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29.12.2006

DECOUVRIR LES DIFFERENTS QUARTIERS DE SAINT LAURENT

            TOPONYMIE DES NOMS DE QUARTIERS

Agrimont : étymologie - du provençal Agreu : houx, du latin acriforlium et du mont - Mont couvert de houx     : autre étymologie - du grec Agrios (champs sauvages) - en latin, de ager, agri (champs) - Mont couvert de champs

Baraques : des entrepôts recueillant le bois de flottage étaient installés dans ce quartier

Baronne : de baronnie, seigneurie - terre d’un baron

Bassins : larges terrains en cuvettes bordant le Var

Casals : du latin casalis : relatif à la ferme. Lieu où se situait une ferme ou bien nom d’homme

Condamines : en provençal, nom de la terre végétale : selon l’ancien provençal, il signifiait « co-seigneurie » puis le sens devint « champs constituant la réserve seigneuriale ». Les terres désignées sous ce nom sont généralement les plus fertiles

Esparte (Vallon de l’) : du provençal esparceto qui vient du radical épars - signifie sainfoin

Filagnes : de fil et du suffixe provençal agne (augmentatif et parfois péjoratif) - terrain broussailleux ou culture de la vigne en rangée ( file ). 

Galinières : en provençal poulailler. Probablement lieu où étaient installés ceux-ci

Jacons : hameau - lieu-dit qui a emprunté un nom d’homme, diminutif de Jacques

Lac : quartier bordant le Var, partiellement inondé

Maubert : nom d’homme

Montaleigne : du latin lignium : bois - mont boisé

Notre-Dame : en rapport avec la chapelle édifiée dans ce quartier et dédiée à Notre-Dame

Paluds : nom provençal palu, palun : marais, terre d’alluvions - du latin palus, udis - dans notre cas, terrains marécageux

Pignatières : du provençal pignata : marmite en terre. Lieu où l’on extrayait la terre d’argile pour confectionner les marmites et où se fixèrent des ateliers de potiers « des pignatières »

Plans : terrains plats

 Puget : nom provençal : petit puy, monticule, ondulation du terrain

Ragadan : du latin rhagades : crevasses, gerçures - terrain crevassé

Rascas : du provençal rascasso, de rasco : teigne - terre pelée

Saint Antoine et Sainte Pétronille : quartiers qui prennent le nom de la chapelle dédiée au Saint ou à la Sainte en question

Les Serres : du provençal : scie - crête allongée, rocheuse, dentelée

La Tour : quartier qui prit le nom d’une tour de guet dont subsistent les ruines

La Vallière : de vallée largement ouverte

Var : le nom est très ancien. Il dérive de la base Italo-Celtique, vara : eau, laquelle correspond au sanscrit, var et en grec, varo - désignation de l’eau en genre inanimé. Le Var provençal a pour pendants la Vara ligure, diverses Varia, le Vaire des Basses Alpes qui se trouve être un de ses affluents et   des dérivés tels que Varisia, soit la Varèze dans le Gard et   Vardo, soit le Gard (avec influence germanique sur l’initiale) sans oublier la Varaita du Piémont (selon J.E. Dugand)

Vespins :   - soit du latin puis du provençal, vespa : guêpe et du suffixe provençal in (diminutif) - quartier habité par des guêpes - soit du latin vespices : halliers, buissons épais

                                                                                                                      

Certains quartiers ont vu leur nom oublié :

- « Le collet rouge » (la colline de terre rouge)

 « la tuilière »

- « les crottes » (caves ou grottes)

- « les mourrès de Tinéa » (mourrès : tête ou cîme - Tinéa : bassin, cuvette)

- « Les Pomarels » (pommiers)

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25.12.2006

PROMENONS NOUS DANS LES RUES DE SAINT LAURENT

                    DES RUES ET DES PLACES

                    EVOCATRICES DU PASSÉ 

Rue de l’Ancien Pont

Comme son nom l’indique, cette voie aboutissait à l’ouvrage qui entre 1792 et 1857, reliait Nice à Saint Laurent du Var alors ville frontière entre la France et les Etats sardes, séparés par le fleuve.

Place Adrien Castillon

Les Castillon sont une ancienne famille de notables laurentins. Depuis 1769, les Castillon apparaissent tour à tour comme débitant de tabac, maire, greffier communal, chef de la Garde Nationale, receveur des impôts et instituteurs. Adrien Castillon  fut en 1904 le fondateur du Canal de la Rive Droite du Var qui amena l’eau courante au village. C’est en 1948 que la municipalité donna son nom à la Place de l’Eglise, l’ancienne Place Vieille, installée sur l’emplacement du premier cimetière.

Rue Desjobert

Avant le XIX ème siècle, cette voie constituait la « Grande Rue » du bourg qui deviendra le futur « Vieux-Village » de Saint Laurent du Var.

Desjobert, ancien consul général de France à Naples, officier de la Légion d’Honneur, perdit la raison à la suite d’une douloureuse et incurable maladie qui le poussa au suicide. S’étant donné la mort à Nice en 1832, sa famille ne put prétendre à une inhumation décente dans cette dernière ville. Elle acheta la complaisance et les faveurs de la municipalité et du clergé laurentin qui accueillirent sa dépouille au cimetière de Saint Laurent du Var où sa tombe est toujours visible. Après l’acte généreux de sa famille, Desjobert fut considéré comme un bienfaiteur de la commune.

Place de la Fontaine

La fontaine est aujourd’hui purement ornementale, au XIX ème siècle elle était alimentée par une pompe, avant la généralisation de l’eau courante.

Rue du Four

Le four était un lieu de rencontre privilégié, situé dans la partie la plus ancienne du village.

A l’époque féodale, à l’instar du moulin et du pressoir, les habitants étaient tenus de recourir au four dit banal, moyennant redevance. Par la suite, l’utilisation du four ne sera plus obligatoire et son accès restera libre pour tous.

Rue Honoré Geoffroy                                                                                          

Honoré Geoffroy, prieur de Saint Laurent, se fit connaître pour sa conduite héroïque le 11 juillet 1704. Ce jour là, alors qu’il avait déjà, en janvier de la même année, été injurié et bousculé par la soldatesque savoyarde venue de Nice, il se porta seul au devant d’une troupe d’envahisseurs de même provenance et par son courage et ses prières il sauva Saint Laurent.

Rue des Gueyeurs

La fonction de Gueyeur disparut après l’installation du pont sur le Var. Véritable profession, régie par un statut particulier dès le XV ème siècle, elle connut son heure de gloire au XVIII ème siècle. Les Gueyeurs, solides gaillards choisis pour leur force, leur moralité et leur tempérance avaient pour mission, moyennant rétribution, d’assurer la traversée du fleuve aux voyageurs et à leurs équipages, n’hésitant pas à porter les personnes sur leurs épaules.

Rue Raphaël Monso

Originaire de Barcelone, appartenant à l’ordre des Augustins, Monso devint évêque de Vence en 1462 et à ce titre seigneur de Saint Laurent jusqu’à sa mort en 1491. C’est lui qui, en 1468, conclut avec 35 chefs de famille d’Oneglia en Ligurie, l’acte d’habitation qui permit de repeupler Saint Laurent vidé de sa population par les épidémies, les pillages et les destructions des crues du Var du XIV ème siècle.

Rue des Petites Ecuries

Cette appellation rappelle l’époque des diligences et à la présence d’un relais de Poste au début de la rue Desjobert, à proximité de la « Porte de France ».

Avenue des Pignatières

En provençal, une pignata est une marmite en terre. A Saint Laurent ce nom désigne le quartier où étaient installés les ateliers des potiers. La matière première provenait de l’argile extraite sur place.

Rue des Remparts

Seuls, quelques vestiges des remparts dominant le square du Monument aux Morts de la commune, rappellent l’enceinte qui protégeait le village contre d’éventuels envahisseurs venus d’au-delà du Var. Les maisons fortifiées de cette rue avaient la même fonction défensive. L’ensemble est bâti en galets multicolores provenant du lit du fleuve voisin.

Rue du Var                                                                                      

Bien qu’éloignée du Var dont elle porte le nom, cette rue, placée le long de l’ancienne enceinte nord du village, dispose encore ses maisons dans un alignement propice à assurer une solide ligne de défense. A l’ouest, remarquer la maison surmontée d’une tourelle servant de pigeonnier qui faisait jadis office de tour de guet.

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21.12.2006

LA REPUBLIQUE OU MOURIR !

SAINT LAURENT REPUBLICAIN, DE 1848 A 1851

Le 23 Avri11848, Honoré Amadieu, capitaine de la gar­de nationale de St. Laurent, demanda au maire le drapeau de la commune, il monta à Vence mais ne le ramena pas!

Le même jour, le garde champêtre à la faveur des élec­tions passa du côté sarde. Comme il était génois on l'arrêta et on le refoula! Ainsi s'écrivait au jour le jour la chronique du village.

Le 19 novembre 1848, St. Laurent en liesse fête la pro­mulgation de la constitution républicaine votée le 4 par l'as­semblée Nationale. Le matin: salves; à 10 h., 150 kg de pain sont distribués aux pauvres !

A 14 h., toutes les autorités civiles et militaires de la commune s'assemblèrent à la Mairie, d'où elles se rendirent sur la place publique. Là, le Maire ceint de son écharpe lut « l'acte fondamental » entre deux feux de pelotons du déta­chement de voltigeurs du 31ème de ligne et de douane. 

Au milieu des cris mille fois répétés de « Vive la Répu­blique", un cortège se forma entraînant la foule à l'église pour y entendre chanter le « Te Deum »...

                                                                                                             

Trois ans plus tard, à quatre jours de diligence des affaires parisiennes, le canton de Cagnes comme le reste du département du Var prend part à la lutte des « Blancs » et des « Rouges », c'est à dire les partisans de Napoléon le petit (le Prince Président Louis Napoléon, futur Napoléon III) et les légitimistes, répu­blicains et républicains socialistes.

Selon le Sous-Préfet, les bons cantons favorables aux Blancs sont ceux de la montagne; sont à surveiller Grasse, Cannes, Saint Paul et Cagnes.

Le coup d'état du Prince Président accompli à Paris le 2 décembre 1851 à 2 h. du matin est confirmé à Cagnes et Saint-Laurent comme dans tout l'arrondissement de Grasse par l'affichage d'un décret lapidaire le 3 au matin.

On discute ferme dans les auberges de Saint-Laurent, les Républicains du canton se consultent pour une éventuelle riposte. Pour des raisons opportunistes, ceux de Grasse conseil­lent l'attentisme et prêchent la démission à leurs amis de Can­nes et Vence.

Une forte personnalité le Docteur PROVENÇAL, mi­litant républicain cagnois, n'accepte pas la passivité qui lui est recommandée.

Bien que convoqué à Grasse le 3 décembre, il passe la frontière, se rend à Nice pour contacter un émigré républi­cain Mathieu, ex maire de La Garde Freinet.

Le 6 décembre au soir, armé de son fusil de chasse, le ruban rouge qui lui sert aux saignées enroulé autour de son chapeau, il rassemble une petite troupe d'hommes de Cagnes, Saint-Laurent et Vence, médiocrement pourvus d'armes.

Le groupe se dirige sur les bords du Var, au quartier de La Baronne, où ils espèrent l'arrivée d'une colonne de réfugiés français venant de l'autre rive.

Le Var est en crue, le renfort ne viendra pas.

Les quelques hommes se débandent devant la réserve et l'hostilité des habitants et des autorités du voisinage.

Les maires de Saint-Laurent, Cagnes et La Gaude refu­sent toute idée de soulèvement armé. Le détachement militaire de Saint-Laurent et les fonctionnaires des douanes demeurent fidèles au Gouvernement.

Le Docteur Provençal, abandonné de tous, s'enfuit aux Plans de Gattières où un passeur lui fait gagner la rive sarde: « Je passais à minuit, par un froid glacial, sur les épau­les d'un campagnard de Gattières, Marcellin Nirascou, échappant ainsi à la fusillade de toute la brigade de douane et la Garde Nationale bonapartiste de cette bourgade, mise à ma poursuite ».

Ainsi se termina ce que le Sous-Préfet de Grasse et le Consul de France à Nice appelèrent « la colonne insurrec­tionnelle du Var ».

Le lendemain 7 décembre, un dimanche au matin, César Provençal, fut appréhendé par les carabiniers sardes, au bord du Var, au pied d'un arbre où il avait dormi quelques heures. Il fut conduit en prison pour franchissement clandestin de la frontière. Il devait connaître les premiers temps difficiles de l'exil politique.

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17.12.2006

SAINT LAURENT AU TEMPLE DE LA BRAVOURE FRANCAISE

SAINT LAURENT DU VAR DANS LA GLOIRE DE VERSAILLES

A la mort de Maximilien en 1519, l'Empire était sans titulaire. Charles d'Autriche et François 1er se disputèrent la couronne. Charles l'emporta et devint Charles Quint (le cinquième du nom).

Des hostilités s'ensuivirent. En 1522 les Français étaient battus à la Biccoque en Italie et Charles assurait sa victoire dans la péninsule en faisant élire pape son ancien précepteur Adrien VI.

La situation se fit tragique pour la France. Le plus grand seigneur de l'état, le connétable de Bourbon, se joignit à l'ennemi au moment où François 1er s'apprêtait à traverser les Alpes.

L'ancien royaume d'Arles, qui comprenait la Provence, lui était promis.

Bonnivet reçu la mission de recouvrer l'Italie. Blessé, il échoua à Biograsso, Bayard lui succéda, il fut tué en avril 1524.

La Provence se trouva menacée d'invasion. Bourbon était en juin à Monaco, où mouillait l'escadre impériale. Pescaïre, autre chef ennemi, allait franchir le col de Tende. Tout le pays de Vence et de Grasse fut mis en alerte. La flotte française et celle de l'amiral Andréa Doria au service de François 1 er cinglèrent de Marseille vers la frontière du Var.

Pescaïre s'installa dans Nice. Le 4 juillet, l'escadre française qui gênait, à l'embouchure du Var, les efforts réunis de Pescaïre et Bourbon, réussissait à s'emparer du prince d'Orange. Le 7 juillet, elle battait l'escadre de Hugues de Monaco. Vice-roi de Naples, devant St. Laurent.

Bourbon put passer le Var, le 10 juillet, sous le canon de la flotte française, il occupa Saint Laurent et Cagnes laissés sans défense.

Il s'engagea ensuite en Provence parvenant jusqu'à Mar­seille où, faute de matériel et d'artillerie, il abandonna le siège.

Beaucoup plus tard, lorsque au XIXème siècle Louis Philippe entreprit de transformer le Château de Versailles en musée consacré « aux gloires de la patrie », il n'oublia pas la bataille de 1524 dont les effets évitèrent une invasion de son pays.

En 1839, Gudin peintre officiel, se vit confier le soin de fixer la bataille navale de Saint Laurent « dans le temple de la bravoure française «.

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13.12.2006

LE LIT DU VAR, FRONTIERE CONVOITEE

LES DÉMÊLÉS ENTRE LAURENTINS ET NIÇOIS

                                       A PROPOS DES ISCLES

Lorsqu'en 1388, la Viguerie de Nice se détacha de la Provence pour devenir savoyarde, de graves conflits prirent naissance entre Provençaux et Niçois pour la possession des terres du lit du Var; ceux-ci se poursuivirent durant des siè­cles, dégénérant souvent en véritables affaires d'état.

Le Var étant la nouvelle Frontière, il fallait définir avec précision la propriété des Iscles.

Selon un juriste niçois du XVllème siècle « les Iscles seraient des endroits qui ont été inondés, mais qui ne sont cependant point séparés du continent par un bras d'eau; les Iscles sont agrégées de broussailles et d'arbres ».

Devant Lingostière, le Balme de Saint-Jean, Crémat, Saint-Sauveur, la Comba Plana, la Séréna, les Mille Faïsses, Sainte-Marguerite, Sambuc, le Baou de Carlon, les Iscles étaient plantées de vignes, d'arbres fruitiers, ou ensemencées en blé.

Ces bonnes terres cultivées attiraient la convoitise des Laurentins qui en réclamaient la jouissance du fait « que la puissance du plus grand Roy est suffisante pour justifier la possession ». Ils ajoutaient « le Var n'a jamais cessé d'être aux Comtes de Provence, auxquels Nice appartenait, et lorsque le transfert du Comté a été fait au Duc de Savoie, la rivière ne bougea pas pour cela «.

Le Var restait donc possession royale et « l'usage et les facultés du Var et des Iscles qui s'y sont formés sont aux habitants de Saint-Laurent à l'exclusion des Messieurs de Nice ». Les Laurentins concluaient « tous les endroits recou­verts par les inondations, ainsi que les terres contournées par quelques petits bras du Var transformées provisoirement en Iscles et que les Niçois désignaient sous le nom de Plan du Var devaient leur revenir » .

Selon le Duc de Savoie, les habitants des rives proven­çales « n'avaient aucun droit en deçà d'y celui » car dans les traités, le fleuve ne figurait que comme « confins et confront » sans qu'il ne soit fait état des Iscles. « Le Var coulant sans tarir » doit être considéré « de régale ». Il est donc « pos­session des souverains dont il sépare les états ».

Les Consuls de Nice estimaient que « si les Ministres du Roy de France avaient su ce que la ville serait obligée de représenter pour soutenir ses intérêts, son droit, sa possession, et ceux de ses citoyens, et pour se garantir dans la suite des insultes et des violences de ceux de Saint-Laurent, ils leur auraient défendu d'inquiéter ceux de Nice en les contenant au-delà du Var ».

Dans cette situation, tout devenait prétexte à incident. Le 26 janvier 1498, un niçois, Jean Camous, se prit de querelle avec le « gaïeur » laurentin Morena. Après avoir coupé la corde qui amarrait le bac, il voulut rejoindre la rive provençale. Morena refusait le passage « à cause d'un soupçon de peste » du côté de Nice. La Communauté niçoise dut ver­ser pour cet esclandre quatorze écus d'or à Saint-Laurent.

Le 14 novembre 1595, au quartier des Pugets « à la requête des syndics, manants et habitants de Saint-Laurent », Millo, juge de Vence, et Feron, notaire à Cagnes, en­quêtent sur l'incursion d'une « centaine de Niçois armés d'ar­quebuses, pistolets et autres armes offensives », venus jusque sous les murs de Saint-Laurent « injurier les habitants et tirer des coups d'arquebuses, pendant que des muletiers coupaient et emportaient les bois des Iscles ». Le procès-verbal relatait « qu'un des syndics, s'étant aventuré hors des remparts en compagnie d'un valet du seigneur d'Antibes, avait été blessé au cours de cette affaire ».

En 1602, à la suite d'un nouvel incident, le Gouver­neur de Provence désigna le Général Serre pour étudier sur place la question des Iscles.

Deux faits semblent confirmer au XVIIème siècle la thèse sarde du partage du Var. En juillet 1678, Gautio, auditeur au Conseil d'Etat de Nice « est autorisé à enquêter jusqu'au milieu du gros bras du Var, suite à une affaire de déserteurs ». De même, le 30 septembre 1701, un procès-ver­bal fait état de la découverte d'un noyé sur les berges de la rive gauche du Var; ce document est établi par le juge d ' Aspremont.

Mais en 1703, une nouvelle intervention « à main armée » des habitants de Saint-Laurent remet en question le fragile équilibre. Un Niçois, nommé Cotto, se plaint en justice que Pisani avait « fait couper et transporter de nom­breux arbres » avec une escorte en armes sur la rive droite. Prévenu des faits, le Seigneur de Saint-Laurent fit afficher l'annonce « d'une prime de cinquante louis d'or à qui lui amènerait le plaignant ».

En 1728 « à la suite d'un attentant commis par des par­ticuliers de Saint-Laurent » le Président du Sénat de Nice éleva une vive protestation auprès de Mallarede. Ce même Pré­sident du Sénat, Richelmi, ordonna en 1732 à ses officiers de justice de couper le câble de traction du bac, parce que Lavie (Consul de Saint-Laurent) refusait de faire déplacer un poteau qui, de par sa situation, facilitait l'érosion de la rive gauche. Prévenu de ces représailles, M. de La Tour intendant de Provence, écrivit au Gouverneur du Comté: « il est étonnant que les Consuls de Nice, sans droit et sans autorité, aient voulu faire la loi à ceux de St. Laurent. J'ai cru, Monsieur, devoir m'adresser à vous pour les obliger à rétablir les choses en même état qu'elles étaient avant. Jusqu'à ce jour, on n'avait pas douté que le lit de la rivière appartint au Roy »(!)

En 1748, le Gouverneur d' Antibes proteste vigoureuse­ment auprès du Chevalier de Corbeau; en effet, des Niçois couverts par un détachement militaire sarde avaient coupé et emporté des vernes dans le lit du Var: « Ce terrain appartient à la France » est-il précisé.

En 1759, afin de préparer le traité de Turin du 24 mars 1760, une commission se réunit à Nice pour examiner la ques­tion des Iscles. Présidée par Mr. de Bouveret, elle a pour mission d'entendre les deux parties: le premier Consul de Saint-Laurent, assisté «des particuliers les plus capables» d'une part et Mr. Defonset, Commissaire principal du Roy de Sardaigne, d'autre part. Il fut admis que le gros bras du Var fixerait la frontière; mais pour les Iscles, aucune règle ne put être définie.

Après ce traité, les incidents diminuèrent jusqu'à la Ré­volution qui effaça pour un temps la frontière des deux Etats. Il n'y eut plus de déprédations des Iscles par les Laurentins, ni d'incursions armées par les Niçois.

Peu avant cette période, en août 1781, deux Laurentins Barberis et Martin furent interpellés par les gardes des finances royales alors qu'ils étaient au-delà « du grand bras du Var ». Ils avaient franchi la frontière avec chacun un baril de vin muscat sur l'épaule pour les transporter à Nice sans en régler les droits. Le Gouverneur d'Antibes dut s'excu­ser auprès du Comte de Saint-André à la suite de cette vio­lation.

La fertile plaine du Var, objet de tant de convoitises, appartenait sur la rive gauche à plusieurs propriétaires: les religieux de Saint-François, la Commanderie de Malte (libéralité faite par la ville de Nice le 12 de Calendes d'août 1164) et le domaine « vil » des Ducs de Savoie. Les Iscles bordant ces terres sont données par des baux emphytéotiques à des paysans niçois. La communauté niçoise possédait un haras pour lequel elle versait aux souverains d'abord 30 écus (Em­manuel Philibert), puis en 1591 60 écus (Infante Catherine) et plus tard 100 florins en 1601 (Charles Emmanuel). En 1605, les Consuls niçois louèrent les Iscles en leur possession devant Me Leotardi.

Une réglementation fixée par le Sénat interdisait l'abat­tage des arbres retenant le sol instable, aux bergers, de faire paître les brebis dans les pâturages (rosto). Les chemins d'ac­cès aux Iscles devaient avoir une largeur de 16 pans. La surveillance des Iscles était assurée par « trois sergents de campagne »; en 1693, ils se nommaient Cotto, Hugo et Travacca.

 L'annexion du Comté à la France en 1792 mit fin pour un temps aux incertitudes de la possession des terres du lit du Var .

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09.12.2006

L'URBANISME DU VIEUX VILLAGE

L’HABITAT URBAIN DU XV e SIECLE

Aux périodes de troubles et d'invasions, les habitant s'étaient réunis en des lieux élevés, faciles à défendre.

Sur le point le plus haut, ils avaient érigé le château ou un lieu cultuel, cœur du nouveau village.

Tout autour de ce noyau central, la ville s'était agrandie en circonvolutions successives que I’œil averti peut toujours distinguer aujourd'hui.

Saint Laurent représente le type parfait de la ville, développée autour de son église.

Au Moyen Age, les rues furent souvent tracées de façon à permettre un bon écoulement des eaux pluviales.

Certaines d'entre elles suivent une pente, d'autres les coupent à un angle se rapprochant de la perpendiculaire. Une disposition qui permettait alors de remédier à l'absence d'égouts.

La moindre averse balayait ainsi la ville et le ruisseau central se transformait en véritable torrent qui entraînait eau stagnante et immondices. Le piéton avait ainsi tendance à raser les murs, d'où l'expression «tenir le haut du pavé »

On tenait compte aussi de l'orientation du vent. Les rues sont tortueuses, coupées d'étranglements, d'impasses et de redans.

L’étroitesse des voies permettait aussi de conserver une agréable fraîcheur au cœur de l'été.

Les demeures aux façades étroites percées de quelques ouvertures étaient fort sombres.

Le verre demeurait l'apanage des propriétaires aisés et la plupart du temps, un parchemin huilé faisait office de vitre.

Souvent composée de trois étages, la maison médiévale comportait parfois un encorbellement.

Le rez-de-chaussée abritait la remise ou l'échoppe. Le premier étage était réservé au logement et le grenier occupait le troisième niveau. On accédait aux étages par d'étroits escaliers «à colimaçon »

L’augmentation de la population entraîna une transformation de l'habitat: des greniers furent convertis en logements, on suréleva les maisons et on construisit de nouvelles pièces sur des pontets chevauchant les ruelles.

En se promenant aujourd'hui dans le centre ancien, dont le tracé est resté immuable depuis le Moyen Age, on découvre avec intérêt ce que fut la vie du citadin médiéval.

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05.12.2006

L'HISTOIRE RESUMEE DE SAINT LAURENT DU VAR

L’HISTOIRE DE SAINT LAURENT DU VAR EN QUELQUES LIGNES

La préhistoire:

Il y a 4000 ans, les premiers hommes habitaient dans des huttes en rondins sur un socle en bois supporté par des pilotis enfoncés dans le sol vaseux à l’embouchure du Var.(cap 3000) Ils vivaient de la pêche.

L’époque romaine:

On a retrouvé au square Benès, les restes d’une villa romaine. Les murs étaient construits avec des galets. Ses habitants cultivaient les oliviers(fabrication de l’huile) et la vigne, vivaient de la pêche. Saint Laurent s’appelait Castrum Agrimontis.

Le moyen âge:

Au moyen âge, de nombreux peuples sont venus envahir, piller la région. De ce fait est né le village de saint Laurent concentré, fortifié. L’église servait de donjon. Les moines de Saint Augustin administraient l’hospice et avaient la charge du passage à gué ou en barque du Var. L’élevage devint important (vaches, moutons, chèvres, bœufs...). On cultivait le blé. Saint Laurent était réputé pour son bon vin muscat. Durant cette période, à plusieurs reprises Saint Laurent fut ravagé par la peste, les inondations, les incendies, les pirates, les guerres et les famines.

L’époque contemporaine:

En 1792, le premier pont en bois fut construit pour traverser le Var qui servait de frontière entre la Provence et le Comté de Nice. Pendant la deuxième guerre mondiale, Saint Laurent fut bombardé (23 fois), eut ses ponts endommagés et détruits. Saint Laurent aujourd’hui vit grâce au tourisme, à sa zone industrielle et à l’horticulture.

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01.12.2006

LA TRAVERSEE DU VAR DURANT LA REVOLUTION

LE ROLE STRATEGIQUE DU GUE  

 

Il est douteux de supposer toutes les règles des gueyeurs soient respectées. En effet, si l'on se rapporte à la relation du « Voyage en Provence » de PAPON, il est mentionné « que si l'on ne passe le Var en voiture, ni à cheval, on s'assied sur l'épaule de deux hommes qui se tiennent l'un contre l'autre ».Le 16 août 1789, pour surveiller la frontière sarde au début de la Révolution, une milice bourgeoise fut levée à Saint­ Laurent. Sa mission était « de protéger le village placé sur la grande route et sur le seul passage de France en Italie ». Le commandement fut confié à un dénommé RISSIER, chevalier de l'ordre de Saint-Louis. Chaque garde portait la cocarde tri­colore et assurait à tour de rôle la surveillance du passage.

La suppression des corporations entraîna nombre d 'ha­bitants à devenir « passeurs ». Bien que le métier « fut consi­déré comme pénible et dangereux, ceux qui échappent à la fu­reur des flots sont atteints au bout de quelques années de ma­ladies aiguës qui les portent au tombeau à la fleur de l'âge ». Aussi, en 1791, le courrier resta souvent en souffrance sur les bords du Var . Par des « grèves-surprises » les passeurs profes­sionnels protestaient contre la concurrence et refusaient de transporter trois fois par semaine postillons et malles pour la somme de 24 livres.

  Le Directoire du Var félicita la garde laurentine, mais celle-ci demanda à être dégagée de ses fonctions « les travaux des champs était abandonnés depuis 2 ans ». Un détachement de la garnison antiboise prit la relève, secondé par des volon­taires marseillais. Ces derniers, au grand désespoir du Maire BELLON, injuriaient constamment les Sardes en les appelant « Aristocrates du Roi des PIAFFOUS » (?).

Enfin, le 30 décembre 1792, un pont de bois fut établi par l'adjudant général MILET-MUREAU sur l'initiative du gé­néral ANSELME. Il mesurait 340 toises de long, était supporté par 118 pieds, et permettait le passage des diligences. Son existence mit fin à l'usage pittoresque de la barque et des pas­seurs qui 'avait prévalu durant des siècles.

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