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01/01/2009

ANTOINE CASTILLON: CARRIÈRE D’UN INSTITUTEUR (1819 -1881) PREMIERE PARTIE

L'ECOLE DE SAINT LAURENT DU VAR AU XIX e SIECLE.jpg

INTRODUCTION A UNE BIOGRAPHIE PROFESSIONNELLE :

Le présent essai suit la carrière d'un instituteur, enfant au temps de Charles X, adolescent sous Louis-Philippe, appelé à ses premières respon­sabilités professionnelles en 1840. De 1840 à 1881, il les conduit selon une progression exemplaire. Elles sont modifiées par les contraintes de l'Histoire au cours de quatre régimes politiques. Il les exerce dans un espace limité de la Provence orientale compris entre les arrondissements de Grasse, Brignoles, Menton et Nice.

Des documents suffisants permettent de suivre le fil de son exis­tence, mêlé à la trame de la vie nationale. Les uns restituent l'originalité de son village natal, St Laurent du Var, d'autres son milieu social.

Depuis le début du XVIlIème siècle, la famille dans son ensemble fait partie de la micro bourgeoisie du village. Elle sera avec quelques autres une pépinière d'instituteurs. Elle en compte cinq en cent ans, selon les hasards de la vocation, à travers les provignements de la descendance. Trois d'entre eux seront instituteurs au village même de 1794 à 1845. Le peu que nous savons sur la vie professionnelle de chacun illustre les variations subies par la fonction, comment elle évolue d'un statut contractuel passé avec les communes à la position de fonctionnaire départemental, en passant par les étapes du canton et de l'arrondissement.

De la Révolution française aux débuts de la IIIème République, ces temps divers ont néanmoins des principes communs. Ni les lois de l'Etat, ni les usages ne conçoivent dans la pratique un enseignement primaire laïque, gratuit et partant obligatoire.

 

ORIGINALlTE DU VILLAGE DE SAINT-LAURENT DU VAR :

Antoine CASTILLON naît à St-Laurent du Var alors village de 600 personnes, aujourd'hui ville de 30000 habitants.

Le village doit tout au torrent du Var, en premier lieu le sol sa commune. Les collines sèches de sédiments et de galets, livrées à la pinède,

à l'olivier et à la vigne, sont un don du grand delta quaternaire. Le village ignore la mer proche. On y compte accidentellement des marins et des pêcheurs. Ses préoccupations sont terriennes et accessoirement fluviales.

Jusqu'en 1860, St-Laurent est politiquement un village frontière. Le Var inférieur sépare la Provence française de la Province de Nice, l'une des composantes des Etats de la Maison de Savoie.

La vie frontalière s'arrête en temps de guerre. Les riverains sont contraints d'épouser les querelles de leurs souverains. Le récit en est long du XIVème au XVIlIème siècle et déborde sur le XIXème siècle. Le flux et le reflux des armées austro-sardes de juillet à décembre 1815 est le dernier des avatars auquel est soumis le village. La paix revient en 1816. Elle ne sera plus troublée avant 1942 et les bombardements aériens de 1941.

Forts d'une expérience locale aussi riche, les Laurentins du début du XIXème siècle ont des raisons suffisantes pour s'être forgé une tradition de cosmopolitisme éveillé mais prudent. Ouverts au monde pour le meilleur et pour le pire, ils ont leurs réactions propres, différentes de l'expérience acquise dans des villages plus à l'écart de la voie littorale ou isolés dans la montagne de l'arrière pays de Grasse.

 

MOUVEMENTS DE LA POPULATION:

Au cours de son histoire, le village fut quatre fois déserté et repeuplé, notamment en 1468 où se fixèrent des familles de la Riviera génoise. Un passé aussi mouvementé pèse sur la démographie.

En 1749, un état général sur les ressources de la commune donne 149 âmes de communion. Ils sont 293 entre 1793 et 1800. Le village se repeuple au cours de la longue paix du XIXèmc siècle. 731 habitants en 1831, y compris 23 employés des douanes et 6 gendarmes, pour atteindre 837 personnes en 1841. Il fléchit en 1860 quand les frontières sont reportées au-delà de Menton.

En 1881, elle commence son ascension au-delà de 1000 habitants.

L'histoire interne de la commune, telle qu'on la suit à travers les délibérations du Conseil Municipal du XIXème siècle révèle un constant embarras dû à l'accroissement de la démographie. Il a des incidences directes sur la politique scolaire du municipe.

Les registres de catholicité du XVIIlème siècle donnent un aperçu sommaire de la société Laurentine. Lors de la rédaction des actes, le desser­vant de la paroisse porte, de temps à autre, une indication sur l'état social des témoins. Il distingue le travailleur, le mesnager et le bourgeois. On comprendra que le travailleur dispose de peu de biens fonciers. Ni l'intéressé déclarant, ni les témoins de sa catégorie sociale ne signent les déclarations de naissance et les actes de mariage "et signé qui a scu" demeure une formule rituelle sans réponse. Sous la rubrique "mesnager" apparaît la gamme des petits et moyens propriétaires. Ils seront les cultivateurs de la nomenclature du siècle suivant. Environ un témoin sur trois signe avec le curé. L'épithète "bourgeois" est accordée au notaire du lieu, au lieutenant-juge, au maître chirurgien, à des fonctionnaires civils et militaires retraités à St-Laurent. Tous signent au registre de même que le fonctionnaire en activité, le con­trôleur, le receveur" les employés des fermes du Roy, le brigadier de ce lieu, témoins à l'occasion des naissances et des mariages.

Antérieurement à 1789, le seigneur n'a aucun lien avec la vie affec­tive du village. Le dernier en titre est un avocat de Nice, seigneurie de robe aux intérêts purement fiscaux. (à suivre)

 

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 « Saint-Laurent-du-Var à travers l’Histoire » ou quand le présent rejoint  en images l'Histoire de Saint-Laurent-du-Var et sa fière devise: "DIGOU LI , QUÉ VENGOUN", (DIS LEUR QU'ILS VIENNENT), significative des « riches heures » de son passé.

Avant 1860, Saint-Laurent-du-Var était la première bourgade de France en Provence, carrefour historique avec le Comté de Nice. Ville construite entre mer et collines, elle s'étire face à Nice le long de la rive droite du Var, sur 7 kms.

Cité moderne, Saint-Laurent-du-Var n'en oublie pas pour autant ses racines qui font la fierté de ses habitants. Le témoignage le plus probant de cette pérennité du passé reste sans aucun doute le « Vieux-Village », avec ses rues pittoresques et son église romane datant du XI e siècle.

Lieu de transit et de passage commandant la traversée du Var, fleuve alpin particulière­ment capricieux, Saint-Laurent-du-Var a subi les aléas de cette situation géographique et stratégique singulière qui a profondément marqué son destin.

Les inondations, les invasions, les épidémies, les guerres ont rythmé au long des siècles les étapes successives de la formation de Saint-Laurent-du-Var.

Grâce à de nouveaux documents et à de nombreuses illustrations inédites, Edmond Rossi, auteur de « Saint Laurent, Porte de France » et de différents ouvrages sur le passé de la région, nous entraîne à la découverte de l’Histoire passionnante de Saint-Laurent-du-Var.

 

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Que cette nouvelle année vous apporte joie, santé et prospérité.

Bien à vous

Edmond Rossi

 

EDMOND 2 bis.jpg

 

 

16:32 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire

27/12/2008

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25 VOYAGEURS TRAVERSANT LES ALPES AU XVIIIé SIECLE page 25.jpg

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09:50 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire

18/12/2008

SOUVENIRS DE LA GUERRE 1939-1945 (2)

CARTES POSTALES ANCIENNES.jpgTÉMOIGNAGE DE MONSIEUR ET MADAME MARI

Par suite d'une heureuse coïncidence, nous rendons visite à Mme et M. Pierre MARI le jour de la fête du Saint-Patron de ce dernier et, surtout, le lendemain du 57ème anniversaire de leur mariage. C'était le 28 juin 1937. Ce 29 juin 1994 ne pouvait donc qu'être propice à l'évocation de souvenirs.

Les origines laurentines de Mme MARI, née ROUSTAN, sont très anciennes puisqu'une des rues du Vieux- Village porte le nom de son père et que la maison dans laquelle se déroule l'entretien fait partie du patrimoine de la famille ROUSTAN depuis environ 3 siècles.

M. MARI est architecte et c'est lui qui a dessiné la reproduction de la Croix de Guerre ( décernée à la ville après la libération.) que l'on peut voir au 1er étage de l'an­cienne mairie, devenue conservatoire municipal de St-Laurent­du- Var.

Excellente transition que cette croix de guerre qui nous amène à parler de la période de l'occupation.

Le jour de l'arrivée des italiens, M. et Mme MARI s'étaient ren­dus ensemble dans le quartier de la gare où ils avaient à faire et ils se rappellent les avoir vus approcher, venant de Nice, sur la N7. C'était presque un défilé, la troupe à pied précédée par plusieurs gradés. Ils n'ont d'ailleurs pas pris la direction du village,poursuivant leur route en direction d'Antibes, sans se ren­dre compte que plusieurs inscriptions, il est vrai en langue fran­çaise, peintes sur les murs de plusieurs maisons, ne leur souhai­taient pas exactement la bienvenue. Au moins, ceux qui manifes­taient ainsi leurs sentiments étaient-ils protégés par l'anonymat. Mais que dire de cet homme qui, venant à vélo en sens opposé, se mit à siffler, arrivé à la hauteur des premiers soldats, un air de musi­que militaire américain bien connu ? inconscience de sa part ? " En tout cas, disent M. et Mme MARI, nous avons été heureux d'enten­dre cet air et de voir que le ~iffleur n'était pas inquiété ".

Par la suite, M. MARI eut d'autres raisons de se souvenir de l'oc­cupation italienne :

la Corniche Fahnestock doit son nom à un milliardaire américain qui y possédait une propriété et s'était montré trés généreux en­vers la ville de St-Laurent-du- Var, contribuant, notamment, au financement de divers travaux d'intérêt général.

Au moment des faits relatés par M. MARI, M. FAHNESTOCK et son épouse, qui fut d'ailleurs tuée par eux, se trouvaient aux philippines, prisonniers des japonais. Quant à leur propriété, elle était occupée par les italiens. Toutefois, le gérant, M. LANTERI - MINET, qui était aussi leur homme de confiance à St-Laurent­du- Var, n'avait pas renoncé à défendre leurs intérêts. C'est sans doute sur son intervention qu'au nom de la Croix-Rouge Interna­tionale, M. BERTIN , juge de paix à Cagnes-sur-mer, fut chargé d'une mission bien précise. Ecoutons M. MARI :

" Comme j'étais en excellents termes avec M.LANTERI-MINET, le juge, accompagné de son greffier, vint me demander de les aider à mettre sous scellés et en lieu sûr, les biens mobiliers de très grande valeur qui se trouvaient chez les FAHNESTOCK. A l'entrée de la propriété, le juge dit au factionnaire qu'il souhaitait parler à l'officier responsable. On nous conduit devant lui, re­joints par M. LANTERI-MINET. L'entretien fut très bref. M. MARI se rappelle textuellement les paroles de l'officier: " Qu'est­ce que vous venez faire ici ? nous sommes en guerre et si je vou­lais, je pourrais vous faire fusiller tous les quatre ".

M. MARI reprend: " Avec un calme remarquable, le juge répon­dit que, dans ces conditions, nous allions nous retirer, empêché qu'il était de remplir sa mission".

Bonne surprise, dès le lendemain, revenu à de meilleurs senti­ments ou ayant réfléchi aux conséquences éventuelles de son com­portement, l'officier italien fit savoir au juge que rien ne s'oppo­sait à l'acte pour lequel il avait été requis.

Pendant l'occupation allemande, M. MARI continua d'exercer sa fonction d'architecte et, "agréé aux dommages de guerre", eut alors à s'occuper des dégâts causés par les bombardements.

Pour ce faire, il se rendit plusieurs fois, dès la fin de l'alerte, dans les quartiers sinistrés, en compagnie du Père DECAROLI. Vers la fin de l'occupation, l'intensification des bombardements et l'an­nonce de l'imminence du débarquement, que tout le monde atten­dait, devaient amener M. et Mme MARI, dont le fils avait à peine 6 mois, à quitter le Vieux- Village pour s'installer provisoirement dans un chalet de Montaleigne puis en appartement à Annot. Il en résulta pour lui de nombreux déplacements, la plupart du temps à bicyclette. Il ne s'en trouva pas moins, plus d'une fois, littérale­ment pris sous un bombardement. Le souvenir le plus précis qu'il ait gardé à ce sujet est celui d'un raid qui le surprit alors que, repartant pour Annot, il traversait le vieux pont de bois reliant St­Laurent à Nice. Il y avait 2 avions et la soudaineté de l'attaque fut telle que, se trouvant exactement au milieu du pont et estimant n'avoir le temps ni de gagner l'autre rive ni de revenir sur ses pas, comme le fit à toutes jambes l'un de ses amis, il s'allongea sur place, à côté de son vélo. En fait, il n'y eut pas de bombardement mais les 2 avions mitraillèrent la rive droite du Var, donc St-Lau­rent, où des allemands cantonnaient. On sut tout de suite que les appareils étaient français et que l'un des deux, touché par la DCA, nombreuse dans le secteur, était tombé en mer.

M. MARI poursuit: une fois à Annot, on était à l'abri des bom­bardements " mais il fallait y arriver et ce ne fut pas toujours facile. Et même à Annot...."

Nous voudrions en savoir davantage mais M. et Mme MARI es­timent préférable de s'en tenir à St-Laurent-du- Var, puisque c'était l'objet de notre visite. D'ailleurs, concluent-ils d'un commun ac­cord " Il s'y est passé suffisamment de choses en quatre ans! " .

 

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18:18 Publié dans MEMOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire