE LA CULTURE DE L’OEILLET

LA CULTURE DE L'OEILLET.jpg

Dès  le dix-huitième siècle le climat méditerranéen permet une culture originale et inattendue qui connaîtra un essor à Saint Laurent. L’Anglais Smolett indique en 1764 :" que les roses et les oeillets sont expédiés à Turin, Paris et même Londres. On les emballe dans une boite de bois, pressés les uns contre les autres, sans leur faire subir aucune préparation. La personne qui les reçoit coupe le bout des tiges et les plonge pendant deux heures dans de l’eau vinaigrée, ce qui leur conserve leur fraîcheur et leur beauté."
En s’installant vers 1787 dans le nouveau faubourg de Nice, loin de la "Vieille Ville", dans le quartier de Croix de marbre, les Anglais construisent en bordure du front de mer, des villas entourées de vastes jardins exigeant une production importante d’arbres, d’arbustes et de plantes d’ornement. C’est donc pour un débouché local que la Côte a constitué son premier patrimoine horticole.
Les moines du monastère de Saint-Pons à Nice cultivent, dès  1870, 4000 plants d’œillets pour alimenter le marché niçois.
L’œillet crevard, cultivé alors, doit son origine à un oeillet importé d’Italie peut être dès  la fin du Moyen Age.
Après la deuxième guerre mondiale, la Côte d’Azur abandonne la recherche de nouvelles variétés pour se lancer dans la culture massive d’un oeillet d’origine ligure, dont le chef de file est l’Anita résistant aux parasites. Sa culture en plein air nécessite l’installation de tuteurs et de fils de coton. Parfois un abri sommaire de paillasson de canisses protége des températures basses de la nuit hivernale. Des hybrideurs ont su, après plusieurs générations, créer ces variétés d’œillets dit "Niçois" qui ont fait le renom de la production azuréenne appréciée par la clientèle.
L’œillet Américain est une nouvelle spéculation horticole sur la côte. Sa culture ne remonte guère qu’aux années cinquante mais elle a pris depuis une très grande importance. Elle possède un gros avantage économique du fait que la production est totalement effectuée sous serre.
Le terroir horticole laurentin, juxtapose les deux types d’horticulture les plus caractéristiques de la Côte d’Azur : à flanc de coteau des cultures en plein air et, sur les dernières pentes adoucies, ainsi que dans une étroite zone de plaine, une production intensive sous serre et plus rarement en plein air.
Trois âges, trois étapes d’une évolution se trouvent encore représentés à Saint Laurent, d’abord l’horticulture de plein air et la culture des plantes à parfum, relayée ensuite par l’horticulture plus spécialisée et plus intensive et très souvent sous serre. L’urbanisation du terroir chasse progressivement, et définitivement, les horticulteurs des meilleures régions de culture.

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