05.02.2009

ANTOINE CASTILLON: CARRIÈRE D'UN INSTITUTEUR (1819-1881) 3ème PARTIE

92 SAINT LAURENT AU XVIII éme s.1787.jpg
 

En 1815, l'arrondissement de Grasse, associe le retour de la Royauté à l'idée de la paix retrouvée. Anciens jacobins et bonapartistes perdent tout crédit aussitôt que le Roy renonce à inquiéter les acheteurs de biens nationaux. Les quinze années de la Restauration permettent à la Provence orientale de réparer les misères infligées aux cultures et aux habitations par les 22 années des régimes précédents.

La commune de St-Laurent affronte de multiples difficultés municipales posées par l'état ruineux de son patrimoine immobilier, le repeuplement, l'ins­tabilité des rives du Var, l'entretien de l'unique puits du village. Chacun des maires nommés par le Préfet s'attache à donner une solution à l'un ou à l'autre de ces problèmes. Tous ont à répondre au harcèlement de l'autorité préfectorale sur la situation scolaire. Dès février 1815, le sous-préfet de Grasse demande "un état trimestriel de la situation scolastique de la com­mune".

Le régime politique consolidé par la défaite de Waterloo aura ses ordonnances scolaires. Celle du 29 février 1816 entend "encourager et surveil­ler l'enseignement primaire". Elle l'encourage en se montrant plus exigeante que par le passé sur la formation et la culture générale des maîtres.

Les instructions du 14 juin 1816 sur les examens pour la délivrance des brevets de capacité pour l'instruction primaire prévoient trois niveaux. Le maître

du troisième degré enseigne tout ce qu'il sait.

Les candidats se préparent à l'examen dans les institutions libres, les collèges d'Antibes et de Grasse. Le contrôle de leurs connaissances est assuré sous l'autorité du Recteur de l'Académie d'Aix. La surveillance des ma1tres repose sur la vigilance de l'Evêque de Fréjus, assisté par une com­mission cantonale qui, pour St-Laurent, siège à Antibes.

Lors de la Restauration, le maître de l'école communale de St-Laurent est Antoine CASTILLON. Il répond aux qualifications requises. Il est titulaire du brevet de capacité du troisième degré obtenu le 7 avril 1823. Il reçut l'autorisation d'enseigner de Mgr l'Evêque de Fréjus le 19 juillet 1823. Il fut insti tuteur libre dans la commune à 26 ans en 1817. Il se soumit à l'examen du brevet de capacité à 32 ans. Marié à 20 ans, père de six enfants, il présente les garanties désirables dans son emploi.

Il est instituteur depuis douze ans quand survient la Révolution de juillet 1830. Elle est accueillie avec surprise dans l'arrondissement. Elle intéresse essentiellement les électeurs censitaires et les fonctionnaires.

Les changements de régime passionnent les bourgeois de Draguignan, de Grasse et d'Antibes. A  St-Laurent, on s'intéresse davantage à la fermeture de la frontière, ordonnée par le roi de Sardaigne.            ,

Depuis cinq' ans, maire de la commune, Honoré BOURROULE, demeure en place pour cinq autres années. La dernière séance du Conseil Municipal du 6 juin 1830 était consacrée à l'état des chemins. La première séance du nou­veau régime tenue le 24 octobre 1830 se livre sans commentaire au vote d'un crédit de 50 F pour achat de deux écharpes tricolores, insignes du maire et de son adjoint, en remplacement de l'écharpe blanche désormais prohibée. Le problème politique étant réglé, la commune répond à de nouvelles enquêtes, établit de nouveaux états pour une administration préfectorale aussi exi­geante que les précédentes.

L'instituteur Antoine CASTILLON obéit à la circulaire générale du Recteur de l'ACADEM1E D'AIX du 20 mai 1831, adressée à tous les maires de son ressort, "sur la situation scolaire de leur commune.

A St-Laurent, l'école des garçons est particulière, payante, sans condition de gratuité. Elle reçoit 24 élèves en hiver et 16 en été. Le maire complète l'état. Etant du pays, le maître d ‘école n'a pas de logement communal, ne reçoit aucune indemnité représentative. La contribution municipale à l'ins­truction primaire intervient sur deux points: la salle de classe est logée au second étage de la mairie, de plus, le maître reçoit une subvention de 100 F contre l'admission de quatre élèves gratuits.

Les chefs de famille paient une rétribution mensuelle de 1,75 F dont le montant global est de 520 F. L'instituteur est encore secrétaire de mairie et receveur du Bureau de Bienfaisance emplois qui lui valent 660 F de rétri­bution. Sa position semble confortable d'autres précisions viennent le con­firmer.

Le nouveau régime se préoccupe de transformer le régime de l'ins­truction primaire. Une enquête préfectorale du 9 avril 1831 étudie l'éven­tualité d'un enseignement gratuit.

Le maire répond docilement dans le sens voulu par l'évolution des temps. Le petit appartement, local mis à la disposition de l'instituteur est quelque peu insuffisant. Il est possible de créer une classe et un logement d'instituteur en aménageant un ancien four communal. Le devis monte à 3000 F, somme dont ne dispose pas la commune. Elle ne saurait établir la gratuité de l'enseignement. Antoine CASTILLON est consulté sur ce point. Il évalue son salaire éventuel à 800 F, pour assurer la totalité de la gratuité de la com­mune. Il offre une autre solution: contre une subvention de 240 F, il rece­vrait 10 enfants pauvres. De plus, un crédit de 150 F pourvoirait à l'achat des livres et du matériel indispensable. La commune y participerait pour moitié. En nota, le maire adresse son sentiment personnel au Préfet. Certes, un enseignement gratuit doublerait le nombre des écoliers. On ne peut le réa­liser sans l'aide de l'état.

Les propositions chiffrées de la commune de St-Laurent ne sont pas retenues dans la loi nationale sur l'enseignement primaire due à la constance de François GUIZOT.

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Avant 1860, Saint-Laurent-du-Var était la première bourgade de France en Provence, carrefour historique avec le Comté de Nice. Ville construite entre mer et collines, elle s'étire face à Nice le long de la rive droite du Var, sur 7 kms.

Cité moderne, Saint-Laurent-du-Var n'en oublie pas pour autant ses racines qui font la fierté de ses habitants. Le témoignage le plus probant de cette pérennité du passé reste sans aucun doute le « Vieux-Village », avec ses rues pittoresques et son église romane datant du XI e siècle.

Lieu de transit et de passage commandant la traversée du Var, fleuve alpin particulière­ment capricieux, Saint-Laurent-du-Var a subi les aléas de cette situation géographique et stratégique singulière qui a profondément marqué son destin.

Les inondations, les invasions, les épidémies, les guerres ont rythmé au long des siècles les étapes successives de la formation de Saint-Laurent-du-Var.

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29.01.2009

SOUVENIRS DE LA GUERRE 1939-1945 (4)

35 LE HAUT DE LA RUE DESJOBERT EN 1915.jpg

TÉMOIGNAGE DE MADAME GASTAUD

 

De son nom de jeune fille Madame GASTAUD s'appelle AR­NAUD. Sans parler des contemporains, c'est un nom bien connu à St-Laurent-du-Var, comme en témoigne l'avenue Léonard AR­NAUD. Mais la notoriété de la famille remonte bien plus loin dans le temps. C'est ainsi qu'un des arrière-arrière-grands-pères de Mme GASTAUD, Jean-Antoine ARNAUD, vit le jour à Saint­Laurent-du- Var le 12 février 1792. C'est ce qu'atteste un authen­tique acte de naissance pieusement conservé sous verre. Tout jeune, Jean-Antoine participa à la campagne de Russie et, de lon­gues années plus tard, se vit décerner la Médaille de Sainte-Hé­lène, instituée par Napoléon III pour commémorer la mort de son oncle, Napoléon 1er, le 5 mai 1821. Cette véritable relique est, elle aussi, précieusement conservée dans un cadre vitré et consti­tue à n'en pas douter, indépendamment de son inappréciable va­leur sentimentale, une véritable pièce de musée. Pour passion­nant qu'il soit, Mme GASTAUD n'a évidemment aucun souvenir personnel de ce passé lointain. En revanche, elle peut nous parler avec une très grande précision de la vie à St-Laurent-du-Var pen­dant les années d'occupation et cela pour deux raisons: d'abord, à aucun moment entre 1940 et 1944 elle n'a quitté la commune; ensuite, la jeune fille qu'elle était alors tenait un journal person­nel dont elle a eu l'amabilité de nous lire quelques extraits. Bien entendu, M. GASTAUD assiste à notre entretien. Il nous dira qu'ils se sont mariés en 1952; qu'il est originaire d'un village de l'ar­rière-pays niçois - Revest les Roches - où son père, qui en était le maire pendant la guerre, a joué un rôle important dans la résis­tance locale, puisque le maquis opérant sur le territoire de la com­mune bénéficia de sa protection. M. GASTAUD lui-même, quoi­que tout jeune à l'époque, servit parfois d'agent de liaison à son père. Mais il nous dit que nous sommes venus écouter Mme GASTAUD nous parler de St-Laurent et il lui laisse la parole.

Nous savions déjà, comme beaucoup de monde, que, pendant de longues années, Mme GASTAUD exerça les fonctions de coprésidente de la Croix-Rouge à Saint-Laurent-du-Var, mais nous ignorions que sa vocation (c'est nous qui employons ce terme) était née dès 1939, avant même le début de la guerre. C'est à cette époque, avec trois religieuses et plusieurs jeunes filles de la localité, qu'elle commença de s'occu­per à titre bénévole, est-il besoin de préciser ? du dispensaire municipal qui se trouvait alors dans l'actuelle avenue du Général Leclerc. Plus tard, ce dispensaire fut détruit ainsi qu'une grande partie des immeubles de la rue, lors d'un bombardement qui causa également de lourdes pertes en vies humaines. Après la guerre, il fut reconstruit sur l'emplacement de la clinique DJIBOUTI, de­venue clinique de St-Laurent-du-Var et il y fut adjoint une mater­nité. Mentionnons au passage, en parlant d'après-guerre, que la future Mme GASTAUD allait devenir conseiller dans la Munici­palité BERENGER, ainsi, d'ailleurs, que Mme PETIT, l'autre coprésidente de la Croix-Rouge. Mme GASTAUD vivait avec ses parents avenue des Pugets. Ils y possédaient une maison qui existe toujours, légèrement en contrebas de la villa où se déroule notre entretien. C'est dans cette ancienne maison que la future Mme GASTAUD passa toute la guerre, son père n'ayant jamais voulu quitter son domicile, même au plus fort des bombardements. La famille se réfugiait simplement dans la cave de la maison. Toutefois, cette cave, adossée à un monticule, n'était qu'à moitié souterraine. Or, elle était de vaste dimension et, quel­quefois, jusqu'à une quarantaine de personnes venait s'y réfugier pendant les alertes. Il faut dire qu'une partie de la population de St-Laurent avait évacué le quartier de la gare et le centre-ville et s'était provisoirement repliée aux RASCAS, y compris plusieurs commerçants. Cela n'allait pas sans préoccuper M. ARNAUD qui imaginait avec effroi le véritable carnage qu'une bombe causerait si elle tombait sur le pseudo-abri.

Plus tard, la violence des bombardements devait d'ailleurs ame­ner beaucoup de laurentins, surtout des femmes et des enfants, à s'installer dans l'arrière-pays en attendant des jours plus calmes. Ce fut une période éprouvante car, au danger des raids aériens, s'ajoutaient les privations, mais encore les contrôles et autres me­sures imposés par les Allemands, parfois aidés par des policiers ou des miliciens français. S'agissant des difficultés du ravitaille­ment, les enfants furent naturellement les premières victimes, malgré les efforts de tous, surtout après la destruction du dispen­saire. Un seul exemple à ce sujet: Mme GASTAUD a noté dans son journal, à la date du 22 juillet 44, que la ration habituelle de pain- déjà maigre et quel pain! - avait été remplacée, ce jour-là, par une distribution de galettes, 3 par personne.

Le journal permet de dater avec précision de nombreux autres faits plus ou moins marquants mais dont chacun, à l'époque, avait son importance. Par exemple :

Aujourd'hui, tout le monde sait que le raid le plus meurtrier fut celui du 26 mai 44. Mme GASTAUD, elle, peut préciser que la veille il y avait déjà eu 3 alertes: à midi, à 13h30 et à 18 heures et ainsi de suite: le 29 juin alerte... le 12 juillet, bombardement.

A cette date, Mme GASTAUD a noté qu'on avait parlé de 40 avions et pourtant aucun pont ne fut touché. Nouveau bombarde­ment le 1er août, si violent qu'on crut qu'il s'agissait du débar­quement. Encore un raid le 2 août à 14 heures qui dura 2 heures et coûta la vie à 5 femmes, pourtant réfugiées dans un abri de la ville. Un plombier, M. ROUX eut plus de chance. Il devait, en effet, être dégagé sain et sauf des décombres sous lesquels il était resté enseveli jusqu'au soir. Mme GASTAUD nous dit encore qu'après chaque bombardement, le Père DECAROLI ( Autre figure de la Résistance locale) et les religieuses, ainsi qu'un docteur du nom de ROUBAUDY, se dé­pensaient sans compter pour apporter soins et réconfort aux bles­sés. Quand se produisit le raid du 26 mai, elle se rappelle, sans avoir besoin de consulter son journal, que, dans un premier temps,

Les corps des victimes furent déposés dans un local de la coopéra­tive NEROLIUM (M GASTAUD nous a appris que ce mot vient de NEROLI, essence extraite de la fleur d'orange alors abondante à St-Laurent-du-Var), qui n'existe plus et était située approxima­tivement au bas de la Corniche Fahnestock.

Les obsèques eurent lieu, par la force des choses, le jour de la Pente­côte. Tout, évidemment, était perturbé: Cette année-là, compte tenu du danger auquel la population et, en particulier, les enfants revenus pour la circonstance, auraient été exposés, la 1 ère communion solen­nelle n'eut pas lieu dans l'église du vieux village mais dans la cha­pelle de Ste-Pétronille,

Mme GASTAUD continue de feuilleter son journal: le 3 août, nouveau bombardement des ponts du Var, jusqu'au pont Charles ­Albert. Tous les raids, heureusement, n'étaient pas dévastateurs et Mme GASTAUD évoque cet appareil solitaire qui, plusieurs nuits, survola St-Laurent sans causer le moindre dommage: "chaque fois on entendait son moteur et on avait fini par le baptiser l'avion  fan­tôme",

Il y avait même des événements à marquer d'une pierre blanche, tel le mariage d'une amie. Il fut célébré à l'Ecole Michelis et à l'église, Mais il fallut faire vite et la noce fut interrompue, un moment, par des avions qui mitraillèrent la rive du Var. Il y eut aussi une fausse joie, le jeudi 17 août 44, Soudain, les cloches s'étaient mises à sonner et tout le monde se dirigea vers le village tandis qu'un drapeau trico­lore était déployé au sommet du clocher. Mais un homme - il appar­tenait à la Défense passive - qui revenait justement du village fit savoir qu'il y avait erreur et qu'il fallait rentrer chez soi, car les alle­mands occupaient encore l'autre rive du Var. Et en fait, toute la jour­née et tard dans la nuit, leur artillerie pilonna St -Laurent -du- Var, aveu­glément puisque plusieurs obus endommagèrent des tombes dans l'ancien cimetière. Enfin ce fut le 27 août! Petit à petit, mais sans jamais oublier, la ville pansa ses plaies. La vie ne devait d'ailleurs reprendre un cours à peu près normal que des semaines plus tard et, dernier exemple extrait du journal de Mme GASTAUD, dans le vieux village, si éprouvé, le courant électrique ne fut totalement rétabli que le samedi 30 septembre 1944. St-Laurent libérée reprenait goût à la vie !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Cité moderne, Saint-Laurent-du-Var n'en oublie pas pour autant ses racines qui font la fierté de ses habitants. Le témoignage le plus probant de cette pérennité du passé reste sans aucun doute le « Vieux-Village », avec ses rues pittoresques et son église romane datant du XI e siècle.

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22.01.2009

ANTOINE CASTILLON : CARRIÈRE D'UN INSTITUTEUR (1819-1881) 2ème PARTIE

09 SAINT LAURENT ET LE PONT DU VAR EN 1830.jpg

LA FAMILLE CASTILLON AU XVIIIème SIECLE :

L'administration de la communauté est aux mains d'une quarantaine de familles, les principaux possesseurs de la terre. Elles donneront le notaire, le chirurgien, le négociant, l'artisan sous l'ancien régime.

La famille CASTILLON appartient à la bourgeoisie villageoise. Elle se révèle lettrée dès 1719 où un Honoré CASTILLON signe son nom conjointement avec les notabilités du village. Son fils, Vincent, boulanger, marié dans le pays en 1733, sait écrire lui aussi; il appose sa signature sur son acte de mariage. Il en est de même pour Honoré Laurent CASTILLON en 1756 et son fils François, né le 24 mars 1762.

La tradition de l'instruction est assise dans la famille. Ses repré­sentants sont au nombre des citoyens actifs de la Révolution. De 1790 à 1826, François demeurant rue du Puits est le chef de la famille. Il est le curateur de son frère cadet, Joseph en 1815.. Au recensement de 1815, François de la rue du Puits, 55 ans propriétaire, abrite six personnes sous son toit, dont quatre enfants et une servante. Cinq personnes vivent dans la maison de Joseph, rue du Four. Les deux branches de la famille sont suffisamment considérées dans le pays pour que François, exerçant la profession de négociant, soit secrétaire greffier de la commune en 1790. Agent national en juillet 1794, il ordonne des patrouilles de la Garde Nationale afin de protéger les récoltes contre les maraudeurs. Il sera maire provisoire en 1822.

En 1800, son frère Joseph est commis d'office dans le rôle peu enviable de receveur communal de l'impôt, François rend un autre service à la commune. Les lois sur l'instruction publique ordonnant la nomination d'un instituteur dans chaque commune ou groupe de communes.

Au cours de la délibération municipale du 1er octobre 1794 (10 ven­démiaire an III), il est décidé que François CASTILLON remplira cette fonction. Il prête le serment de dévouement à la République demandé à tout fonctionnaire municipal. Ses gages seront débattus ultérieurement. Cette décision confirme le fait que l'enseignement primaire n'a jamais été négligé dans la commune.

Au 12 juin 1792, le budget municipal donne la liste de ses fonctionnaires. Le chirurgien soignant les pauvres reçoit 30 livres, autant que l'enterre morts.

Le greffier municipal 80 livres, le valet de ville 150 livres à égalité avec le maître d'école.

Aucun autre document ne nous renseigne sur la situation scolaire de la commune.

Nous ne savons rien sur les examens subis par François devant les jurys d'instruction institués à Grasse au temps de la République, du Consulat et de l'Empire, chargés de vérifier la moralité et le savoir des instituteurs improvisés de la période révolutionnaire.

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Avant 1860, Saint-Laurent-du-Var était la première bourgade de France en Provence, carrefour historique avec le Comté de Nice. Ville construite entre mer et collines, elle s'étire face à Nice le long de la rive droite du Var, sur 7 kms.

Cité moderne, Saint-Laurent-du-Var n'en oublie pas pour autant ses racines qui font la fierté de ses habitants. Le témoignage le plus probant de cette pérennité du passé reste sans aucun doute le « Vieux-Village », avec ses rues pittoresques et son église romane datant du XI e siècle.

Lieu de transit et de passage commandant la traversée du Var, fleuve alpin particulière­ment capricieux, Saint-Laurent-du-Var a subi les aléas de cette situation géographique et stratégique singulière qui a profondément marqué son destin.

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